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Né à Dresde, Robert Siodmak appartient à une famille de petits commerçants cultivés, amateurs de littérature. Élève médiocre, il s’oriente sans succès vers le théâtre, puis trouve un emploi de comptable dans une banque et fonde une maison d'édition. Il part ensuite pour Berlin, où il débute dans le cinéma comme scénariste, avant de devenir assistant réalisateur.
Associé à Edgar G. Ulmer, Fred Zinnemann et Billy Wilder, il réalise les Hommes le dimanche (Menschen am Sonntag, 1929), un film réaliste à contre-courant de l’expressionnisme alors en vogue. Engagé par la puissante UFA, il signe Der Kampf mit dem Drachen (1930), Adieux (Abschied, 1930), l'Homme qui cherche son assassin (Der Mann der seinen Mörder sucht, 1930), Autour d'une enquête (Voruntersuchung, 1931), les versions allemande et française de Tumultes (Stürme der Leidenschaft, 1931) et de Quick (Quick, König der Clowns, 1932), puis Brennendenes Geheimnis (1932). Ses films réalistes, drames policiers ou comédies de mœurs, témoignent d’un sens aigu de la direction d'acteurs et d’un goût prononcé pour une certaine poésie de la noirceur humaine.
L'arrivée des nazis au pouvoir le conduit à s'exiler en France, où il adapte une comédie d’Édouard Bourdet, le Sexe faible (1933), avant de réaliser une remarquable comédie musicale avec Danielle Darrieux et Albert Préjean, La crise est finie (1934), suivie d’une curieuse version anglaise et française de l'opérette la Vie parisienne / Parisian Life (1935). Il tourne ensuite un film policier, Mister Flow (1936), d'après Gaston Leroux, et Cargaison blanche (1936). Tous ces films lui valent une excellente réputation de cinéaste. Il dirige alors Harry Baur dans Mollenard, capitaine corsaire (1937), travaille sans être crédité sur Ultimatum (1938) de son compatriote Robert Wiene, ainsi que sur les Frères corses (1938) de Georges Kelber, et dirige Maurice Chevalier dans Pièges (1939).
La Seconde Guerre mondiale le contraint à s'exiler à nouveau. Il émigre aux États-Unis et y tourne d'abord des œuvres de commande comme West Point Widow (1941), Fly By Night (1941), The Night Before the Divorce (1942), My Heart Belongs to Daddy (1942) et Someone to Remember (1943), avant de se faire remarquer avec le Fils de Dracula (Son of Dracula, 1943), qui inaugure son contrat avec Universal. Pour cette firme, il tourne ensuite le baroque Signe du cobra (Cobra Woman, 1943), avant de s'essayer au film noir avec une adaptation réussie de William Irish, les Mains qui tuent (Phantom Lady, 1943).
Il dirige encore Deanna Durbin dans Vacances de Noël (Christmas Holiday, 1944) et George Sanders dans l'Oncle Harry (The Strange Affair of Uncle Harry, 1945). Puis, Deux Mains dans la nuit (The Spiral Staircase, 1945) et la Double Énigme (The Dark Mirror, 1946) lui assurent une bonne réputation d’auteur de films d'angoisse à thèmes psychologiques.
Son style vigoureux et onirique se plie parfaitement à une adaptation de la nouvelle d’Ernest Hemingway, les Tueurs (The Killers, 1946), qui révèle Ava Gardner et Burt Lancaster. Après Désirs de bonheur (Time out Mind, 1947), il revient au film noir avec la Proie (Cry of The City, 1948), puis retrouve Burt Lancaster pour un chef-d'œuvre, Pour toi, j'ai tué (Criss Cross, 1948) tiré d'un roman de Don Tracy.
Il cosigne ensuite Passion fatale (The Great Sinner, 1949) avec Mervyn LeRoy, une adaptation du Joueur de Dostoievski et tourne la Femme à l'écharpe pailletée (Thelma Jordan, 1949), puis Deported (1949) et The Whistle at Eaton Falls (1950) qui confirment sa place de choix parmi les meilleurs réalisateurs américains du moment.
Il revient cependant en Europe pour mettre en scène un pittoresque film de pirates avec Burt Lancaster, le Corsaire rouge (The Crimson Pirate, 1951), et tourne en France le Grand Jeu (1953) avec Gina Lollobrigida avant de rentrer en Allemagne où il réalise les Rats (Die Ratten, 1955), Mon père était acteur (Mein Vater der Schauspieler, 1956), Les SS frappent la nuit (Nachts wenn der Teufel kam, 1957), Dorothea Angermann (1958) et Mein Schulfreund (1960) qui font alors de lui le meilleur cinéaste travaillant en Allemagne.
Il réalise aussi des téléfilms pour la télévision britannique, ainsi que le film anglais The Rough and The Smooth (1959) et deux autres productions françaises, Katia (1959) et l'Affaire Nina B. (1961).
Après un film de propagande américano-allemand contre le régime de la RDA, Tunnel 28 / le Mur de Berlin (Tunnel 28/Escape from East Berlin, 1962), il signe des adaptations du romancier Karl May : Au pays des Skipetars (Der Schut, 1964), le Trésor des Aztèques (Der Schatz des Azteken, 1964) et la Pyramide du roi soleil (Der Pyramide des Sonnesgottes, 1965) avant de retourner à Hollywood pour réaliser un grand western, Custer, l'homme de l'Ouest (Custer of the West, 1967). Il termine sa carrière en Europe avec Kampf um Rom (1969), un péplum en deux parties.
SES RÉCOMPENSES :
1971 - Prix d’honneur - Prix du cinéma Germanique, Allemagne.
1957 - Pour : LES S.S. FRAPPENT LA NUIT - Prix d’Or - Réalisation aux prix du cinéma germanique, Allemagne.
1954 - Pour : LES RATS - Ours d’Or - Festival international du cinéma de Berlin, Allemagne.
1946 - Pour : LES TUEURS - Edgar - Meilleur film de cinéma - Edgar Allan Poe Awards, États-Unis.
Fait le 11 septembre 2010 par Philippe de CinéMémorial.
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