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Michael Powell a dix-neuf ans lorsqu'il fait la connaissance de Rex Ingram. Il est son assistant sur le tournage de Mare Nostrum (1926) et joue dans Le Magicien (1926) et Le Jardin d'Allah (1927) sous sa direction. Cette rencontre est décisive. Il passe ensuite à la mise en scène et réalise, entre 1931 et 1936, vingt-trois longs métrages à petit budget.
En 1938, il entame une longue et féconde collaboration avec Emeric Pressburger, avec qui il fonde en 1943 sa société de production, The Archers. De 1943 à 1956, les deux hommes signent ensemble tous leurs films, toujours à contre-courant des écoles et des conformismes en vigueur, qu'ils démystifient avec une distance ironique et subtile : ainsi ce Colonel Blimp (1943), beaucoup plus nuancé que les productions patriotiques de circonstance, ou encore A Canterbury Tale (1944). De même, le romantisme de Je sais où je vais (1945), d'Une question de vie ou de mort (1946), un sommet du cinéma fantastique, et du Narcisse noir (1947), exprime la nostalgie d'un monde chevaleresque et aristocratique, alors que la Grande-Bretagne de l'après-guerre traverse une période d'austérité et de remise en question.
Et, pourtant, aucune œuvre n'est aussi spécifiquement anglaise que celle de Michael Powell, non seulement par le sens du paysage, mais aussi par le mélange fascinant de pudeur et de passion, de froideur et de violence contenue qui la caractérise. La recherche formelle atteint la perfection avec Les Chaussons rouges (1948) et Les Contes d'Hoffmann (1951), dont l'esthétisme flamboyant sert de contrepoint à une méditation tragique sur la création artistique. Séparé de Pressburger, Powell signe en 1960 un film provocant d'une noirceur quasi absolue : Le Voyeur, très mal accueilli par la critique et le public britanniques. Le film met en scène un assassin qui trouve un plaisir pervers à filmer, au moyen d'une caméra transformée en instrument de mort, l'agonie de ses victimes, afin de pouvoir se la visionner seul par la suite.
Fait le 30 décembre 2011 par Philippe de CinéMémorial.
SES RÉCOMPENSES :
Université de Kent : Diplôme en Doctorat Lettres.
1987 - Royal College of Art - Diplôme de Doctorat.
1987 - Prix Akira Kurosawa - Festival international du film de San Francisco, États-Unis.
1983 - British Film Institute - Nommé membre du BFI.
1982 - Lion d’Or - Pour l'ensemble de son œuvre - Festival du cinéma de Venise, Italie.
1981 - BAFTA - Nommé membre du BAFTA.
1978 - Université d'East Anglia - Diplôme en Doctorat Lettres.
1952 - Pour : LES CONTES D’HOFFMANN - Ours d’Argent - Meilleur film musical - Festival international du cinéma de Berlin, Allemagne.
1947 - Pour : UNE QUESTION DE VIE OU DE MORT - Bodil - Meilleur film européen, Danemark. |