RAIMU

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Profession:
Acteur et homme de théâtre français.

Date et lieu de naissance:
18-12-1883, à Toulon, Var, France.

Date et lieu du décès:
20-09-1946, à Neuilly-sur-Seine, Hauts-de-Seine, France.

Cause du décès:
Arrêt cardiaque pendant son opération à l'âge de 62 ans.

Nom de naissance:
Jules Auguste César Muraire. Surnom : Jules Raimu où Rallum.

État civil:
Marié à Esther (1936 à 1946)
Ils eurent une Fille : Paulette.

Taille:
?

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Anecdotes

Inhumé au cimetière de Toulon (Var) après une première inhumation au cimetière des Batignolles à Paris.

Esther qu'il avait épousée en 1936, lui donna une fille : Paulette laquelle se maria avec Dominique Nohain, fils du célèbre animateur de radio et de télévision.

Depuis 1989, Isabelle, sa petite-fille, perpétue sa mémoire en animant l'intéressant "Musée Raimu" de Cogolin.

Il se nommait Muraire, Jules, Auguste, César, et devait porter avec une indéniable majesté ces trois prénoms impériaux. Paul Olivier, qui fut son secrétaire et son ami, parlera de " sa démarche de proconsul ", de " sa voix de tribun populaire ". Il n'était cependant que le fils d'un boutiquier d'ailleurs fort bien en place, Mucius, Scaevola, Joseph Muraire, tapissier-décorateur, fournisseur de la Marine, la boutique étant sise à Toulon, 5, rue de l'Intendance, devenue depuis lors l'avenue de France. Ce fut là, au quatrième étage, que naquit le 17 décembre 1883, de Joseph Muraire, déjà nommé, et d'Élisabeth, Joséphine, née Gouzian, celui qu'on appellera " le grand Jules " comme on dit " un grand seigneur ", et parce qu'il dépassait tous ceux qui l'approchaient, non seulement par la stature ! Dès son plus jeune âge, on le voit autoritaire, indépendant, difficile. " Élève déplorable ", il se fait renvoyer des écoles, non pour courir les rues, mais pour s'enfermer dans l'arrière-boutique paternelle où les tissus de toutes couleurs font travailler son imagination. Il s'en vêt, comme de la toge antique, et, le costume aidant, il invente la pièce, recrute un public parmi ses camarades, monte des spectacles dans la cour voisine, puis un théâtre de marionnettes dont il se fait d'ordonnateur. Sa vocation est née. Elle vivra, en dépit des échecs qui eussent découragé de moins tenaces.

Photo de Raimu a 4 ans et un timbre qui fut mis en vente en son honneur en 1961

A l'école, il n'a glané qu'un premier prix, celui de clairon - car il a du souffle - mais il se fait apprécier sur les scènes d'amateurs et dans les soirées de bienfaisance en interprétant les chansons de Polin. Ses parents ne voient pas d'un bon oeil cette orientation incongrue. La mort du père - alors que son fils a 15 ans - brise le plus gros obstacle et Jules Muraire, bien décidé à suivre sa voie, commence à se faire entendre dans les caf'-conc' du samedi soir. C'est au cours de la saison 1899-1900 qu'il paraît pour la première fois sur la scène du Casino de Toulon, figurant dans un vaudeville, " Les 37 Sous de Montaudon "

Mise à jour le 02 JUIN 2008 par Philippe de CinéMémorial.

CE QU'ILS ONT DIT DE LUI

MARCEL PAGNOL

Il m'est bien difficile de parler de sa carrière et des triomphes qu'il remporta ; j'ai été, en effet, non seulement son ami fidèle, mais encore son associé dans plusieurs de ses réussites. J'ai écrit pour lui Marius, Fanny, César et La Femme du Boulanger, et mon nom fut auprès du sien sur des milliers d'affiches, et dans toutes les langues du monde. Les gens qui ne m'aiment pas disent que je lui dois tout ; ceux qui ne l'aimaient pas disent qu'il me doit tout. Il me semble que la vérité est entre ces deux opinions. Pour moi, je sais bien qu'il fut un homme de génie, et qu'il m'enseigna la meilleure part de ce que je sais du théâtre. Ce mot d'enseigner ne doit pas faire penser à un cours professé par un maître solennel devant un élève studieux; notre conversation, qui a duré vingt ans, ne fut en effet qu'une longue querelle. Je parlais beaucoup plus vite que lui, mais il criait beaucoup plus fort. Ces ruptures définitives étaient si violentes que nos amis y ont toujours cru sincèrement, tout au moins jusqu'à la vingtième. Ils se concertaient alors, et préparaient un plan de campagne en vue d'une réconciliation délicate, pendant que Raimu dînait avec moi. On l'a souvent représenté comme un homme insupportable. C'est faux. La vérité, c'est qu'au travail il était impitoyable. Je ne l'ai jamais vu arriver en retard à une seule répétition, ni à une seule prise de vues. Je l'ai vu exiger une série de répétitions après la cinquantième ou la centième d'une pièce pour en refaire la mise au point. Il ne vivait que pour son métier, et n'aimait pas les gens des journaux qui venaient troubler son travail. Il les mettait à la porte en rugissant, si bien que les journalistes ont cru que c'était sa seule façon de parler. Mais nous qui l'avons connu - et je pense à Maurice Chevalier, Jean Gabin, Louis Jouvet, Pierre Blanchar, Michèle Morgan, Marcel Achard, Paul Olivier, Albert Willemetz - nous qui avons été ses amis, nous savons qu'il fut un homme juste et bon, et que le seul reproche que nous puissions lui faire, c'est de nous avoir quittés trop tôt.

MARCEL ACHARD

Il s'ennuyait dans la vie. Il n'était pas triste, mais il s'ennuyait. Il ne pouvait pas rester seul ; c'était plus fort que lui, ce besoin qu'il avait de compagnie - même médiocre : et Dieu sait si elle le fut souvent !... Cette prodigieuse activité qu'il déploya, car il fit une énorme quantité de films et il joua beaucoup de pièces, on peut l'expliquer par la frayeur de la solitude. Il disait : « J'aime aller chaque soir au théâtre pour jouer une pièce ; j'y retrouve des copains... » Les copains, c'était d'abord pour lui le public. Il trouva en lui son meilleur ami. Si l'art de jouer la comédie fut toute sa vie. c'est parce qu'il lui permettait de créer autour de lui un monde, une multitude de présences dissipant l'ennui qui l'accablait dans la solitude. Quant à l'acteur ? C'est bien banal de dire qu'il était admirable et qu'il avait une extraordinaire intuition...

ALEXANDRE ARNOUX

Le Raimu homme, abordé de plain-pied, loin de ses prestiges, je ne l'ai touché qu'à une seule occasion, en dehors des salles obscures ou du plateau. au café. Il avait pour compagnon Marcel Pagnol et il boudait, il ne desserrait pas les dents, il grommelait sans ouvrir la bouche. C'était, je pense, un mélancolique infatué, un atrabilaire chargé de provoquer le rire, un désespéré bouffon. un Méridional pessimiste et d'expression colorée et joviale, comme beaucoup de ses compatriotes. Il souffrait, pour employer le jargon moderne, d'un complexe d'infériorité, et d'un autre. de superbe, qui se colletaient en lui.

JEAN COCTEAU

La mauvaise humeur de Raimu est une fable. Il adorait le travail. Le travail mal fait le rendait malade. Sa mauvaise humeur venait toujours d'une constatation de travail mal fait chez ses camarades. Son autorité prodigieuse manquerait de charme s'il ne s'y mêlait cette grâce sournoise des enfants qui boudent. Raimu offre l'exemple type du monstre sacré qu'une époque doit applaudir avec orgueil.

SACHA GUITRY

C'était un admirable acteur instinctif. Instinctif à tel point qu'il pouvait faire n'importe quoi et que, même, il pouvait jouer n'importe comment. Il est de ta lignée des plus grands comédiens naturels :
Baron, le père ; Frédérick Lemaître, José Dupuis, Jacques. le Belge ; Arnal, Oudry.

PIERRE BILLON

Il n'avait ni méchanceté foncière ni rancune ; mais un certain égocentrisme que l'on a pu appeler égoïsme... Il était très sûr de lui et jamais en proie à ces inquiétudes de l'artiste qui doute de lui-même et craint de se tromper. Cette assurance le conduisait quelquefois à appuyer son jeu, à, comme on dit dans notre métier, « en remettre »... Mais s'il avait connu les douleurs de l'enfantement artistique, il eût cessé d'être Raimu, d'être ce phénomène de la nature, mélange de monstre sacré et de grand enfant. Un grand enfant, c'est ce qu'il fut. Je n'ai jamais pu le prendre au sérieux... II jouait toujours la comédie, comme les enfants qui savent qu'on les regarde Quand il paradait au Fouquet's au milieu d'un cercle de courtisans, il était heureux et flatté... Lui, l'ancien fourlourou des caf' conc' méridionaux, était devenu une figure nationale, un roi dans son métier. Il y avait là, en effet, de quoi rendre orgueilleux.

CARLO RIM

On dit qu'il est avare : c'est vrai. Vindicatif : c'est vrai. Emmerdeur avec les petits : non, il l'est avec tout le monde. Mais il est tout cela à sa façon... De telle sorte que ce sont les gens qu'il n'aime pas qui le subissent. C'est sa manière de se débarrasser d'eux. Il n'y réussit d'ailleurs pas toujours, malgré son application à être insupportable. Mais ses amis, ou seulement ceux qu'il estime, le comprennent fort bien ; et la marge est assez grande entre eux et tous les autres, pour qu'ils ne prennent pas au sérieux ce grand bonhomme qui se fâche ou qui compte ses sous ou qui boude... Ses défauts sont surtout enfantins, véniels et assez spectaculaires, comme tous les caprices des enfants. Il en joue aussi, car sa légende a déformé son vrai visage. Ce qui est sûr, c'est qu'il y a en lui une vraie bonté. II aime les enfants et les animaux, sans restriction. Et avec patience. Pour les hommes, il choisit. II a fait renvoyer du studio des petites gens, des maquilleurs, des habilleuses ? C'est vrai ; mais c'est parce qu'ils faisaient mal leur travail. « Qu'ils fassent un autre métier, dit-il ; ça vaudra mieux ! Pour eux d'abord...

HENRI DECOIN

Raimu parle. Silence. On écoute.
Les sunlights eux-mêmes se sont tus.
Le petit ventre de la caméra moud sa pellicule.
Pour étouffer le bruit de son ceeur, l'habilleuse se tient le sein gauche. II parle. Silence. On écoute.
Mais sa voix s'est déjà tue, que les vibrations montent encore, vers l'oreille du micro têtu ...
Il dit : Moi... Il dit: Je...
Si on le laissait faire, il mettrait César après Jules. C'est vrai...
Il se prend même pour Jules Raimu !... Sacré Marius !...
Il dit : Moi... II dit : Je... C'est vrai !
Mais N... de D..., comme il dit juste !

RENÉ CLAIR

II faut distinguer les comédiens et les caractères. Raimu était un caractère. 11 imposait Raimu, et, quel que soit le génie d'un auteur, il n'aurait pu !e « dépersonnaliser ». De son côté, Raimu lui-même n'aurait pu s'arracher de sa propre peau, s'effacer derrière un personnage dramatique comme le font les «grands comédiens». C'est que justement Raimu était un grand -caractère de théâtre», mais pas un grand comédien... Il n'y a là absolument rien de restrictif : il s'agit d'autres hommes et d'un autre métier. Naturellement, comme tous les caractères de théâtre, il avait le don de la présence. Il l'avait même à un point hallucinant. C'est là l'un des plus grands mystères du métier d'acteur : certains qui ont parfois beaucoup de talent laissent sur l'écran leur place vide ; d'autres y marquent profondément leur présence. Raimu était là, en toutes circonstances, dans ses bons comme dans ses mauvais films. II était une force vivante que les plus méchants rôles ne parvenaient pas à abattre.

ORSON WELLES

C'était le plus grand acteur du monde.

ROBERT FLOREY

Il arrivait régulièrement en retard et comme il tournait presque dans toutes les scènes, nous étions obligés de l'attendre, inactifs. Une demi-heure, quarante minutes passaient ; enfin, masqué par les décors, Raimu pénétrait discrètement sur le plateau. Dès que la porte était refermée, il commençait à crier :« Voilà plus d'une heure que j'attends ! Où est l'habilleuse ?» Ou bien : « Et le maquilleur, où est-il ? Combien de temps allez-vous me faire poireauter ?» Nous savions tous qu'il venait d'arriver et nous répondions à l'unisson : « Bonjour, monsieur Raimu », sans lui adresser le moindre reproche, ce qui avait le don de le mettre hors de lui. Notre chef opérateur Ted Sparkhul était Allemand et notre ingénieur du son, Bob Scanlon, était Anglais. Au moindre incident technique, dès que quelque chose ne marchait pas - un microphone placé trop haut par exemple - Raimu en profitait pour bougonner contre « ces étrangers qui ne connaissaient pas leur métier - alors que ceux-ci y étaient experts !- et qui venaient emm... les artistes français au lieu de rester chez eux », etc. Mais là non plus, il ne parvenait pas à déclencher la riposte qui aurait motivé un éclat. Puis, subitement, il se calmait. Le décor prêt, la scène répétée, il devenait le grand bonhomme de théâtre qui vivait son rôle. II était admirable, et comment ne pas lui pardonner ses accès de mauvaise humeur et ses coups de gueule ? Il suffisait de s'y habituer. II discutait la scène à venir. Il ne comprenait pas très bien la progression du découpage et les changements de place de l'appareil. Il s'emportait parfois, disant qu'il « marchait à l'envers »; mais à la projection, je lui expliquais pourquoi nous devions procéder comme nous le faisions. Il m'écoutait plus ou moins satisfait : « Oui, oui, tout ça c'est votre mécanique - moi, je suis un acteur et je ne saurai jamais pourquoi vous devez sans cesse interrompre les scènes pour couper ici et là et mettre des premiers plans et d'autres plans... Qu'est-ce que tout cela veut bien dire ? Pourquoi ne me laissez-vous jamais jouer entièrement un acte comme au théâtre ?» Raimu comprit tout cela par la suite. LE BLANC ET LE NOIR n'était qu'un début, un début déjà lointain, un début oublié...

MICHELE MORGAN

Il me rendit tout de suite la tâche facile par une très grande gentillesse à mon égard. On le disait emporté ? Avec moi, il fut d'une grande patience. Pour mes débuts dans un grand rôle, il m'a aidée comme jamais je n'aurais espéré l'être. Quand nous avions des scènes à jouer tous les deux, je n'avais qu'à le regarder. Il me semblait qu'il attirait mes répliques, qu'il les « couvait », les suscitait, et me guidait sans me donner la moindre indication. En réalité, il ne cessait de me conduire sans me dire un mot. Et quand je n'étais pas dans la scène, je le regardais jouer. C'était une école merveilleuse.

PIERRE FRESNAY

Il y avait sûrement en lui une timidité foncière, reste, sans doute, d'une jeunesse difficile. Elle était, quand je l'ai rencontré, recouverte d'une apparente assurance qui lui venait de sa grande réussite, mais à coup sûr, elle persistait ; et c'est dans le contraste, précisément, entre sa puishance physique, son autorité de grand comédien, et cette inquiétude de l'homme qui n'avait d'autre formation que professionnelle, qui ne pouvait s'appuyer que sur la certitude de son talent, que résidait, je crois, son charme essentiel. Car un grand charme se dégageait de lui. Volontiers grossier dans l'expression, on le sentait délicat, sensible quoique peu généreux, capable d'émotion sous une apparente indifférence. Ces contradictions morales se traduiEIsient dans son aspect : laid si l'on détaillait ses traits, il avait de la beauté et même une certaine grandeur ; lourd, de l'élégance. (Son souci de l'élégance vestimentaire - une élégance authentique - était manifeste et significatif.) Il avait les mains belles : fortes, mais d'une étrange souplesse, et soignées jusqu'au raffinement. Son volume était cell;i d'un homme puissant, puissance confirmée par celle de sa voix ; mais sa démarche traînante et molle révélait la faiblesse des jambes : colosse aux pieds d'argile. 'route sa personnalité était violemment contrastée.

JULIEN BERTHEAU

J'aimais Raimu. Je l'admirais. Il était de ces rares comédiens qui, par la générosité de la nature, la profondeur pathétique du regard, la cocasserie inattendue d'une intonation, vous bouleversent ou font jaillir de vous le rire franc qui vous lave des chagrins quotidiens. Bien des fois, suis-je resté avec lui, après la répétition, pour l'écouter bavarder et raconter des histoires qui ont marqué sa carrière. Le théâtre devenait désert. Les coulisses peu à peu se vidaient : l'animation coutumière se fondait... jusqu'au silence. Alors, seul avec lui qui ne pouvait quitter le théâtre, tant il aimait son atmosphère, j'ai passé de longs moments à l'écouter et àinpprendre de lui bien des petits secrets de ce métier si difficile. Raimu n'est plus. Quelques jours avant sa mort, je lui ai rendu visite. Il faisait comme font souvent ceux qui vont mourir, des projets d'avenir. J'ai retrouvé ce jour-là dans ses yeux, malgré la fatigue et le mal, l'enthousiasme qui faisait de lui un des plus grands artistes de ce temps. Et c'est là, ce me semble, l'ultime leçon qu'il a pu nous donner. Ne pas perdre la foi, sans laquelle rien ne vaut d'être entrepris sur terre.

RENÉE SAINT-CYR

Raimu était avant tout la présence.
Sa présence physique, son grand regard sans espoir qui reflète toute la solitude du monde, ses silences, son énorme voix pathétique, sa tristesse comique créaient la situation. On ne le regardait pas «jouer la comédie », on le regardait «vivre ». Sa sobriété, sa pudeur dans l'émotion, l'impassibilité de ce visage étaient bouleversants. Une paupière qui se soulevait était plus éloquente chez lui que tous les textes. Il avait le pouvoir de vous désespérer et dans la même seconde de vous faire éclater de rire. Il passait du tragique au comique sans transition. Aucun travail. aucun effort n'était sensible. II était si simplement l'humanité pitoyable, la cocasserie, la puissance. la truculence et la rigueur, le bons sens, la logique. Il possédait avec une telle acuité le sens du mouvement d'une scène, de la cadence de la réplique, celui des rapports avec ses partenaires... Il vous insufflait la vérité de votre personnage, il vous communiquait sa vie, son rythme. S'écraser sur la poitrine de Jules, se réfugier dans ses bras, rendait la confidence inévitable et l'émotion jaillissait. Grâce à Jules, tout était facile. D'abord, parce qu'il avait une conception « théâtre » du cinéma, qu'il exigeait de vraies, de longues scènes écrites et tournées avec un début, un milieu, une fin. Raimu voulait qu'on lui « foute » la paix avec leurs « conneries cinématographiques ». Il avait un total mépris de la technique, se refusant à ce qu'elle prenne le pas sur la situation dramatique .

ÉDOUARD DELMONT

Raimu, sous son air bourru et grognon, cachait un cozur d'or et n'hésitait pas un seul instant à recommander un camarade et à conseiller un débutant.

ET RAIMU... PAR LUI-MEME

Mon mauvais caractère ? Vous y croyez, vous, à toutes ces choses qu'on raconte ? Moi, non, monsieur. Si j'avais mauvais caractère, je le saurais. Je suis un peu impulsif, comme mon pauvre père, mais il n'y a pas là de quoi fouetter un chat. Je suis un brave homme, monsieur, et je mène tranquillement ma petite vie. Seulement, j'ai du succès, et ça c'est le grand malheur, voyezvous. Tenez, je vais vous expliquer: Il y a beaucoup d'années, je faisais mon tour de chant - car j'ai tout fait. Un jour que je me promenais, je tombe devant une colonne Moriss, et je me mets à regarder les affiches. La mienne ne me plaisait pas. Soudain, un bonhomme s'arrête, à côté de moi, et je l'entends grommeler : « Raimu, Raimu... encore un qui a dû renverser son nom, comme Dranem. » Je me retourne, et je reconnais Paulus, l'illustre Paulus. Vous pensez bien que, respectueusement, je me présente à lui. Et il me dit ceci :« Vois-tu, mon petit, tant qu'on parle de toi - beaucoup de mal et un peu de bien - ça va : le jour où on ne te dira plus d'injures, méfie-toi, c'est que tu es fichu, comme moi. » Je n'ai jamais oublié ce mot. N'empêche qu'on exagère. En écrit-on, des choses sur mon compte ! Par exemple, j'enguirlande les journalistes et je mène la vie dure à mes metteurs en scène : est-ce que je vous enguirlande, vous ? Et demandez à Korda, à Marc Allégret, à Maurice Tourneur, à André Berthomieu, si je leur ai mené la vie ~dure. Autre question : je suis avare comme Harpagon. Or, je me suis acheté une propriété, j'ai une maison, j'aide mes camarades... n'importe, je suis avare. Tout ça, parce que je ne vais pas dans les boîtes de nuit ; mais bon Dieu, puisque je ne les aime pas, les boîtes de nuit ! Et je suis un malpoli, et je suis un inverti, et je suis un voleur... Non, on ne l'a pas encore dit, que je suis un voleur : ça viendra, allez, de même qu'on va découvrir un de ces jours que je suis un assassin. Il ne faut rien exagérer. Nous parlons de ces histoires, mais vous pensez bien qu'elles n'ont aucune importance. Je m'efforce de faire consciencieusement un métier que j'aime avec passion, et c'est là tout ce que le public veut de moi. A part cela, tous les potins du monde ne m'empêcheront pas de vivre en paix à ma guise et de faire de bons déjeuners avec les gens que j'aime, chez moi... Allez, c'est les gens qui ont mauvais caractère, pas moi. Quand on me connaît, on change d'avis à mon égard. C'est ce qui est arrivé à Odette Pannetier, qui avait écrit sur moi, sans me connaître, un article fort rosse. C'est ce qui arriverait à Michel Duran, s'il me connaissait ; je ne l'ai jamais vu. Il parait qu'il a tourné un petit rôle dans MAM'ZELLE NITOUCHE, et cela lui a suffi pour me traîner, depuis, dans la boue, tout en écrivant de belles choses sur mon jeu. Voulez-vous encore une preuve de ce que j'avance ? Au cours des premiers jours de studio du SECRET DE POLICHINELLE, je sentais une contrainte, une gêne à mon égard chez Mme Françoise Rosay, que j'avais l'honneur d'avoir pour partenaire ; quand le film a été fini, Mme Rosay. qui est la gentillesse même, m'a raconté qu'on m'avait calomnié auprès d'elle et que je n'étais nullement l'affreux bonhomme dont parlent les échos. Et voilà ! Voulez-vous que je vous dise un chose ? C'est Marcel Pagnol qui m'a fait beaucoup de tort : Pagnol est un grand auteur et un être délicieux, mais c'est aussi un Marseillais, et il exagère. Il suffit que je dise une petite chose pour qu'il raconte que j'en ai proclamé dix fois plus. Et comme tout le monde l'écoute. Maintenant, je ne conteste pas que je suis sincère et que lorsque je travaille j'ai mes moments d'énervement. Mais qui n'en a pas dans notre métier ? Demandez à ceux qui ont travaillé avec Antoine, avec Sardou, avec Lucien Guitry... Quand on fait sérieusement ce qu'on a à faire, on ne garde pas toujours son sang-froid.

 

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Biographie

On disait simplement Raimu bien qu'il se prénommât Jules et que son vrai nom était Muraire. Mais Raimu sonnait plus clair, comme un coup de cravache. Il fut l'homme de toutes les légendes : les plus belles et celles qui l'étaient sans doute un peu moins. Personne ne contesta jamais son énorme talent, son génie. Il sut marquer d'une forte empreinte tous ses personnages de cinéma et de théâtre, être incomparable dans les pièces de son grand ami Marcel Pagnol. Faire rire et pleurer, ce qu'on faisait avec plaisir. Être d'une impressionnante grandeur et, parfois, d'une assez insupportable suffisance. Il fut des rôles où il ne jouait pas, se contentant d'être lui-même tout simplement. Et les gens ne l'en aimaient que davantage à cause de cela : parce qu'il lui arrivait d'être un peu plus grand que nature, extraordinaire de don de présence, toujours prêt à lancer un clin d'ail au public, comme pour le prendre dans sa confidence et lui dire : " Laissons ricaner les méchants et les jaloux. Nous savons, nous... ".

Quand il mourut le 20 septembre 1946 - né à Toulon, le 18 décembre 1883, il allait aborder ses soixante-trois ans -, on comprit aussitôt qu'il ne serait jamais remplacé. Comme son ami Fernandel ne le fut davantage. Ni Bourvil. Le privilège des tout grands comédiens - ceux de notre époque sont bien petits comparés à eux - est d'être tirés à un seul exemplaire, pièce unique si l'on veut, et l'art dramatique s'avère plus pauvre quand les élus nous quittent.

Raimu n'était pas de caractère facile, oh! Non! Il eut des accrochages spectaculaires avec pas mal de gens. Même avec Marcel Pagnol, qui le comprenait pourtant admirablement, mieux que personne sans doute. Il devait beaucoup à l'auteur de la trilogie. Pagnol lui porta " Marius " au Théâtre Marigny et il passa une partie de la nuit à lire cette pièce qu'il passa à Simone et Léon Volterra lesquels s'enflammèrent aussitôt et trouvèrent tout de suite la tête d'affiche idéale Gaby Morlay et Victor Francen, " couple vedette " du moment. Mais Pagnol ne se laissa pas impressionner pour autant il voulait des interprètes méridionaux pour ces personnages qui l'étaient jusqu'aux entrailles. Il eut satisfaction à une exception près Pierre Fresnay. Mais Raimu était là et Orane Demazis et Charpin et tous les autres. Un triomphe! Comme devait l'être le film où la firme productrice, la Paramount, qui chercha pourtant à imposer ses vedettes sous contrat : Jean Murat, Meg Lemonnier, Henry Garat. " Absurde! ", décréta Marcel Pagnol qui, une fois encore, dut se montrer inflexible.

Certes, " Marius " n'était pas le premier succès professionnel de Raimu, qui s'était déjà imposé au cinéma comme au théâtre, cependant pas d'aussi authentique façon. On ne redira jamais assez combien Pagnol fut son Pygmalion, ce que devaient si brillamment confirmer les films qu'il allait faire ensuite. Le grand regret du père de la trilogie fut que Raimu ne créa pas la pièce à la scène, ceci à cause d'une brouille avec le directeur du théâtre. Harry Baur le remplaça de ce fait.

D'épiques disputes, de spectaculaires bouderies, d'explosifs mécontentements et caprices devaient jalonner toute la carrière du bouillant comédien, le plus soupe-au-lait de toute la profession. Ayant débuté modestement au music-hall comme comédien troupier, il lui fallut ces quelques années d'apprentissage avant de trouver sa vraie voie. Ce n'est qu'en 1916, lorsque Feydeau lui demanda de créer son " Monsieur Chasse ", que tout alla beaucoup mieux. Raimu fit même un peu de cinéma mais sans consentir à prendre au sérieux ces " singeries " qui lui apportèrent toute fois de quoi arrondir ses fins de mois. Le Boulevard l'adopta vite et il joua Mirande, Guitry, beaucoup d'autres, rapidement valeur cotée : il devint le grand que tous les directeurs allaient s'arracher. Jusqu'à Pagnol. Et Raimu, grâce à celui-ci, devint le plus grand. Il finit même par entrer à la Comédie-Française : en 1943. Il ne restera cependant que trois ans dans la célèbre Maison, où " Le Bourgeois Gentilhomme " sera son rôle le plus spectaculaire. Car il réalise bien vite, ses premières illusions envolées, qu'il se trouve beaucoup trop à l'étroit dans un milieu où les traditions et les tracasseries de toutes sortes constituent une cangue dont il ne peut s'accommoder. C'est encore Pagnol qui, en l'occurrence, vient lui tendre une main salvatrice.

Et puis, brusquement, le malheur va s'abattre sur cet homme que le destin avait comblé. Le 11 mars 1946, alors qu'il se rendait dans le Midi avec Yves Mirande, un accident de voiture lui vaut une fracture du tibia qui l'immobilise de longues semaines et rompt son activité. En août, il va se reposer au château de M. Decharme, directeur d'Alcina, à Vaudremont, en Haute-Marne, puis il fait une cure à Bourbonne-les-Bains.

Le 1"' septembre, il se décide à rédiger sa lettre de démission à la Comédie-Française. Elle ne sera pas envoyée. Une intervention chirurgicale - n'ayant pas de rapport avec son accident - exige vers le même temps son transfert à l'hôpital américain de Neuilly. L'anesthésie m'épouvantait, écrit Renée Saint-Cyr, après les longs mois de station allongée qu'il avait dû subir à la suite de l'accident d'auto. Georges Fronval a raconté dans " Cinémonde " cette fin qui stupéfia le monde du spectacle. Laissons-lui la parole : Il s'était rendu à la salle de chirurgie l'air goguenard, la blague aux lèvres, rouspétant selon son habitude contre ceux qui voulaient l'aider. Il n'était pas un impotent, disait-il, et serait plus à son aise devant un confortable déjeuner bien arrosé. Étendu sur la table d'opération, il eut un clignement d'œil à l'adresse de sa femme, puis reposa sa tète en arrière. On lui appliqua alors le masque pour l'endormir, il se débattit quelque peu, mais vaincu par l'anesthésique, sa résistance faiblit, puis il s'assoupit. Il était 11 heures juste.

Filmographie

 

46 FILMS COMPLETS

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1946 - HOMME AU CHAPEAU ROND .L'

 

1946 - GUEUX AU PARADIS .LES

 

1943 - COLONEL CHABERT .LE

 

1942 - BIENFAITEUR .LE

 

1942 - MONSIEUR LA SOURIS

 

1942 - ARLÉSIENNE .L'

 

1942 - INCONNUS DANS LA MAISON .LES

 

1941 - PETITS RIENS .LES

 

1940 - UNTEL PÈRE ET FILS

 

1940 - PARADE EN SEPT NUITS

 

1940 - FILLE DU PUISATIER .LA

 

1940 - HOMME QUI CHERCHE LA VÉRITÉ .L'

 

1939 - DUEL .LE

 

1939 - DERNIÈRE JEUNESSE

 

1939 - MONSIEUR BROTONNEAU

 

1938 - NOIX DE COCO

 

1938 - FEMME DU BOULANGER .LA

 

1938 - NOUVEAUX RICHES .LES

 

1938 - HÉROS DE LA MARNE .LE

 

1938 - ÉTRANGE MONSIEUR VICTOR .L'

 

1937 - ROIS DU SPORT .LES

 

1937 - FAUTEUIL 47 .LE

 

1937 - GRIBOUILLE

 

1937 - CARNET DE BAL .UN

 

1937 - CHASTE SUZANNE .LA

 

1937 - PERLES DE LA COURONNE .LES

 

1937 - FAISONS UN RÊVE

 

1936 - VOUS N'AVEZ RIEN À DÉCLARER ?

 

1936 - CÉSAR

 

1936 - JUMEAUX DE BRIGHTON .LES

 

1936 - ROI .LE

 

1936 - SECRET DE POLICHINELLE .LE

 

1935 - GASPARD DE BESSE

 

1934 - TARTARIN DE TARASCON

 

1934 - J'AI UNE IDÉE

 

1934 - MINUIT, PLACE PIGALLE

 

1934 - ÉCOLE DES COCOTTES .L'

 

1933 - CES MESSIEURS DE LA SANTÉ

 

1933 - CHARLEMAGNE

 

1932 - GAIETÉS DE L'ESCADRON .LES

 

1932 - THÉODORE ET CIE

 

1932 - FANNY

 

1932 - PETITE CHOCOLATIÈRE .LA

 

1931 - MARIUS

 

1931 - MAM'ZELLE NITOUCHE

 

1930 - BLANC ET LE NOIR .LE

 

 

3 COURTS MÉTRAGES

************************************

 

1916 - SACRÉ JOSEPH
Court métrage de Roger Lion

 

1913 - HOMME NU .L'
Court métrage d'Henri Desfontaines

 

1912 - AGENCE CACAHOUÈTE .L'
Court métrage de Roger Lion

 

47   INTERPRÉTATIONS THÉÂTRALE
1899-1900
Débuts au Casino de Toulon.
1900-1909
Café-concert et music-hall dans le Midi et en Afrique du Nord.
1910-1915
Music-hall à Paris : Concert-Mayol, Cigale, Folies-Bergère, ScaIa.
1915 - PLUS ÇA CHANGE !
Féerie d'actualité de Rip
(Dans le rôle : du baron Jolibois des Sardines)
Avec : Spinelly.
Théâtre Michel. 07 septembre 1915
1915 - IL FAUT L'AVOIR !
Comédie-revue de S. Guitry et A. Willemetz.
Palais-Royal. 06 novembre 1915.
1916 - L'ÉCOLE DES CIVILS
Revue de Rip.
Avec : Spinelly. 30 novembre 1915.
1916 - MONSIEUR CHASSE
De Georges Feydeau (reprise)
Théâtre de la Renaissance.
1916 - FAISONS UN RÊVE
Comédie de Sacha Guitry
(Dans le rôle du mari)
Avec : Sacha Guitry, Charlotte Lyses.
Bouffes-Parisiens - 3 octobre 1916.
1916 - SIX HOMMES, UNE FEMME ET UN SINGE
Comédie de Pierre Veber et Yves Mirande
(Dans le rôle du soutier-roi)
Avec : Spinelly, Denise Grey.
Théâtre Michel, 24 octobre 1916.
1917 - LE POILU
Opérette de Pierre Veber
Avec : Yvonne Printemps.
Palais-Royal.
1918 - L'ECOLE DES COCOTTES
Comédie de P. Armont et M. Gerbidon
(Dans le rôle de Labaume)
Avec : Jane Marnac, Harry Baur
Théâtre Michel - 16 février 1918
(Reprise aux Variétés, le 1 septembre)
1918 - SAISON D'AMOUR
Comédie d'Edmond Sée
Avec : Spinelly
Théâtre Michel - 22 novembre 1918.
1918 - LE COCHON OUI SOMMEILLE
Opérette de Rip et Dieudonné
Théâtre Michel - 24 décembre 1918.
1919 - LA JEUNE FILLE AUX JOUES ROSES
Comédie de François Porché
(Dans le rôle de Benoît)
Avec : Mme Simone, Yonnel
Théâtre Sarah Bernhardt - 12 mars
1919 - POUR AVOIR ADRIENNE
Comédie de Louis Verneuil. - Théâtre Michel
7 mai 1919.
1920 - LA CHASSE À L'HOMME
Comédie de Maurice Donnay
(Dans le rôle de Friolley)
Avec : Jane Marnac
Variétés 24 décembre 1919.
1920 - UN HOMME EN HABIT
Comédie d'André Picard et Yves Mirande
(Dans le rôle d'André de Lussanges)
Avec : Dubosc, Gabrielle Dorziat
Variétés - 25 mars 1920.
(Reprise à La Scala le 22 décembre 1926 et au Théâtre de Paris le 12 février 1931.)
1920 - LE ROI
Comédie de Flers, Caillavet et Arène
(Dans le rôle de Bourdier)
Avec : Spinelly. Max Dearhw, Harry Baur, Gabrielle Dorziat
Reprise Variétés - 15 décembre 1920.
1921 - MA TANTE D'HONFLEUR
Comédie de Paul Gavault
(Dans le rôle du Dr Douce)
Avec : Deschamps, S. Fabre. Mme Dieterle
(Reprise) - Variétés 31 mai 1921.
1921 - KIKI
Comédie d'André Picard.
Avec : Spinelly
Variétés - 30 septembre 1921
1921 - LA REVUE DES VARIÉTÉS
Revue de Rip et R. Gignoux
(Dans les rôles de la Statue, l'Agent mannequin. Valentin. le Chamelier)
Variétés - 19 novembre 1921
1922 - LA BELLE ANGEVINE
Comédie de M. Donnay et A. Rivoire
(Dans le rôle de Mongeray)
Avec : Jane Marnac, Pauley. A, Luguet
Variétés - 3 avril 1922
1922 - LA PETITE CHOCOLATIÈRE
Comédie de Paul Gavault
(Dans le rôle de Bédarides)
Avec : Jane Marnac, André Lefaur
(Reprise) - Variétés - 26 septembre 1922
1922 - LE BLANC ET LE NOIR
Comédie de Sacha Guitry
(Dans le rôle de Marcel Desnoyers)
Avec : Jane Marnac, André Lefaur
Variétés - 8 novembre 1922.
1923 - UN JOUR DE FOLIE
Comédie d'André Birabeau
(Dans le rôle de Guessac)
Avec : Jane Marnac, G. Dubosc, Jeanne Loury, Pauley
Variétés - 15 février 1923.
ÉDITH DE NANTES
Comédie d'Yves Mirande
(Dans le rôle de Pierre Gineste)
Avec : Jane Renouardt, Lucien Baroux
Théâtre Daunou - 12 avril 1923
VERTU... VERTU...
Comédie d'Alfred Savoir et R. Gignoux
(Dans le rôle de Vazaire)
Avec : Jeanne Provost, Yolande Laffon, Belières
Théâtre des Mathurins - 12 octobre 1923
1924 - LA HUITIÈME FEMME DE BARBE-BLEUE
Comédie d'Alfred Savoir
(Dans le rôle de Brown)
Avec : Charlotte Lysès, Alerme, Gildès
Théâtre des Mathurins - 3 novembre 1923
1924 - LA FLAMBÉE
Drame d'Henry Kistemaeckers
(Dans le rôle du comte Bertrand de Mauret)
Avec : Pierre Renoir, Henri Rollan, Camille Bert, Vera Sergine, Marcelle Praince
(Reprise) - Théâtre de Paris.
1925 - LE BOIS SACRÉ
Comédie de Caillavet et R. de Fiers
(Dans le rôle de Paul Margerie)
Avec : Andrew, Huguenet, J. Granier
(Reprise) - Variétés - 7 mars 1924
1925 - LA NUIT EST À NOUS
Comédie de Henry Kistemaeckers
(Dans le rôle de Prosper Besagne)
Avec : Vera Sergine
Théâtre de Paris - 21 octobre 1925.
1926 - VIVE LA RÉPUBLIQUE !
Revue de Sacha Guitry et A. Willemetz
(Dans le rôle de Clemenceau)
Théâtre Marigny - Avril 1926
1926 - LA VÉRITÉ TOUTE NUE
Comédie de P. Veber et G. Quinson
(Dans le rôle du missionnaire)
Avec : Max Dearly
(Reprise) - Théâtre de Paris - 1 septembre 1926
1927 - VIVE L'EMPEREUR !
Pièce gaie d'Yves Mirande, J. Richepin et R. de Meckiels
(Dans le rôle de Cambronne)
Avec : Cora Laparcerie, Prince Rigadin
Scala - 25 octobre 1926.
1927 - MIL NEUF CENT VINGT-SEPT
Revue d'A. Willemetz, Saint-Granier et J. Le Seyeux
Théâtre Marigny - 9 février 1927
1927 - LE DIABLE À PARIS
Opérette de R. de Flers, F. de Croisset et A Willmetz
Avec : Edmée Favart, Dranem, Aimée Simon Girard
Théâtre Marigny - 01 octobre 1927
1928 - VENISE
Opérette de d'A .Mouezy-Eon et A. Willemetz
(Dans le rôle du notaire)
Avec : Yvonne Faroche, Jane Morlet
Théâtre Marigny - Juin 1927
(Reprise 20 janvier 1928)
1928 - LA REVUE DE MARIGNY
De Saint-Granier et Jean Le Seyeux
Avec : Jane Marnac, Dranem, Saint-Granier
Théâtre Marigny - 10 mars 1928
1928 - LE DIABLE A QUATRE
Revue de Sacha Guitry.
1928 - COUPS DE ROULIS
Opérette d'A. Willemetz
D'après le roman d'André Larrouy
Musique d'André Messager
(Dans le rôle de Puy Pradal)
Avec : Pierre Magnier. Denya Nelson
Théâtre Marigny - 29 septembre 1928
1929 - MARIUS
Comédie de Marcel Pagnol
(Dans le rôle de César)
Avec : Pierre Fresnay, Orane Demazis, Charpin, Robert Vattier
Théâtre de Paris - 9 mars 1929
(Reprise en 1942, Variétés.)
1931 - CES MESSIEURS DE LA SANTÉ
Comédie de P. Armort
(Dans le rôle de Taffard)
Avec : Alerme, Charpin, Vilbert Thérèse Dorny
Théâtre de Paris - 11 avril 1931
1935 - NOIX DE COCO
Comédie de Marcel Achard
(Dans le rôle de Loulou)
Avec : Huguette Duflos, J. Bertheau, Ginette Leclerc, Alerme
Théâtre de Paris - 4 décembre 1935
1943 - FANNY
Comédie de Marcel Pagnol
(Dans le rôle de César)
Avec : Berval, Charpin, Orane Demazis, R.Vattier
(Reprise) - Variétés - 10 février 1943
1944 - LE BOURGEOIS GENTILHOMME
Comédie de Molière
(Dans le rôle de M. Jourdain)
Avec : Marie Bell, Maurice Escande, Denis d'Inès, P. Bertin
Comédie-Française - 22 mars 1944
1944 - LE MALADE IMAGINAIRE
Comédie de Molière
(Dans le rôle d'Argan)
Avec : Aimé Clariond, Julien Bertheau, Louise Conte, Denis d'Inès, Mony Dalmès
Comédie-Française - 25 octobre 1944
1945 - L'ANGLAIS TEL QU'ON LE PARLE
Comédie de Tristan Bernard
Comédie-Française - 1945

 

 

 

 

commentaires (5)

claude micai

08-09-2008 06:02:30

un des plus grands comediens .mais trilogie de pagnol trop chere ...75 euros ...

hugongerard

22-07-2010 17:09:25

Le plus grand acteur du monde , avait dit , Orson Welles , en parlant du grand Raimu .

Planchon

10-10-2010 19:59:42

D'autres timbres sur mon blog : http://albumdetimbres.blogspot.com/ Cordialement

hugongerard

14-10-2010 16:39:11

Il nous a quitté trop tôt .

nicola

18-08-2012 08:46:29

Mon dieu quel Acteur avec un grand A