MAX OPHULS

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Profession:
Réalisateur, scénariste et homme de théâtre français d'origine allemande.

Date et lieu de naissance:
06-05-1902, à Sarrebruck, Allemagne.

Date et lieu du décès:
26-03-1957, à Hambourg, Allemagne.
Il est inhumé au Cimetière du Père Lachaise, Paris, France.

Cause du décès:
D'une crise cardiaque à l'âge de 54 ans.

Nom de naissance:
Ophuls Max Oppenheimer.

État civil:
Marié en 1926 avec l'actrice : HILDEGARD WALL (1894-1980) - Jusqu'au (pas de date).
Ils eurent un enfant, le réalisateur : Marcel Ophuls, né le 01 novembre 1927.

Taille:
168 cm)

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Anecdotes

Fils d'industriels, Ophuls se tourne très tôt vers le théâtre.

Il commença sa carrière comme acteur stagiaire en 1919, mais entra dans la production théâtrale en 1924. Deux ans plus tard, il devint directeur de création du Burgtheater à Vienne.

Après avoir monté près de deux cents pièces, il se tourna en 1929 vers le cinéma en devenant chef-dialoguiste sous la direction d'Anatole Litvak à Universum Film AG (en abrégé UFA) à Berlin. Il travailla dans toute l'Allemagne et dirigea son premier film en 1931, une comédie au format de court-métrage, Dann schon lieber Lebertran.

Anticipant la menace que faisait courir la montée du nazisme, Max Ophuls, qui était juif, se réfugia en France en 1933 après l'incendie du Reichstag et devint citoyen français en 1938.

Revenu en France en 1950, il tourne encore quatre films qui constituent le sommet de son œuvre : La Ronde (1950), Le Plaisir (1952), film à sketches d'après des nouvelles de Maupassant, Madame de (1953) et, surtout, Lola Montès (1954).

 

photos

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Biographie

Hommage à MAX OPHULS dans la bande annonce de LOLA MONTÈS

 

 

Source de la vidéo : You Tube -- Ajout de la vidéo le 29 décembre 2012 par Philippe de CinéMémorial

 

 

 

François Truffaut, rejoignant sans le savoir Stanley Kubrick, l’appelait «notre cinéaste de chevet» au nom de toute une génération qui, dans les années 1950, considérait cet Allemand «le meilleur cinéaste français avec Jean Renoir». Le temps leur a donné raison, contre toute cette critique politisée qui voyait, elle, d’un mauvais œil ce réalisateur de viennoiseries apparemment futiles. Comme l’écrivit Henri Agel : «Il est arrivé à Ophuls ce qui est arrivé à Mozart. La grâce et la virtuosité d’une écriture merveilleusement souple, élégante, raffinée, ont empêché des spectateurs superficiels (et qui projetaient précisément cette superficialité sur l’objet de leur réflexion) de voir que l’élégance était ici le voile de la pudeur, le raffinement, un ruse de la sensibilité, la souplesse, le sens de la vie.»

 

Photo de Magda Schneider et de Wolfgang Liebeneiner dans le film : LIBELEI.

 

De son vrai nom Max Oppenheimer, Ophuls est né en 1902 à Sarrebrück, capitale de la Sarre, région d’Allemagne à deux pas de la France. Fils de commerçant juif, il fuit tôt un cadre familial bourgeois pour devenir acteur, puis metteur en scène de théâtre dès 1923. C’est le début d’une ascension fulgurante, qui le mène aux plus importantes scènes d’Allemagne, au Burgtheater de Vienne (où il rencontre sa femme, l’actrice Hilde Wall), puis au cinéma, peu après l’avènement du parlant. En 1933, le succès de Liebelei, d’après Arthur Schnitzler, le fait vraiment connaître.

C’est aussi le film qui fonde, tant par le style que par les thèmes, toute son œuvre à venir. Fuyant la menace nazie, il s’installe ensuite à Paris (en bon Sarrois, il a appris la langue française), devenant même un cinéaste cosmopolite puisqu’il tourne également un film en Italie et un autre aux Pays-Bas. Période de tâtonnements, dont le meilleur film n’est sans doute pas par hasard un Werther d’après Goethe, auteur qu’il vénère. Enrôlé dans l’armée française au début de la Deuxième Guerre mondiale, Ophuls doit à son métier d’échapper au pire.

 

Danièle Darrieux dans le film : LA RONDE.

 

La route de l’exil, via la Suisse, l’envoie comme tant d’autre aux Etats-Unis, où il tarde cependant à prendre pied professionnellement. Ici aussi, son meilleur film, Lettre d’une inconnue (Letter from an Unknown Woman), sera d’inspiration germanique, d’après Stefan Zweig cette fois. Puis c’est le retour en France en 1950, et une dernière période faste marquée par quatre chefs-d’œuvre : La Ronde, Le Plaisir, Madame de... et Lola Montès. Hélas, ce dernier film subit un échec commercial cuisant et Ophuls, qui souffre de faiblesse cardiaque, meurt deux ans plus tard à Hambourg, où il vient de renouer triomphalement avec le théâtre en montant «Le Mariage de Figaro» de Beaumarchais.

 

Joan Fontaine et Louis Jourdan dans le film avec :

 

De cette carrière éparpillée émerge une œuvre qui frappe pourtant par son étonnante unité d’inspiration. Cinéaste baroque, Ophuls n’est décoratif qu’en apparence et ses choix esthétiques sont également moraux. S’il affectionne les plus incroyables mouvements de caméra, c’est à la fois par préférence du plan-séquence et par désir d’ériger le mouvement comme principe même de toute vie. Cinéaste de la femme victime des hommes, de l’illusion romantique, du plaisir qui étourdit mais aussi de l’amour et du bonheur qui toujours s’échappent, du destin enfin plutôt que du hasard, il masqua (à peine) son désespoir en paraissant parfois se réfugier dans un passé chatoyant ou en donnant l’impression de préférer la surface des choses. Jusqu'à donner à voir les rouages du spectacle lui-même, pour en finir une fois pour toutes avec les apparences. Seule une rétrospective intégrale, toujours difficile à réunir du fait de l’extrême dispersion géographique de cette œuvre, peut rendre à Ophuls sa place dans l’histoire du cinéma : l’une des toutes premières.

 

Source : Extrait du bulletin de la Cinémathèque suisse, No 187 - Fait le 29 décembre 2012 par Philippe de CinéMémorial.

 

 

SES RÉCOMPENSES :

 

1966 - Prix FIPRESCI - Mention honorable pour sa carrière à titre posthume - Festival international du cinéma de Berlin, Allemagne.