PIERRE SCHOENDOERFFER

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Profession:
Réalisateur, scénariste, producteur, journaliste et romancier français.

Date et lieu de naissance:
05-05-1928, à Chamalières, Puy-de-Dôme, France.

Date et lieu du décès:
14-03-2012, à l'hôpital militaire de Percy à Clamart, Hauts-de-Seine, France.

Cause du décès:
Suites à une opération chirurgicale à l'âge de 83 ans.

Nom de naissance:
Pierre Schoendoerffer

État civil:
Marié en 1958 à la journaliste : PATRICIA CHAVEUL.
Ils eurent trois enfants : Amélie est actrice, Ludovic est réalisateur et producteur et Frédéric réalisateur également.

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Anecdotes

Marié en 1958 à Patricia, journaliste de France-Soir rencontrée en 1955 au Maroc, Pierre Schoendoerffer était père de trois enfants, tous trois versés dans le septième art : Amélie est actrice, Ludovic est réalisateur et producteur.

 

photos

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Biographie

 

Hommage à PIERRE SCHOENDOERFFER
Bande annonce de la 317ème Section.

 

 

Source : Ajout de la vidéo le 14 mars 2012 par Philippe de CinéMémorial

 

 

Être à la fois au cœur du cinéma français et, en même temps, irrémédiablement individualiste – et même, sans doute, assez seul –, telle fut la paradoxale position de Pierre Schoendoerffer, qui fut confronté, jeune, à une Histoire s'écrivant dans le sang et la violence et dont il voulut restituer, par l'écriture et l'image en mouvement, une ébauche de vérité.

Schoendoerffer occupa, dans ses années d'apprentissage, cette condition étrange qui était d'être à la fois un acteur et un observateur de son époque. Plus exactement, c'est sa qualité d'observateur qui fit, tout d'abord, de Pierre Schoendoerffer, un sujet de l'Histoire.

PRISONNIER À DIÊN BIÊN PHU

Il est d'origine alsacienne, mais il est né à Chamalières, dans le Puy-de-Dôme, le 5 mai 1928. Encore lycéen à Annecy, grand lecteur d'Herman Melville, Joseph Conrad ou Jack London, stimulé par la lecture du roman de Joseph Kessel Fortune Carrée et passionné par la mer, il s'engage dans un chalutier à voile. Mais il est surtout obsédé par un désir tenace, celui de raconter des histoires. Ainsi, hors le goût de l'aventure, son autre passion sera le cinéma.

Il se heurte à la difficulté de rentrer dans ce milieu professionnel ("C'est un château de Kafka", aimait-il dire). Il apprend, en lisant dans la presse un article consacré à la mort d'un caméraman de l'armée, l'existence d'un service cinématographique des armées. Il s'engage, effectue un stage au Fort d'Ivry et part en Indochine en 1952. Il est envoyé d'abord au Cambodge, devient caporal-chef et cameraman. Il filme les opérations militaires. Il est fait prisonnier à l'issue de la bataille de Diên Biên Phu, qui marquera la fin de la domination française sur l'Indochine, et survivra à l'épreuve d'une captivité particulièrement dure.

À son retour en France, il devient journaliste, travaille pour les actualités cinématographiques et part au Maroc, puis pour une Algérie qui commence à connaître les soubresauts sanglants de la lutte pour l'indépendance. C'est Joseph Kessel, son idole littéraire qu'il a rencontré à Hongkong après sa libération, qui lui permet de réaliser un film documentaire tiré d'un de ses propres livres, La Passe du diable, documentaire sur le jeu de bouzkachi, pratiqué en Afghanistan.

VIE MILITAIRE SUR LE TOURNAGE DE "LA 317E SECTION"

Le producteur en était George de Beauregard, à qui l'on devra aussi les premiers films de Jean-Luc Godard. Celui-ci s'attache au jeune aventurier et lui donne l'occasion de tourner deux adaptations de Pierre Loti, Ramuntcho et Pêcheurs d'Islande, en 1958. Le succès n'est pas au rendez vous, et la carrière de cinéaste de Schoendoerffer, qui a aussi commencer à écrire, est au point mort.

Beauregard, aristocrate du cinéma français, fasciné par le parcours de son réalisateur, lui permet d'adapter un récit que Schoendoerffer avait écrit en 1963 en pensant déjà à son adaptation cinématographique, La 317e section. Le tournage est pénible pour l'équipe, lâchée dans la jungle. "J'ai imposé à tout le monde la vie militaire, dira le cinéaste. Un film sur la guerre ne peut pas se faire dans le confort. Tous les matins, nous nous levions à 5 h et nous partions en expédition à travers la jungle. Nous étions ravitaillés par avion toutes les semaines. La pellicule était expédiée à Paris dans les mêmes conditions. De là-bas, on nous répondait télégraphiquement 'Bon' ou 'Pas bon'." Cela donnera un des plus grands films de guerre de l'histoire du cinéma. Une œuvre qui n'aura pas d'équivalent, et surtout pas dans le cinéma hollywoodien.

La 317e section met en scène une section de l'armée française durant la guerre d'Indochine. Celle-ci, composée d'un jeune officier, d'un sous-officier aguerri et de supplétifs locaux, est stationnée à la frontière du Laos. Elle a reçu l'ordre de se replier à 150 km au sud. Pendant ce temps, la bataille fait rage à Diên Biên Phu et le Vietminh encercle les protagonistes.

Le repli devient ainsi une longue marche, au cours de laquelle les hommes, et en particulier le lieutenant et l'adjudant, apprendront à se connaître. Sans doute n'avait-on jamais filmé la guerre à une hauteur aussi humaine, sans emphase, sans aucune considération sur les raisons du conflit et les idéologies qui lui donneraient un sens, adoptant un point de vue définitivement ancré au cœur de la troupe, face à un ennemi devenu invisible.

LES PERDANTS DE L'HISTOIRE

En restant au plus près des êtres qu'il filme, Schoendoerffer atteint à une grandeur inattendue. L'épopée métaphysique surgit derrière la sécheresse du style et l'indifférence du monde dont il témoigne. Jacques Perrin (le lieutenant Torrens) et Bruno Crémer (l'adjudant Wilsdorff) tiennent les rôles de leur vie. Le film remporte le prix du scénario au Festival de Cannes en 1965.

Après un film de hold-up plaisant mais anodin, Objectif : 500 millions, Schoendoerffer propose à Pierre Lazareff, qui dirige l'émission "Cinq colonnes à la une", de filmer une section de marines engagée au Vietnam. Cela donnera La Section Anderson, qui emporte en 1968 l'Oscar du meilleur film documentaire.

Schoendoerffer devient un écrivain reconnu. L'Adieu au roi, publié en 1969, inspirera en partie John Millius lorsqu'il écrira le scénario d'Apocalypse Now (1979).

Le Crabe-Tambour (adapté d'un de ses romans) en 1976, L'Honneur d'un capitaine en 1982, Diên Biên Phu en 1994 et enfin, Là-haut, un roi au-dessus des nuages, film-testament de 2004 (également tiré d'un de ses romans) poursuivent (avec des moyens moins radicaux que La 317e section) le roman des guerres coloniales perdues et des hommes qui les ont faites.

Le cinéma de Schoendoerffer devient le mausolée des rêves français d'une grandeur défunte et fantasmatique. Il aura mis en scène, non sans mélancolie, des perdants de l'Histoire qui sont aussi des figures que le cinéma français a, la plupart du temps, dédaignées.

 

Source : Lemonde.fr - Fait le 14 mars 2012 par Philippe de CinéMémorial.

 

 

SES RÉCOMPENSES :

 

1968 - Pour : LA SECTION ANDERSON - Oscar du Meilleur - Documentaire, États-Unis.

 

Filmographie

 

12 LONGS MÉTRAGES

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2003 - AGENTS SECRETS
Réal : Frédéric Schoendoerffer

 

2002 - LÀ-HAUT, UN ROI AU-DESSUS DES NUAGES

 

1991 - DIÊN BIÊN PHÚ

 

1989 - ADIEU AU ROI .L'
Réal : John Milius - Uniquement auteur de l'oeuvre originale

 

1983 - ALDO ET JUNIOR
Réal : Patrick Schulmann - Uniquement interprétation

 

1982 - HONNEUR D'UN CAPITAINE .L'

 

1977 - CRABE TAMBOUR .LE

 

1966 - OBJECTIF CINQ-CENTS MILLIONS

 

1964 - 317ÈME SECTION .LA

 

1958 - RAMUNTCHO

 

1958 - PÊCHEUR D'ISLANDE
Réal : Pierre Schoendoerffer

 

1956 - PASSE DU DIABLE .LA
Réal : Pierre Schoendoerffer et Jacques Dupont

 

 

2 COURTS MÉTRAGES ET 2 DOCUMENTAIRES

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1978 - PORTRAIT DE JACQUES DUFILHO
Documentaire de François Chatel

 

1966 - SECTION ANDERSON .LA
Documentaire de Pierre Schoendoerffer

 

1963 - ATTENTION… HÉLICOPTÈRE
Court métrage de Pierre Schoendoerffer

 

1957 - THAU LE PÊCHEUR
Court métrage de Pierre Schoendoerffer

 

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