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Actrice française, née en 1921. Elle fait des études classiques et obtient ses deux bacs. Quand, pendant la guerre, son père rejoint l'Angleterre, elle travaille comme dactylo et donne des leçons d'anglais pour gagner sa vie. Sur le conseil des "copains", elle fait de la figuration. " C'est une école merveilleuse, dira-t-elle plus tard, parce que pour l'amour propre c'est extrêmement douloureux...". Jean Boyer lui donne un tout petit rôle en 1942 dans Le prince charmant. Elle reconnaît volontiers : "J'étais franchement exécrable, ne connaissant absolument rien du métier. " Autres figurations pour Boléro, Les visiteurs du soir, Adieu Léonard, Les enfants du paradis, et des rôles un tout petit plus important dans Béatrice devant le désir, La boite aux rêves, Le couple idéal. Son premier "vrai film" est Les démons de l'aube d'Yves Allégret, qu'elle a épousé en 1944, de qui elle a une fille, Catherine, en 1946. En 1947, elle obtient le prix Suzanne Bianchetti. Sa connaissance de l'anglais lui permet d'aller tourner à Londres, la même année, Les guerriers dans l'ombre, sous la direction de Charles Crichton. Elle tournera également aux USA dans les années cinquante. Elle divorce d'Yves Allégret en 1949, et épouse Yves Montand le 22 décembre 1951 à Saint-Paul-de-Vence. Et c'est avec Yves Montand qu'elle fait ses débuts au théâtre, sous la direction de Raymond Rouleau dans Les sorcières de Salem, la célèbre pièce d'Arthur Miller. Casque d'or, qui reste un de ses films les plus célèbres (prix de l'Académie Award à Londres en 1953), est à sa sortie un échec commercial. 25 ans plus tard, son partenaire d'alors, Serge Reggiani, l'évoquera dans une chanson. Après Casque d'or, Simone Signoret tourne moins, mais toujours dans des films importants. Pour sa création dans Les chemins de la haute ville, elle obtient le prix de la meilleure interprétation féminine à Cannes en 1959, l'Academy Award en 1959, et l'Oscar à Hollywood en 1960.
Après son Oscar pour Les chemins de la haute ville, Simone Signoret reste paradoxalement près de deux ans sans tourner. Mais elle s'engage de façon très nette sur le plan politique. C'est la guerre d'Algérie. Elle sera, aux côtés de Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir, André Breton, Marguerite Duras, Claude Sautet, Alain Resnais, une des signataires du fameux manifeste des 121 (sur le droit à l'insoumission).
Sa carrière prend un virage définitif avec son interprétation du personnage de Roberte dans Les mauvais coups, de François Leterrier d'après le roman de Roger Vailland. Elle n'hésite pas à y jouer un personnage plus âgé qu'elle. Très demandée à l'étranger, elle tourne en Italie, à Hollywood et en Angleterre. En 1962, elle traduit elle même "Les Petits Renards" (Little Foxes) de Lillian Hellman et le joue au théâtre à Paris. En 1966, elle joue "Macbeth" en anglais à Londres. Elle fait de plus en plus figure de monstre sacré, alternant les productions traditionnelles aux côtés des acteurs les plus prestigieux du cinéma français et n'hésitant pas à donner leurs chance à de jeunes metteurs en scène, comme Costa-Gavras (Compartiment tueurs, son premier film) Jean Chapot, René Allio, Patrice Chéreau Alain Corneau. Pour faire plaisir aux amis, elle accepte des petits rôles dans L'américain, de Marcel Bozzuffi, et dans Comptes à rebours, de Roger Pigaut où elle retrouve Serge Reggiani. En 1976, elle publie son autobiographie "la Nostalgie n'est plus ce qu'elle était". Elle tourne également une série pour la télévision où elle interprète un juge.
Simone Signoret est morte le 30 septembre 1985, à l'âge de 64 ans, dans sa propriété d'Autheuil-Anthouillet. Elle venait d'achever le tournage, pour la télévision, de " Music-hall ", sa dernière apparition devant la caméra, 43 ans et plus de 50 films après ses débuts, comme figurante, dans Le prince charmant. Le 4 février 1978, Annie Giardot avait remis à Simone Signoret le César de la meilleure actrice, pour son interprétation de Madame Rosa dans La vie devant soi. Immédiatement après son triomphe dans le film de Moshe Mizrahi, Simone Signoret incarne Judith Therpauve, propriétaire d'un journal en difficulté. Pour que ce film, plaidoyer en faveur d'une presse libre, puisse se faire, Simone abandonne son cachet : "Graine de battante, elle s'est toujours efforcée de mener à bien toutes ses entreprises, qu'elles soient cinématographiques, politiques ou bien humanitaires, avec un sens profond de la lutte et du combat". (Didier Sandre.)
Comédienne passionnée, militante des Droits de l'Homme - la tâche ne manque pas : le Chili, l'Argentine, les boat-people, la Turquie, le Salvador, la Pologne bien sûr. - mais aussi, à partir de 1977, femme de lettres dont tous les écrits connurent la faveur de la critique et de centaines de milliers de lecteurs. Après le succès de La nostalgie n'est plus ce qu'elle était (1976). Le lendemain elle était souriante (1979) poursuit, avec le même bonheur, son autobiographie ; son premier roman, Adieu Volodia, est un best-seller de l'année 1985.
Il y a certainement plein de gens que j'agace - soulignait Simone Signoret - que j'emmerde avec mes prises de position. D'ailleurs, je ne suis pas loin, de temps en temps, de les comprendre, ces gens. Mais c'est un engrenage. Vous ne pouvez plus vous arrêter, vous ne pouvez plus dire Je ferme la boutique, plus rien de ce qui se passe dans le monde ne m'intéresse, alors qu'il y a des jours où on a envie de tout envoyer balader... (" Le Nouvel Observateur", 27 mars 1982).
En 1982 Orson Welles était le Président de la cérémonie des Oscar et présenta Simone Signoret comme l'une des plus grandes actrices mondiales et il remit avec elle le prix du meilleur film à "La Guerre du feu"
Écrivaine et comédienne, comme si l'une ne pouvait exister sans l'autre... René Allio, son metteur en scène de Rude journée pour la reine (1973), a d'ailleurs bien perçu, dans les personnages incarnés par Simone Signoret, non pas une interprétation, mais une invention où il y avait toute l'épaisseur, les détails, les dessous, les contradictions que l'on ne trouve que dans la création romanesque et qui mettent en jeu les mêmes dons que le poète ou le romancier, avec abandon et maîtrise, avec naturel et avec art. (Libération).
Simone Signoret, comédienne, écrivaine, citoyenne : "Une reine. On dira "l'époque de Signoret " pour parier de celle qui part des années 50 jusqu'à nos jours. Le plus grand ambassadeur français du XXe siècle. Elle a sorti la France de ses gonds, elle l'a faite internationale. Elle a crié les droits de l'homme partout. Impossible de remplacer Signoret." (Marguerite Duras, "Le Quotidien de Paris", 1er octobre 1985).
À partir de 1981, sa santé se détériore ; elle subit une première opération, pour la vésicule. Plus tard elle deviendra progressivement aveugle ne distinguant plus que la silhouette des objets. Elle partage désormais avec Montand une tombe discrète, isolée, au Père-Lachaise. Sans dates ni épitaphe.
SES RÉCOMPENSES :
1978 - Pour : LA VIE DEVANT SOI - César - Meilleure actrice, Paris, France.
1978 - Pour : La VIE DEVANT SOI - David - Meilleure actrice, David di Donatello Awards, Italie.
1971 - Pour : LE CHAT - L'Ours d'Argent - Meilleure actrice, Berlin, Allemagne.
1960 - Pour : LES CHEMINS DE LA HAUTE VILLE - Oscar - Meilleure actrice, Academy Awards, États-Unis.
1959 - Pour : LES CHEMINS DE LA HAUTE VILLE - Palme d'Or - Meilleure interprétation féminine, Festival de Cannes, France.
1959 - Pour : LES CHEMINS DE LA HAUTE VILLE - Prix BAFTA - Meilleure actrice, BAFTA Awards, Royaume-Uni.
1959 - Pour : LES CHEMINS DE LA HAUTE VILLE - NBR Award - Meilleure actrice, National Board of Review, États-Unis.
1959 - Pour : LES CHEMINS DE LA HAUTE VILLE - Diplôme du mérite - Meilleure actrice étrangère au Jussi Awards, Finlande.
1958 - Pour : LES SORCIÈRES DE SALEM - Prix BAFTA - Meilleure actrice étrangère, BAFTA Awards, Royaume-Uni.
1953 - Pour : CASQUE D'OR - Prix BAFTA - Meilleure actrice étrangère, BAFTA Awards, Royaume-Uni.
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