JEAN SEBERG

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Profession:
Actrice, réalisatrice et productrice américaine.

Date et lieu de naissance:
13-11-1938, à Marshalltown, Iowa, États-Unis.

Date et lieu du décès:
08-09-1979, à Paris, France
Inhumée au cimetière de Montparnasse, Paris.

Cause du décès:
Overdose de barbiturique. Elle était âgée de 40 ans.

Nom de naissance:
Jean Dorothy Seberg.

État civil:
Mariée en 1958 avec le réalisateur : FRANÇOIS MOREUIL - Divorcée en 1960.

Mariée en 1962 avec le réalisateur : ROMAIN GARY - Divorcée en 1970.
Ils eurent un fils : Alexander-Diego.

Mariée en 1972 avec le réalisateur : DENNIS BERRY - Divorcée en 1978.

Mariée en 1979 avec : AHMED HASMI - Jusqu'au décès de Jean en 1979.

Taille:
(1m63)

Commentaires: 1

Anecdotes

Fille d'un pharmacien et d'une institutrice, elle fait ses études supérieures et monte pour la première fois sur scène dans la troupe théâtrale de son Université, en 1956, lorsqu’Otto Preminger la choisit pour tenir le rôle principal dans son film " Sainte Jeanne, 1957 ". Malgré une campagne publicitaire bien menée, l'œuvre ne connaît aucun succès. Mais Preminger persiste et propose à Jean Seberg la vedette de " Bonjour tristesse, 1958 ", d'après le roman de Françoise Sagan.

À la fin des années 1960, elle utilise sa célébrité pour des causes politiques, notamment celles des Amérindiens et des Black Panthers. Cet engagement la met en conflit avec le FBI ; le dirigeant, J. Edgar Hoover, demande de la neutraliser. Elle a un temps une liaison avec le militant des black panthers et président de l'Organisation de l'Unité Afro-Américaine, Hakim Abdullah Jamal, qui abandonne femme et enfants pour suivre Seberg à Paris.

 

 

photos

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Biographie

Hommage à JEAN SEBERG

Source de la vidéo : You Tube - Fait le 27 octobre 2013 par Philippe de CinéMémorial

 

Jean Seberg naît au fin fond du middle west et rien ne pouvait prédestiner cette petite fille au destin digne d'un conte de fées qui allait être le sien, et à fortiori rien au calvaire qu'allait être sa courte vie. Jean vient au monde le 13 Novembre 1938 à Marshalttown dans l'Iowa. Ses parents, déjà âgés à la naissance de la petite Jean dont des Lutheriens convaincus et si la vie n'est ni drôle ni frivole, Jean est élevée par des parents qui l'adorent et elle le leur rend bien. Jamais la famille n'aurait autorisé la jeune fille qu'elle est devenue à participer à un quelconque concours de beauté et je ne crois pas que l'idée lui en serait venue.

Mais comme toutes les adolescentes de son âge, Jean rêve au cinéma et l'annonce à laquelle elle répond est d'un autre ordre et peu faite pour choquer les âmes bien pensantes : Otto Premminger, cinéaste qui ne donne généralement pas dans la folichonnerie filmée cherche une jeune inconnue pour incarner Jeanne d'Arc. Jean envoie sa candidature, hésitant pas à se confronter à l'image de la fabuleuse Ingrid Bergman dans le rôle de la sainte et encore très vivace dans les coeurs et les esprits. Preminger a reçu plus de 18000 candidatures et rencontré une armée de jeunes filles bouleversées d'espoir et accessoirement couverte de fond de teint, de faux-cils et montées sur talons aiguilles. Lorsque la petite cambrousarde de l'Iowa fait sa timide apparition, Preminger lance : " Jeanne vient d'entrer, faites dégager les autres ". Le metteur en scène dont la réputation n'est pas non plus faite d'affabilité ni même de politesse s'empare littéralement de la jeune fille pour en faire " SA " Jeanne d'Arc.

 

La presse, comme à chaque nouvelle " découverte " suit le mouvement et très vite, Jean Seberg est le nouvel événement mondial, à côté de cela, la résurrection de la vraie sainte serait passée complètement inaperçue ! Malheureusement, Preminger rate le film, Richard Widmark est si mortifié du résultat qu'il n'ose plus sortir de chez lui. En plus d'un sujet déjà exploité, peu dans l'air de son temps et peu festif, Preminger se base sur une pièce de théâtre particulièrement pompeuse plutôt que sur la biographie de la sainte, le tout donne un film ennuyeux, bavard et prétentieux posé sur les fragiles épaules d'une Jean Seberg qui n'a ni le métier ni la présence d'une Ingrid Bergman ou d'une Renée Falconetti, les " Jeanne " précédentes. Une seule scène sera sauvée grâce à son réalisme : la fameuse scène du bûcher, car Jean sera réellement brûlée au visage et aux mains. Pour Jean, déjà le ciel se couvre, elle n'a pas vingt. Otto Preminger avait engagé sa découverte pour deux films, le suivant se tournerait sur le cote d'Azur, une adaptation haute en couleurs et riche de noms prestigieux du roman de Françoise Sagan : " Bonjour Tristesse ".

Le tournage sur la côte d'Azur fut l’événement de la saison : David Niven, Deborah Kerr, Mylène Demongeot et la nouvelle star Jean Seberg en tournage sur la Riviera Française avec Françoise Sagan qui hante les lieux et surveille ce que l'on fait de ses écrits. Si elle a visionné le ratage " Jeanne d'Arc ", nul ne songera à l'en blâmer ! Très " Dolce-Vita Tropézienne, le tournage fut vécu comme un conte de fées par Jean qui venait de rencontrer le très mondain François Moreuil. Journaliste très " up to date ", François Moreuil épousa Jean Seberg en 1958.

Le film, il faut le reconnaître, n'est pas très réussi, Jean n'a aucune chance face à Deborah Kerr, une des comédiennes les plus fines et les plus aguerries de l'écran mondial et Mylène Demongeot dans un rôle bien plus pin-Huppé, belle à ravir, blonde en diable et bronzée à souhaits fleurit sur toutes les couvertures de magazines du monde entier, tellement plus décorative et émoustillante que Jean Seberg déjà qualifiée par certains d' "anti-femme ".

Grâce à Sagan, le technicolor et la côte d'Azur, le film connaîtra un succès plus honorable que " Jeanne d'arc " mais ne fera pas de Jean Seberg une nouvelle idole des foules. Avocat s'improvisant agent, scénariste, producteur voire metteur en scène, François Moreuil pri en mains la carrière de sa jeune épouse, se sentant soudain devenir pygmalion, il n'entraîna son Elisa Doolitle que dans un gouffre d’indifférence.

C'est Jean-Luc Godard qui, sans doute interpellé par cette image d' " anti-femme " fera de Jean Seberg une star, mieux, il fera d'elle l'égérie d'un nouveau cinéma, l'égérie de la " Nouvelle Vague " en faisant de Jean la petite vendeuse de l'Herald Tribune dans " A Bout de Souffle ". Le succès interplanétaire du film révolutionna l'univers du cinéma, fit de Jean une véritable icône intellectualisée, mais comme un des principes fondamentaux de la nouvelle vague était de se passer de stars, Godard ne fit plus appel à Seberg…mais fit tourner Bardot (contradiction, quand tu nous tiens !). Jean Seberg devint une star, la star 1960. Sa coupe courte revisitée par Jean-Marc Maniatis devint un must incontournable, l'anti-thèse de la tignasse à la Bardot, l' "anti-femme " devenait le top du chic pour la génération sixties, le look Jean Seberg allait faire long feu, n'est-ce pas Cécile de France ?

François Moreuil divorça d'une femme plus célèbre que lui après avoir activement travaillé à l'élaboration du projet de Godard. Jean Seberg se sent heureuse, adoptée par la France, elle est d'ailleurs la seule actrice américaine de ma connaissance à être devenue une actrice Française. Libre, riche, belle célèbre, Jean Seberg vit sa vie comme un contes de fées mais va faire une rencontre qui va lui dessiller les yeux et bouleverser son destin à jamais : celle de l'écrivain Romain Gary.

En 1962, Jean épouse l'illustre écrivain de 24 ans son aîné et devient pour l'état civil madame Roman Kacew, véritable patronyme de l'auter des " Promesses de l'Aube ". Jean se fiche bien de cette différence d'âge et son bonheur éclate lors de son voyage de noces à Venise où l'écrivain lui offre la traditionnelle ballade en gondole sous le pont des soupirs.

L'année suivante, en 1963, le couple a un fils : Alexandre Diego. Romain Gary, depuis longtemps s'engage dans des causes qu'il considère justes et dignes d'être dénoncées sinon défendues. C'est en sa compagnie que Jean prendra conscience des inégalités sociales et découvrira horrifiée l’existence des " chiens blancs ", sujet du prochain livre de son mari : ces chiens d'attaque dressés à attaquer les noirs. Mais si l'écrivain sait manier la plume et véhiculer informations et émotions de manière pertinente, Jean avec la fougue de sa jeunesse et forte de sa célébrité monte au créneau et défend haut et fort les opprimés d'Amérique, noirs et Amérindiens tous ensemble. Il serait mal venu de la part de l'écrivain de museler sa tempétueuse épouse, il va laisser Jean se brûler les ailes.

Comme avec Jane Fonda, le gouvernement américain va utiliser l'arme Hollywoodienne pour tenter de museler la nouvelle égérie de la cause noire. Jean reçoit des propositions de tournages dans des films de prestige aux cachets assortis.

Elle fait les films, certes, mais continue ouvertement à financer " ses " causes comme les " Black panthers ". Elle n'a pas la discrétion d'un Charlton Heston ni la prudence d'une Jane Fonda qui sait se taire au moment opportun en maîtrisant ses dires et ses abdominaux, Jean Seberg entre dans le collimateur du gouvernement Américain. Sa vie va devenir un enfer, enfer qu'elle n'était pas prête à affronter, Jean n'est pas de taille et est loin de s'imaginer l'amplitude des moyens qui vont être mis en place pour neutraliser ses jugements.

Le point culminant de la guérilla entre Jean et les USA c'est la campagne de presse diffamatoire qui va être menée contre elle et qui la mettra définitivement au tapis. Ayant appris par ses écoutes téléphoniques devenues une tradition que l'actrice était enceinte, le gouvernement mobilisera la presse mondiale autour d'un scandale monté de toutes pièces : " Jean Seberg, l'épouse de Romain Gary attend un enfant dont le père est un Black Panther "

Deux ans plus tôt, le film que mit en scène Roamin Gary avec Jean : " Les Oiseaux vont Mourir au Pérou " fut le premier film à être classé X sur le territoire américain. Considéré pornographique, le film réunissait Jean, Pierre Brasseur et… Danielle Darrieux !!! Jean aurait accepté que son enfant soit vert ou bleu, mais c'est son intégrité qui est traînée dans la boue, son mariage devient une comédie, Romain Gary un cocu même si le couple est alors en pleine procédure de divorce et ses prises de positions politiques une excuse à l'accomplissement de ses fantasmes sexuels. Si cela avait été la vérité, Jean Seberg aurait elle-même convoqué la presse en déclarant : " Mon enfant sera noir, ou en tous cas beige et j'en suis immensément fière ! ". Mais ce n'était pas le cas. Jean se défendit. En vain.

Jean avouera que le père de son enfant est son amant mexicain Carlos Navarra, étudiant révolutionnaire et bien connu lui aussi du FBI. Anéantie par la campagne de diffamation dont elle est la cible, Jean Seberg s'effondre et met au monde une petite fille prématurée qu'elle baptise Nina, prénom de la mère de Romain Gary pour qui il écrivit " Les Promesses de l'Aube ". Nina qui ne vivra que deux jours. Avec l'énergie du désespoir, Jean va organiser une conférence de presse où tous les journalistes vont se précipiter, ignorants qu'ils sont encore des événements tragiques des dernières 48 heures. Jean leur présentera le cadavre de sa petite fille blanche et exigera justice, accusant publiquement le FBI et la presse de la mort de sa petite Nina.

Peu confiante dans l'honnêteté des journalistes capables selon elle de jurer sur leur vie que sa fille était noire comme du charbon, la petite Nina sera exposée dans un cercueil de verre durant les cérémonies funèbres. Divorcée de Romain Gary, Jean se remariera mais ne surmontera jamais la mort de sa fille et incapable d'accepter les circonstances qui ont conduit son enfant à la tombe, Jean Seberg sombre dans la dépression, drogue et alcool deviennent son lot quotidien, un quotidien ponctué de quelques tentatives de suicides , toujours en Août, époque de la mort de la petite Nina. Parfois la belle actrice refera surface, annonçant ses projets, belle et reprise en mains par Maniatis, s'affichant avec des garçons plus jeunes qu'elle.

Elle se remariera avec le réalisateur Denis Berry en 1972 mais malgré ses tentatives pour refaire surface et vivre enfin heureuse, la fêlure est trop profonde, Jean Seberg n'y arrive pas. Complètement désargentée, elle occupera longtemps un appartement dans la cour de l'immeuble où vit Romain Gary et son fils Diego, parfois ils la voient passer, rayonnante puis elle disparaît plusieurs jours, ensuite encore le téléphone sonne, Jean s'est jetée sous le metro et a été sauvée in extremis. Le Mois d'Août 1979 lui fut sans doute plus intolérable que les autres, séparée de Berry, elle vivait avec un certain Ahmed Hasni qui l'avait battue à plusieurs reprises.

Depuis plusieurs jours elle ameutait ses connaissances par téléphone, suppliant qu'on lui vienne en aide car " ils "allaient lui coller un trafic de drogue sur le dos. Personne ne réagit, les " crises " de la Seberg devenaient coutumières. Même les black panthers s'étaient débarrassés de cette égérie devenue plus encombrante qu'efficace. Maintenant que la cause noire avait fait de nets progrès, on n'allait pas se mettre à baiser les pieds de cette femme plus pâle encore que la plupart des blancs.

Elle partit un matin avec seulement une bouteille d'eau à la main et ne revint pas.
Portée disparue, Jean Seberg fut retrouvée morte le 30 Août, enroulée dans un plaid écossais sur la banquette arrière de sa petite R5 blanche.
Elle avait succombé à une overdose de barbituriques mélangés à de l'alcool.
Sa mort remontait à 11 Jours.
Ainsi la Sainte Jeanne de Preminger connaissait une des morts les plus solitaires et les plus sordides du cinéma Français.

Elle avait 40 ans.
Un an plus tard Roman Gary se suicidait à son tour en spécifiant par écrit que son acte n'avait rien à voir avec la mort de Jean Seberg " Que les amateurs de grandes passions tragiques aillent voir ailleurs "

Denis Berry se remariera en 1972 avec une autre égérie de Godard : Madame Anna Karina.

Alexandre Diego Gary intentera plusieurs procès pour le respect dû à la mémoire de ses parents et vit aujourd'hui à Barcelone.

Jean repose au cimetière Montmartre.

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Source : Céline Colassin de Cinévedette -
Fait le 08 septembre 2008 par Philippe de CinéMémorial.

 

Filmographie

 

37 LONGS MÉTRAGES DÉTAILLÉS
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1979 - LÉGION SAUTE SUR KOLWEZI .LA

 

1979 - BLEU DES ORIGINES .LE

 

1976 - CANARD SAUVAGE .LE

 

1974 - GRAND DÉLIRE .LE

 

1974 - HAUTES SOLITUDES .LES

 

1974 - BIANCHI CAVALLI D'AGOSTO

 

1973 - PRIS AU PIÈGE

 

1973 - CORRUPTION DE CHRIS MILLER .LA

 

1972 - QUESTA SPECIE D'AMORE

 

1972 - TUEURS À GAGES .LES

 

1972 - ATTENTAT .L'

 

1970 - POLICE MAGNUM

 

1970 - MACHO CALLAHAN

 

1970 - AIRPORT

 

1969 - VAGUE DE CHALEUR

 

1969 - KERMESSE DE L'OUEST .LA

 

1968 - NUIT SANS TÉMOIN .LA

 

1967 - OISEAUX VONT MOURIR AU PÉROU .LES

 

1967 - ROUTE DE CORINTHE .LA

 

1966 - ESTOUFFADE À LA CARAÏBE

 

1966 - LIGNE DE DÉMARCATION .LA

 

1966 - HOMME À LA TÊTE FÊLÉE .L'

 

1965 - MILLIARD DANS UN BILLARD .UN

 

1964 - CHOC

 

1964 - ÉCHAPPEMENT LIBRE

 

1964 - PLUS BELLES ESCROQUERIES DU MONDE .LES

 

1963 - LILITH

 

1963 - À LA FRANÇAISE

 

1961 - CONGO VIVO

 

1960 - AMANT DE CINQ JOURS .L'

 

1960 - GRANDES PERSONNES .LES

 

1960 - ÉTRANGE DESTIN DE NICKY ROMANO .L'

 

1960 - À BOUT DE SOUFFLE

 

1960 - RÉCRÉATION .LA

 

1959 - SOURIS QUI RUGISSAIT .LA

 

1958 - BONJOUR TRISTESSE

 

1957 - SAINTE JEANNE

 

1 COURT MÉTRAGE ET 2 DOCUMENTAIRES
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1998 - PHILIPPE GARREL, ARTISTE
Documentaire biographique de 48 Mn. - De Françoise Etchegaray
Avec Tina Aumont, Maurice Garrel, Philippe Garrel, Nico

 

1995 - JEAN SEBERG : AMERICAN ACTRESS
Documentaire de 97 Mn. - De Donatello Dubini et Fosco Dubini

 

1974 - BALLAD FOR BILLY THE KID
Court métrage de 19 Mn. - Réal+Prod+Scén+interprétation
Avec Jean-François Ferriol, Jacques Robiolles

 

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commentaires (1)

crepier

21-02-2009 22:59:04

Emouvant, je viens de voir les photos,j'ai vraiment eut l'impression de voir ma mère étant jeune, ma mere à 63 ans, elle a toujours la meme coupe de cheveux depuis 40 ans, les memes yeux, la meme forme de visage, le meme nez, c'est troublant pour moi qui suit la fille, et cette fragilité, cette feminité, avec ce coté fonceuse, cela fait plaisir de voir ces belles photos, je regarde avec maman ses propres photos, elles me parle souvent de jane mais je n'y pretais pas attention jusqu'à ce que je vienne par curiosité visité ce site, elle a raison c'est frappant, ont dirait 2 soeurs, ou la meme personne, voilà bonne soirée.Chrystèle la fille d'Isabelle