ROBERT ALTMAN

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Profession:
Réalisateur, scénariste, producteur, dialoguiste et acteur américain.

Date et lieu de naissance:
20-02-1925, à Kansas City, Missouri, États-Unis.

Date et lieu du décès:
20-11-2006, à l'hôpital Cedars-Sinai de Los Angeles, Californie, États-Unis.

Cause du décès:
Cancer à l'âge de 81 ans.

Nom de naissance:
Robert Bernard Altman.

État civil:
Marié en 1947 avec LAVONNE ELMER - divorcé.
Ils eurent une fille : Christine (1947)

Marié en 1954 avec l'actrice : LOTUS CORELLI - divorcé en 1958.
Ils eurent deux fils : Stephen (1957) et Michael (1955)

Marié en 1959 avec : KATHRYN REED - jusqu'au décès de Robert en 2006.
Ils eurent deux fils : Robert (1960) et Matthew (1966)

Taille:
(183 cm)

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Anecdotes

Robert Altman laisse une femme, Kathryn Reed Altman, six enfants, 12 petits-enfants et cinq arrière-petits-enfants. Il s'est éteint avec sa femme et ses enfants à son chevet.

Fils aîné d'un courtier d'assurances, et sa mère est une catholique convertie.

Après une éducation catholique chez les Jésuites et un passage à l'académie militaire Wentworth de Lexington, Robert Altman sort de l'université du Missouri avec un diplôme d'ingénieur en main.

En 1945 il s'engage volontairement dans l'Armée de l'air et se retrouve comme co-pilote de B-24 au 307e .il s'installe à Hollywood après la guerre et vend deux histoires qu'il a imaginées avec son ami George W. George "Chistmas" Eve en 1947 et " Bodyguard " que tourne Richard Fleischer en 1948.

Non content de s'intéresser aux procédés sonores, Robert Altman mit au point un tatouage animal ! ! Il aurait ainsi officié sur le chien du président Truman.

En recevant son Oscar il y a huit mois, Altman avait révélé qu'il avait subi une transplantation cardiaque 11 ans plus tôt, le donneur étant une femme d'une trentaine d'années. Il avait alors plaisanté en affirmant qu'il lui restait encore plusieurs dizaines d'années à vivre.

Il confesse fumer régulièrement de la marijuana.

Robert Altman a fait le design d'une montre 'Swatch' en 1995, intitulée 'Time to reflect' pour commémorer les 100 ans du cinéma.

1998 - Promu Chevalier de la Légion d'Honneur.

Dernière mise à jour le 24 mars 2007.

 

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Biographie

Le cinéaste américain Robert Altman est mort à l'hôpital Cedars-Sinai de Los Angeles, lundi 20 novembre, de complications dues à un cancer. Agé de 81 ans, il avait révélé en mars, lors de la remise d'un Oscar d'honneur (il n'avait jamais reçu jusqu'alors la statuette dorée), qu'il avait bénéficié il y a onze ans d'une greffe du coeur d'une femme d'une trentaine d'années. "Si je calcule bien, avait-il lancé au Tout-Hollywood, vous me donnez cet Oscar trop tôt. J'en ai encore pour quarante ans, et j'ai bien l'intention de les utiliser !"

Né le 20 février 1925 à Kansas City (Missouri), formé par les jésuites, Robert Altman s'était engagé dans l'armée de l'air à l'âge de 17 ans et avait servi comme copilote de bombardier durant la seconde guerre mondiale. Après quelques boulots (entre autres tatoueur de chiens), ce passionné de cinéma avait réalisé des films industriels, adopté le mode de vie hollywoodien (jeu, filles, alcool) et fait ses classes à la télévision, réalisant des épisodes pour les série "Alfred Hitchcock présente", "Maverick" ou "Bonanza". Le Sicilien George Litto, qui devint son agent, le décrit alors comme "un putain de rebelle". Lorsqu'il fonde sa maison de production, Lion's Gate, Altman a une réputation de dur à cuir irascible.

La carrière de celui qui deviendra un ogre iconoclaste commence véritablement en 1970 avec M.A.S.H. Il a réalisé deux films dans l'indifférence générale quand il se démène pour tourner ce scénario de Ring Lardner Jr. (ancienne victime du maccarthysme), refusé par une quinzaine de metteurs en scène : une violente satire antimilitariste qui se passe pendant la guerre de Corée dans une antenne chirurgicale où les carabins font les quatre cents coups.

Horrifié par ses dialogues crus, le cocktail de sang et de gaudriole et ce pied de nez à la tradition héroïque, le producteur Darryl Zanuck demande des coupes mais Altman a un allié, Otto Preminger, qui exige des projections-tests, dont le film sort ovationné. Troisième au box-office de l'année derrière Love Story et Airport, ce brûlot loufoque reçoit cinq nominations aux Oscars et la Palme d'or du Festival de Cannes. Altman devient le symbole d'une nouvelle génération décidée à décaper l'Amérique de ses mythologies lénifiantes.

Il dynamite les clichés, soumet les genres à un irrespectueux jeu de massacre : dans John McCabe (1971), western crépusculaire, le héros est tenancier de bordel dans une ville en proie aux vices ; dans Brewster McCloud (1970), chronique des rêves d'un fou volant dans une Amérique cinglée, ou Images (1972), portrait d'une schizophrène, il soumet l'action à ses recherches poétiques ; The Long Goodbye (Le Privé, 1973), le Philip Marlowe de Raymond Chandler, interprété par Elliott Gould, est dépassé par les événements ; Nous sommes tous des voleurs (1974) dépeint des hors-la-loi peu reluisants ; California Split (1974) campe des flambeurs de casino sans envergure.

Bousculant les tabous, prenant à contre-pied les stéréotypes, Altman se moque des flics et des puritains, des milliardaires et des politiciens et ridiculise tout ce qu'Hollywood a vénéré. "Quiconque conduirait une voiture comme Steve McQueen dans Bullitt, même s'il poursuivait Adolf Hitler, devrait être immédiatement interné", dit-il. Ses cow-boys pataugent dans la neige et la boue, son détective erre en somnambule avec une barbe hirsute (les adeptes du polar hurlent au blasphème), ses récits méprisent les héros exemplaires pour s'intéresser aux modes de vie.

L'ORDRE ET LE CHAOS

Plus féru de tableaux que de portraits, ironique à l'égard des destins individuels et passionné par les foules, il élargit son champ de vision. Altman est adepte du kaléidoscope et de la création collective. En 1975, avec Nashville, il invente un style : évoquant la vie du temple de la country music en même temps que les primaires d'une élection présidentielle, il suit les trajectoires de vingt-quatre personnages différents. Dorénavant, ses fresques autopsient les rites sociaux, démasquent la société du spectacle et les impasses psychanalytiques, dressent l'inventaire des idées reçues, des cérémonies grotesques, des désillusions sexuelles, des mascarades censées faire le tri entre l'ordre et le chaos.

Buffalo Bill et les Indiens (1976) dénonce les mensonges d'une idéologie basée sur le fric et le show, Trois femmes (1977) fustige l'asservissement de trois paumées aux codes de la féminité, Un mariage (1978) montre une société figée derrière le masque des convenances et cachant ses tares (adultère, nymphomanie, épilepsie, marijuana), Quintet (1979) est une science-fiction parodique et morbide. Le cinéaste retrouvera la magie de ses digressions collectives avec Short Cuts (1993, Lion d'or à Venise), d'après Raymond Carver, portrait d'un groupe d'Américains mis à nu durant un tremblement de terre.

Entre-temps, il y aura eu Popeye (1980), un anti-Superman de bande dessinée qui révèle Robin Williams, de retentissants échecs commerciaux, des ruptures avec les studios lassés par ses provocations et ses refus de se plier aux modes. Robert Altman se tourne vers les producteurs indépendants, puis se rabat sur l'Europe, filme un ballet (Company), l'histoire d'un travesti qui se prend pour James Dean (Reviens Jimmy Dean, reviens, 1992), des pièces de théâtre (Streamers, Fool for Love, des dramaturgies en lieux clos d'après Harold Pinter, Sam Shepard ou lui-même), des adaptations télévisuelles, un délirant monologue de Richard Nixon (Secret Honor, 1985), des reportages-fictions comme Tanner 88, où il suit la campagne électorale d'un candidat fictif à la présidentielle de 1988, ou une biographie de Van Gogh (Vincent et Théo, 1990).

EXERCICES VIRTUOSES

Jamais, quelles que soient les épreuves endurées, Robert Altman ne jette l'éponge. Ses exercices virtuoses donnent régulièrement de ses nouvelles : comédie sur des zombies branchés, Beyond Therapy (1987) trahit un certain désabusement ; truffé de brillants mouvements de caméra, The Player (1992, Prix de la mise en scène à Cannes) enquête sur les coulisses nauséabondes d'Hollywood ; tourné à Paris et anobli par un casting princier (Marcello Mastroianni, Sophia Loren, Kim Basinger, Julia Roberts, Tim Robbins, Lauren Bacall, Sonia Rykiel et Karl Lagerfeld, qui protestera contre ce défilé d'un microcosme ridicule), Prêt-à-porter (1994) taille un costard au milieu de la mode, ses rédactrices snobs, ses couturiers efféminés et ses mannequins sans pudeur ; peinture des moeurs de la gentry des années 1930, Gosford Park (2002) orchestre la valse des maîtres et des valets dans une "murder party" façon Agatha Christie.

Ce grand cinéaste irrespectueux était un personnage homérique. Il faut l'avoir vu vous ouvrir la porte du palace où il avait une suite, en pantoufles et pyjama bermuda, attendre vos questions en commandant son bacon et ses oeufs pochés, fustiger une industrie vouée aux bandes dessinées et aux animaux mécaniques, et prendre un air inspiré avant de vous répondre, pièce de monnaie à la main. "Pile, j'opte pour l'humour comme soupape destinée à atténuer le caractère terrifiant de mes dénonciations, face, je choisis la thèse inverse : je suis un irrépressible joyeux drille, plutôt qu'un pessimiste..."

En 2000, Robert Altman avait déclaré que l'élection de George W. Bush était "un terrible revers pour la société américaine". Il avait honoré en 1999 dans Cookie's Fortune l'univers des bluesmen du Mississippi. Son dernier film, A Prairie Home Connection, que les distributeurs français ont rebaptisé - comme visités par une fatale prémonition - The Last Show, retrace le dernier enregistrement public d'une émission radiophonique émise du Minnesota et spécialisée dans les vieilles rengaines. Il sort le 6 décembre, et l'on y voit une femme, fantôme en gabardine blanche, errer parmi les chanteurs country condamnés au chômage : la mort qui rôde.

Source de Jean-Luc Douin du journal LeMonde

 

SES RÉCOMPENSES :

 

2006 - Pour : A PRAIRIE HOME COMPANION - Prix du jury - Internationale Filmfestspiele, Berlin, Allemagne.

2006 - Oscar d'honneur - Ensemble de la carrière - Academy of Motion Picture Arts and Sciences, États-Unis.

2003 - Prix pour l'ensemble de la carrière - San Francisco International Film Festival, États-Unis.

2002 - Pour : GOSFORD PARK - NSFC Award - Meilleur réalisateur - National Society of Film Critics Awards, États-Unis.

2002 - Pour : GOSFORD PARK - Prix Alexander Korda - BAFTA Awards, Royaume-Uni.

2002 - Pour : GOSFORD PARK - Meilleur réalisateur - The American Film Institute, Washington, États-Unis.

2002 - Pour : GOSFORD PARK - Prix AFI - Meilleur réalisateur - AFI Awards, États-Unis.

2002 - Pour : GOSFORD PARK - Golden Globe Awards - Meilleur réalisateur - Hollywood Foreign Press Association, États-Unis.

2002 - Pour l'ensemble de ses oeuvres - Ours d'Or d'Honneur - Internationale Filmfestspiele, Berlin, Allemagne.

2001 - Pour : GOSFORD PARK - NYFCC - Meilleur réalisateur - New York Film Critics Circle Awards, États-Unis.

1999 - Pour : COOKIE'S FORTUNE - Prix de la Critique - Internationale Filmfestspiele, Berlin, Allemagne.

1995 - Pour : SHORT CUTS - BODIL - Meilleur film américain - Bodil Awards, Danemark.

1993 - Pour : THE PLAYER - BODIL - Meilleur film étranger - Bodil Awards, Danemark.

1993 - Pour : THE PLAYER - BAFTA - Meilleur réalisateur - The British Academy of Film and Television Arts, Royaume-Uni.

1993 - Pour : Meilleur scénario - Boston Society of Film Critics Awards, États-Unis.

1993 - Pour : SHORT CUTS - Lion d'or - Mostra Internazionale d'Arte Cinematografica, Venise, Italie.

1993 - Pour : THE PLAYER - Meilleur réalisateur - London Critics Circle Awards, Royaume-Uni.

1992 - Pour : THE PLAYER - Meilleur réalisateur - Festival International du Film, Cannes, France.

1992 - Pour : THE PLAYER - NYFCC - Meilleur réalisateur - New York Film Critics Circle Awards, États-Unis.

1977 - Pour : NASHVILLE - BODIL - Meilleur film étranger - Bodil Awards, Danemark.

1976 - Pour : BUFFALO BILL ET LES INDIENS - Ours d'Or - Internationale Filmfestspiele, Berlin, Allemagne.

1975 - Pour : NASHVILLE - NSFC Award - Meilleur réalisateur - National Society of Film Critics Awards, États-Unis.

1975 - Pour : NASHVILLE - NYFCC - Meilleur réalisateur - New York Film Critics Circle Awards, États-Unis.

1975 - Pour : NASHVILLE - NBR - Meilleur réalisateur - National Board of Review, États-Unis.

1970 - Pour : M*A*S*H - Palme d'Or - Festival de Cannes, France.

 

 

Filmographie


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51 LONGS MÉTRAGES DÉTAILLÉS
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2006 - A PRAIRIE HOME COMPANION

 

2003 - COMPANY .THE

 

2001 - WEEK-END À GOSFORD PARK .UN

 

2000 - TRIXIE

 

2000 - DOCTEUR T ET LES FEMMES

 

1999 - COMPLOT POUR UN MAGOT

 

1998 - ENQUÊTE SUR MOEURS

 

1997 - AMOUR ET APRÈS .L'

 

1996 - KANSAS CITY

 

1994 - PRÊT-À-PORTER

 

1994 - MRS PARKER ET LE CERCLE VICIEUX

 

1993 - SHORT CUTS

 

1991 - MENEUR .LE

 

1990 - VINCENT ET THÉO

 

1987 - VOUS AVEZ DIT DINGUES

 

1986 - BEYOND THERAPY

 

1986 - FOOL FOR LOVE

 

1985 - SECRET HONOR

 

1983 - STREAMERS

 

1982 - REVIENS JIMMY DEAN, REVIENS

 

1981 - AMOUR INFINI .UN

 

1980 - POPEYE

 

1979 - COUPLE PARFAIT .UN

 

1979 - RICH KIDS

 

1979 - HEALTH

 

1978 - TU NE M'OUBLIERAS PAS

 

1978 - MARIAGE .UN

 

1978 - QUINTET

 

1977 - TROIS FEMMES

 

1977 - CHAT CONNAÎT L'ASSASSIN .LE

 

1976 - BIENVENUE À LOS ANGELES

 

1976 - BUFFALO BILL ET LES INDIENS

 

1975 - NASHVILLE

 

1974 - CALIFORNIA SPLIT

 

1974 - NOUS SOMMES TOUS DES VOLEURS

 

1973 - PRIVÉ .LE

 

1971 - IMAGES

 

1970 - JOHN McCABE

 

1970 - EVENTS

 

1970 - BREWSTER MCCLOUD, L'HOMME-OISEAU

 

1970 - M.A.S.H.

 

1969 - THAT COLD DAY IN THE PARK

 

1967 - OBJECTIF LUNE

 

1966 - DÉTRAQUÉS .LES

 

1962 - QU'EST-IL ARRIVÉ À BABY JANE

 

1957 - DÉLINQUANTS .LES

 

1957 - HISTOIRE DE JAMES DEAN .L'

 

1951 - CORN'S-A-POPPIN

 

1948 - BODYGUARD

 

1947 - VIE SECRÈTE DE WALTER MITTY .LA

 

1947 - RENDEZ-VOUS DE NOËL

 

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5 PARTICIPATIONS POUR LA TÉLÉVISION.
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2004 - TANNER ON TANNER
Téléfilm de R. Altman

 

1999 - H POUR HITCHCOCK
Téléfilm de Ted Haimes - Uniquenent Acteur

 

1993 - REAL McTEAGUE .THE
Téléfilm de R. Altman

 

1992 - McTEAGUE
Téléfilm de R. Altman

 

1988 - OURAGAN SUR LE CAINE : LE PROCÈS
Téléfilm de R. Altman

 

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8 DOCUMENTAIRES ET 11 COURTS MÉTRAGES
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2004 - FOOL FOR LOVE : ART AND SOUL
(Documentaire - Court métrage
Uniquement dans son propre rôle

 

1996 - JAZZ 34

 

1966 - POT AU FEU
Court métrage de R. Altman

 

1956 - MAGIC BOND .THE
Documentaire - Court métrage de R. Altman

 

1955 - PERFECT CRIME .THE
Court métrage)
Réal+Scén : R. Altman

 

1954 - DIRTY LOOK .THE
Court métrage de R. Altman

 

1953 - LAST MILE .THE
Documentaire - Court métrage de R. Altman

 

1953 - MODERN BASEBALL
Court métrage de R. Altman

 

1953 - HOW TO RUN A FILLING STATION
Documentaire - Court métrage de R. Altman

 

1952 - SOUND OF BELLS .THE
Documentaire - Court métrage de R. Altman

 

1952 - KING BASKETBALL
Documentaire - Court métrage de R. Altman

 

1951 - MODERN FOOTBALL
Documentaire et court métrage de R. Altman

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