JEAN HERMAN

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Profession:
Réalisateur, scénariste et dialoguiste français.

Date et lieu de naissance:
17-05-1933, à Pagny-sur-Moselle, en Meurthe-et-Moselle, France.

Date et lieu du décès:
16-06-2015, à Gradignan, en Gironde, France.

Cause du décès:
De mort naturelle à l'âge de 82 ans.

Nom de naissance:
Jean Georges Hubert Herman. Aussi sous le nom de : Jean Vautrin.

État civil:
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Anecdotes

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Biographie

Homme de lettres et de cinéma, Jean Vautrin est mort mardi 16 juin à l'âge de 82 ans. Né à Pagny-sur Moselle (Meurthe-et-Moselle) le 17 mai 1933, Jean Herman, de son vrai nom, se bat dès l'enfance pour faire sonner ce patronyme à la française (« Herman comme “maman” ») refusant l'assimilation au monde allemand si proche et si brun.

Son ascendance, de fait, vient d'ailleurs. Son père, Raymond, est né à Arras (Pas-de-Calais). Son grand-père travaillait dans les mines de Lens et, en bon « enfant de Jaurès », croyait à la justice sociale ; sa grand-mère assurait la direction d'une école maternelle. Fruits de la méritocratie, leurs fils deviennent ingénieur des mines et, comme Raymond, médecin. C'est le service armé qui le conduit dans l'Est, où il s'éprend d'une Alsacienne dont la famille s'est faite lorraine par haine des Prussiens. Alors « Herman » prononcé à l'allemande, c'est impensable.

Comme le médecin s'établit en Bourgogne quand Jean n'a pas 4 ans, l'enfant grandit à Vermenton, dans l'Yonne, y vit l'Occupation, tandis que son père, aux premières loges de l'horreur, sombre dans la neurasthénie. Lui engrange les expériences de l'effroi et de l'héroïsme de hasard, « chouravant sa baïonnette » à un soldat allemand. Avec la fin de la guerre, il entre, pensionnaire, au lycée Jacques-Amyot d'Auxerre, à la rentrée 1944. Il y côtoie Jean-Paul Rappeneau, futur réalisateur, Jean-Pierre Soisson, futur homme politique, et Jean-Louis Scherrer, futur grand couturier, à peine plus jeunes.

Assistant réalisateur de Rossellini

Au terme d'une scolarité sans histoires — même s'il se rappelle la cruauté du bizutage et, aussi essentielle, la magie du ciné-club, associée aux premières amours, puisqu'il racontera avoir perdu son pucelage au sortir de la projection du Cuirassé Potemkine —, il entreprend des études de lettres, mais opte bientôt pour le cinéma.

Reçu major au concours de l'Idhec (Institut des hautes études cinématographiques), il gagne l'Inde en 1955, où il est un temps lecteur de littérature française à l'université de Bombay et fait étudier Diderot. C'est là qu'il apprend, au contact du peuple indien, la tolérance. Il réalise deux courts-métrages, Chowpatty et Sirsod, village indien. Il accompagne en 1957 Roberto Rossellini sur le tournage d’India, Mahi Bhumi (Inde, terre mère), mélange de documentaire et de fiction, sans acteurs professionnels.

Herman, qui compte bientôt au nombre des assistants réalisateurs du maître, en apprécie « la faculté douce et insinuante de s'installer dans le cœur ou le cerveau des gens et de vivre leurs tâtonnements, leurs hésitations, leurs doutes, en un mot, leur monde intérieur ». Quel que soit son choix d'écriture, il en retiendra la leçon.

Viscéralement anticolonialiste

De retour d'Asie, il coréalise dès 1958, avec Claude Choublier, journaliste à France-Observateur, un premier court-métrage d'animation d'après les dessins de Bosc, Voyage en Boscavie, distingué par le prix Emile-Cohl, avant d’effectuer son service militaire en plein conflit algérien (1959-1961). Viscéralement anticolonialiste, il refuse la simulation pour tenter d'être réformé (« ce n'est guère dans ma culture ») et décline le peloton des élèves officiers pour n'être que simple soldat. Cela lui vaut une première affectation éprouvante en bataillon semi-disciplinaire à Montluçon, avant de pouvoir rejoindre, au fort d'Ivry (Val-de-Marne), le Service cinématographique des armées. Cette fonction le conduira en Algérie, où il filme, en 1960, l'explosion de la première bombe atomique française.

Des courts-métrages qu'il réalise une fois libéré de ses obligations militaires (Actua-Tilt, Les Fusils..., certains sont primés encore (La Quille, 1961, distingué à la Mostra de Venise), mais c'est Twist Parade (1962), où Herman télescope l'univers des yéyés et des starlettes et celui des guerres et des actions répressives qui marque les esprits (prix du meilleur documentaire au festival d'Oberhausen en 1963).

Si Herman ne renie rien de ses convictions — sorti en 1962 sous le titre Bon pour la vie civile, son moyen-métrage sur un couple de blousons noirs est censuré et subit une amputation d'une douzaine de minutes avant de ressortir en salles l'année suivante, retitré Le Chemin de la mauvaise route pour dissiper tout malentendu —, il séduit par son professionnalisme.

César du meilleur scénario en 1982

Assistant de Jacques Rivette sur le premier film du réalisateur, Paris nous appartient, il travaille aussi sur Le Jour le plus long (1962), même s'il n'est, comme tant d'autres sur ce film monstre, pas crédité au générique. De même lorsqu'il réalise pour la Metro Goldwyn Mayer quelques séquences parisiennes des Quatre Cavaliers de l'Apocalypse, de Vincente Minnelli (1962).

S'il passe à la réalisation — cinq films, du Dimanche de la vie (1967), adapté du roman de Raymond Queneau, à L'Œuf (1972), d'après la pièce de Félicien Marceau, en passant par Adieu l'ami (1968), Jeff (1969) et Popsy Pop (1971) —, Jean Herman s'éloigne du 7e art, même s'il y collabore encore une quinzaine d'années, se limitant au travail de scénariste. Pour Claude Pinoteau (Le Grand Escogriffe, 1976) ; Georges Lautner (Flic ou voyou, 1979, Le Guignolo, 1980) ; Yves Boisset (Canicule, 1984, Bleu comme l'enfer, 1986) ; Gilles Béhat (Rue Barbare, 1984, Urgence,1985, Charlie Dingo,1987) ; Jacques Deray (Le Marginal, 1983, où il fait même une apparition ; pour Claude Miller aussi, où son travail pour Garde à vue (1981) lui vaut de partager avec le réalisateur et Michel Audiard le César 1982 du meilleur scénario.

Energie narrative et fibre feuilletonesque

C'est qu'au tournant des années 1970, Jean Herman décide de se consacrer à la littérature. Pour vivre une autre aventure que le travail d'équipe, ce qu'est fondamentalement l'engagement cinématographique. Avec la même envie d'ausculter et de bousculer les genres. Lui qui avait d'emblée envisagé le montage comme révélateur de modernité, source de vérité par les déflagrations qu'il permet, avant de croiser les langages de l'écrit et de l'image en adaptant des maîtres écrivains, venait d'achever son état des lieux du 7e art en disséquant, réalisateur, scénariste ou dialoguiste, la mécanique du cinéma de genre. Fort d'un parcours biographique singulièrement plus ouvert que celui de ses confrères — de l’Inde à l'Afrique, du Maghreb au Venezuela —, Herman va nourrir « Vautrin ». Lui insuffler l'énergie narrative et préciser sa fibre feuilletonesque.

Et d'entrée, il choisit la « série noire » pour ancrer sa comédie humaine. Car c'est sous les auspices de Balzac qu'il s'inscrit, adoptant pour nom de plume Vautrin, le plus fameux des noms d'emprunt de l'ancien bagnard et chef de pègre Jean Collin, personnage clé de l'univers balzacien. Ambigu et masqué, terrible et séducteur, figure matrice du roman noir. Une façon de choisir son camp. Du côté des paumés et des laissés-pour-compte, infirmes ou pourris, arrivistes ou largués, noyés dans le cancer des villes, minés par la folie ordinaire, l'indifférence à l'œuvre, la « connerie blanche et honte tricolore ».

Avec une langue âpre et percutante, brouillant pistes et palettes, du trivial au poétique, du vulgaire à l'onirique ; une écriture qui bouscule et secoue, déferle et s'autorise les suspens pour repartir au galop, bride abattue et train d'enfer. Tout ce qu'exige le récit cavalcadant au risque de désarçonner. Car les colères de l'écrivain emportent tout et se révèlent souvent contagieuses.

Science pyrotechnique

C'est ainsi que Vautrin apparaît avec A bulletins rouges (1973), roman cynique mais pas désespéré, drôle aussi même quand la violence butée est la seule réponse à l'absurdité environnante. Suivent Billy-Ze-Kick (1974), premier grand succès public, adapté par Gérard Mordillat au cinéma en 1985, Mister Love (1977), Typhon gazoline (1977), Bloody Mary (1979), Groom (1981) et Canicule (1982), dont il cosigne, sous le nom d'Herman, l'adaptation cinématographique deux ans plus tard.

Mais, en marge de ces romans qui tranchent par leur humour comme par leur noirceur absolue, un autre Vautrin pointe déjà avec Patchwork (1983), offrant une douzaine de variations sur l'impossible salut dans un monde marqueterie de hantises qui lui vaut l'année suivante le prix des Deux-Magots, La Vie ripolin surtout (1986), retour biographique d'une splendeur inattendue, la nudité du désarroi et le saccage de l'espérance augurant mal d'un apitoiement insupportable.

Mais c'était compter sans la science pyrotechnique de l'écrivain qui apprivoise l'émotion, la rapte et la fait valser avec une maestria confondante. L'opus suivant, Un grand pas vers le Bon Dieu (1989), rêve d'épopée fondatrice et laboratoire de la langue, décroche le Graal, consacré à la fois par le jury Goncourt et le prix Goncourt des lycéens.

Goût du feuilleton

Symphonie Grabuge (1994) couronné par le prix du roman populiste, Le Roi des ordures (1997) — son retour au polar —, Le Cri du peuple (1998), fresque sur la Commune, adaptée plus tard en bande dessinée par Jacques Tardi (4 vol. 2001-2004), qui vaut à Jean Vautrin d'être — le seul encore à ce jour — lauréat du prix Louis-Guilloux 1999 pour l'ensemble de son œuvre, jusqu'au Journal de Louise B. (2002), qui rappelle les coups de gueule des premières fictions, avec cette énième incarnation des résistances au naufrage sociétal : les romans d'après le Goncourt montrent que les lauriers n'influent aucunement sur la ligne esthétique et éthique de l'écrivain.

Cependant le goût du feuilleton ne l'a pas quitté. Et tandis qu'il s'engageait sur la voie plus personnelle de La Vie ripolin, Jean Vautrin invente avec Dan Franck le personnage de Blèmia Borowicz, dont le modèle assumé est Robert Capa, « Boro reporter photographe » pour faire court, qu'il promène sur le théâtre du monde depuis les premiers jours du Reich (La Dame de Berlin, 1987). Huit livraisons à ce jour, avec, dernier jalon en date, La Dame de Jérusalem, paru en 2009 et situé dans l'immédiat après-guerre. Dans le même esprit, mais plus offensif, Vautrin signe seul Quatre soldats français (4 vol., 2004-2012), où une fois encore la Grande Guerre s'invite en macabre majesté.

Car l'énergie créatrice va de pair avec une colère inextinguible chez Vautrin, et la rage se fait jubilation, ne désarmant jamais. La leçon de La Vie ripolin ne peut se perdre. Et si, préfaçant en 1980 Le Loup par les oreilles, de Frédéric H. Fajardie (Néo, 1980), Vautrin s'enthousiasmait : « Vous n'échappez pas à Fajardie », gageons que le lecteur contemporain, citoyen en panne de rêve et de générosité, aura tout à gagner à se ressourcer à la compassion féroce de celui qui porte Le Cri du peuple.

 

Source : Philippe-Jean Catinchi pour : LeMonde - Fait le 20 juin 2015 par Philippe de CinéMémorial.

 

Filmographie

 

21 LONGS MÉTRAGES
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2000 - SUSPICION

 

1987 - CHARLIE DINGO

 

1985 - BLEU COMME L'ENFER

 

1985 - BILLY ZE KICK
Réal : Gérard Mordillat - Uniquement auteur de l'oeuvre originale et l'Interprétation

 

1984 - URGENCE

 

1983 - RUE BARBARE

 

1983 - MARGINAL .LE

 

1982 - CANICULE

 

1981 - GARDE À VUE

 

1980 - GUIGNOLO .LE

 

1979 - FLIC OU VOYOU

 

1979 - ENTOURLOUPE .L'

 

1976 - GRAND ESCOGRIFFE .LE

 

1971 - OEUF .L'

 

1970 - POPSY POP

 

1969 - DECAMERON '69
Réal : Bernard Clarens, Louis Grospierre, Jean Herman et Serge Korber

 

1968 - JEFF

 

1968 - ADIEU L'AMI

 

1965 - DIMANCHE DE LA VIE .LE

 

1961 - JOUR LE PLUS LONG .LE
Uniquement Assist-Réalisateur (Non crédité au générique)

 

1958 - PARIS NOUS APPARTIENT

 

COURTS MÉTRAGES ET DOCUMENTAIRES
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2002 - MICHEL AUDIARD ET LE MYSTÈRE DU TRIANGLE DES BERMUDES
Documentaire de François-Régis Jeanne et Stéphane Roux - Uniquement l'interprétation

 

1964 - PIF LE CHIEN
Court métrage de Jean Herman

 

1963 - ENQUÊTE À RENNES
Court métrage de Jean Herman

 

1962 - TWIST PARADE
Court métrage de Jean Herman + Scénario

 

1962 - CHEMIN DE LA MAUVAISE ROUTE .LE
Documentaire de Jean Herman

 

1962 - CINÉMATHÈQUE FRANÇAISE
Court métrage de Jean Herman + Scénario

 

1961 - QUILLE .LA
Court métrage de Jean Herman + Scénario

 

1961 - PREMIERS JOURS .LES
Court métrage de Jean Herman

 

1961 - FUSILS .LES
Court métrage de Jean Herman

 

1960 - ACTUA-TILT
Court métrage de Jean Herman

 

1959 - VOYAGE EN BOSCAVIE
Court métrage de Claude Choublier et Jean Herman

 

1959 - SURVIE EN BROUSSE
Court métrage de Jean Herman

 

1959 - REGGANE À L'HEURE H
Court métrage de Jean Herman

 

1958 - COUP DE MAIN .LE
Court métrage de Jean Herman

 

1958 - VOYAGE EN BOSCAVIE
Court métrage de Claude Choublier, Jean Herman

 

1958 - INDE, TERRE MÈRE
Documentaire de Roberto Rosselini - Uniquement Assistant réalisateur

 

SA PARTICIPATION POUR LA TÉLÉVISION
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2011 - ÉTÉ DES LIP .L'
Téléfilm de Dominique Ladoge - Uniquement le scenario

 

1991 - BERLIN LADY
Série TV de Pierre Boutron - Uniquement le Roman

 

1986 - SÉRIE NOIRE
Série TV - Uniquement l'interprétation pour l'épisode : LA NUIT DU FLINGUEUR

 

1985 - INTRIGUES
Série TV - Uniquement le scenario

 

1980 - JEAN-SANS-TERRE
Téléfilm de Gilles Grangier - Uniquement l'adaptation et le dialogue

 

1979 - MISS
Série TV de Roger Pigaut - Uniquement le Scénatio et le dialogue

 

1979 - HISTOIRES INSOLITES
Série TV - Uniquement l'adaptation et le dialogue pour l'épisode : LE LOCATAIRE D'EN HAUT

 

1978 - INSULAIRES .LES

 

1977 - BANLIEUE SUD-EST

 

1975 - PEUPLIERS DE LA PRÉTENTAINE .LES
Série TV de Jean Herman plus le scénario

 

1975 - GRANDS DÉTECTIVES .LES
Série TV de Jean Herman plus le scénario pour l'épisode : MONSIEUR LECOCQ

 

1974 - COMTE YOSTER A BIEN L'HONNEUR .LE
Série TV de Jean Herman plus le scénario pour les 2 épisodes : DER PAPAGEIENKÄFIG et DAS SPIEL MIT DEM TODE

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