JEAN GABIN

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Profession:
Acteur et chansonnier français.

Date et lieu de naissance:
17-05-1904, à Paris, France.

Date et lieu du décès:
15-11-1976, à l'hôpital Américain de Neuilly-sur-Seine, Hauts-de-Seine, France.

Cause du décès:
D'une crise cardiaque à l'âge de 71 ans.

Nom de naissance:
Jean Alexis Gabin Moncorgé.

État civil:
Marié en 1925 avec l'actrice : GABY BASSET - divorcé en 1930
GABY est décédée en 2001.

Marié en 1933 avec la meneuse de revue : JEANNE MAUCHAIN - divorcé en 1939).

Liaison en 1937 avec l'actrice : MIREILLE BALIN.

Liaison en 1939 avec l'actrice : MICHELE MORGAN - jusqu'en 1940

Liaison en 1941 avec l'actrice : MARLENE DIETRICH - jusqu'en 1947

Marié le 28 mars 1949 avec le mannequin : DOMINIQUE FOURNIER - jusqu'au décès de Jean en 1976).
Dominique Fournier est décédée en 2002. - Ils eurent trois 3 enfants.
Florence (1950), Valérie (1952), et Mathias (1956).

Les autres enfants de Jean Gabin : Mary Moncorgé, Cleia Moncorgé et Alexis Moncorgé.

Liaisons probable : GINGER ROGERS, SIMONE SIMON.

 

Taille:
(170 cm)

Commentaires: 17

Anecdotes

Fils de Ferdinand Joseph Gabin Moncorgé et d'Hélène Petit, qui était chanteurs de café-concert.

Le 17 mai 1904, il naît à Paris, au 23 boulevard Rochechouart, sous le nom de Jean Alexis Gabin Moncorgé.

Il a six frères et soeurs aînés. Il passera son enfance et son adolescence à la campagne pour laquelle il gardera toute sa vie une profonde affection, dans le petit bourg campagnard de Mériel du Val-d'Oise.

1919 : Alors qu'il a 15 ans, sa mère décède. Il est mauvais élève et délaisse le lycée Janson-de-Sailly à Paris où il est inscrit et enchaîne les petits métiers, garçon de bureau à la compagnie parisienne d'électricité, cimentier à la gare de la Chapelle, manoeuvre dans une fonderie, magasinier aux magasins d'automobiles de Drancy, vendeur de journaux.

1924 et 1925 il fait son service militaire dans la marine militaire, et pendant une permission du début de l'année 1925 il épouse une admiratrice, la future actrice Camille Basset, dite Gaby, avec qui il n'aura pas d'enfant.

1928 : Il devient partenaire de Mistinguett, qui vient de rompre avec Maurice Chevalier, au Moulin-Rouge et au Bouffes-Parisiens dont le directeur est le célèbre auteur de l'époque Albert Willemetz.

Le 20 novembre 1933, il épouse à Paris 16ème Jeanne Mauchain, meneuse de revue et danseuse nue du Casino de Paris, connue sous le nom de Doriane Mauchain (Son père décède trois jours avant son mariage).

Le 2 septembre 1939, il est mobilisé dans la marine de guerre à Cherbourg, pendant la Seconde Guerre mondiale. Il obtient une permission exceptionnelle pour terminer le film Remorques avec Michèle Morgan. Ils ont une brève idylle.

Sa deuxième épouse Jeanne Mauchain était une ancienne fille de choeur du casino de Paris. Après leur divorce, il a été condamné à lui payer 60 millions d'anciens francs Français.

Le 18 janvier 1943, il divorce de sa seconde épouse Jeanne Mauchain et, déjà très célèbre, il s'engage dans les Forces françaises libres du Général de Gaulle et participe à la victoire des alliés comme second maître chef du char Le Souffleur du Régiment blindé des fusiliers marins de la 2eme DB du général Leclerc. Il est décoré de la médaille militaire et de la Croix de guerre. Il restera toute sa vie très attaché à la marine.


Pépé le Moko, avec Line Noro, de Julien Duvivier, 1937.

1949 : Il se marie avec Christiane Fournier, dite Dominique, mannequin chez le couturier Lanvin, qui a déjà un fils Jacki et avec qui il a trois enfants : Florence Moncorgé-Gabin (1950), Valérie (1952) et Mathias (1956).

1952 : Il réalise un de ses rêves d'enfant en investissant le restant de sa vie toute sa fortune au fur et à mesure dans le domaine de " La Pichonnière " à Moulins-la-Marche dans l'Orne, en Normandie, sur lequel il fait construire " La Moncorgerie ". Il se lance dans l'élevage de près de 300 bovins et d'une écurie d'une quinzaine de chevaux de course pour assouvir sa passion pour l'élevage de chevaux.

Le 15 novembre1976, alors qu'il vient juste de décider la vente de son domaine Normand de La Pichonnière, il meurt d'une crise cardiaque (il avait eu une alerte en 1973 lors du tournage de deux hommes dans la ville de José Giovanni) à l'âge de 72 ans à l'hôpital américain de Neuilly-sur-Seine. Ses cendres seront dispersées dans la mer d'Iroise, selon ses dernières volontés, à vingt milles au large des côtes bretonnes.


La bête humaine, avec Simone Simon, de Jean Renoir, 1938.

1981 : Le Monde du Cinéma lui rend hommage en créant le Prix Jean Gabin, récompense décernée tous les ans depuis aux meilleurs espoirs masculins du Cinéma Français.

1992 : La commune de Mériel du Val-d'Oise, la commune de son enfance, a ouvert un musée qui lui est dédié.

 

RÉPLIQUES CÉLÈBRES.

Dans Quai des brumes, il murmure " T'as d'beaux yeux tu sais!..." à Michèle Morgan. Dans Le Pacha, il prononce cette fameuse phrase de Michel Audiard : " Quand on parle pognon, à partir d'un certain chiffre tout le monde écoute ".

Dans Le Gentleman d'Epsom, il adresse à Jacques Marin cette extraordinaire tirade toujours de Michel Audiard : " Nous n'avons pas appris le cheval dans les mêmes écoles, pendant que j'étais à Saumur vous étiez à Vaugirard... Alors brisons là voulez vous, Monsieur, chacun dans sa sphère, et je vous prierai de ne plus m'adresser la parole, même de loin ".


Dans Un singe en hiver de Henri Verneuil, il a cette célèbre longue tirade de Michel Audiard pendant une cuite d'anthologie : " Le Yang Tsé Kiang n'est pas un fleuve, c'est une avenue, une avenue d'cinq mille kilomètres qui dégringole du Tibet pour finir dans la Mer Jaune, avec des jonques et puis des sampans d'chaque côté. Pis au milieu y a des, des tourbillons d'îles flottantes, avec des orchidées hautes comme des arbres. Le Yang Tsé Kiang, camarade, c'est des millions de mètres cubes d'or et d'fleurs qui descendent vers Nankin. Et avec, tout l'long, des villes-pontons où on peut tout acheter. De l'alcool de riz, d'la religion, et pis des garces, d'l'opium. Ch'peux vous affirmer, tenancière, que le fusilier marin a été longtemps l'élément décoratif des maisons d'thé. Dans c'temps-là, on savait rire. Elle s'était mise sur la paille, pour un maquereau roux et rose, c'était un juif, il sentait l'ail, il l'avait, venant de Formose, tirée d'un bordel de Shanghai. "

Dans Le Cave se rebiffe , dialogues de Michel Audiard : à la question de Bernard Blier qui lui demande : " ça laisserait net combien à chacun ? " Il répond : " 20 ans de placard, le bénéfice ça se divise, la réclusion ça s'additionne".

SES DÉCORATIONS

1976 - Décoré de la Croix d'Officier de l'Ordre National du Mérite.
1964 - Chevalier de la Légion d'Honneur.
1963 - Il crée avec Fernandel la société de production Gafer.
1939 - 1945 - Croix de Guerre - Médaille Militaire.

 

QUELQU'UNE DE SES CHANSONS CÉLÈBRES

1974 - Maintenant je sais.
1936 - Quand on s'promène au bord de l'eau.
1934 - Viens Fifine.

 

LES REVUES ET OPÉRETTES

1922 - Aux Folies-Bergères : Folie sur folie, dont Jenny Golder et Bach sont les vedettes.
1923 - La revue du vaudeville de Rip avec Gaby Montbreuse, Vilbert, Signoret et Marguerite Deval.
1923 - Aux Bouffes-parisiens, La Dame en décolleté, avec Dranem, Lucien Baroux et un autre débutant nommé Jean Sablon, opérette de Maurice Yvain, Yves Mirande et Lucien Boyer.
1925 - Bouffes-Parisiens, Trois jeunes filles nues, une opérette signée Raoul Moretti, Yves Mirande et Albert Willemetz.
1928 - Devient boy de Mistinguett dans la revue Paris qui tourne au Moulin Rouge.
1929 - Moulin Rouge, Allo, ici, Paris. Georgius en est la vedette.
1929 - Bouffes-Parisiens : Flossie avec Koval, Jacqueline Francell et Mireille.
1930 - Bouffes-Parisiens : Arsène Lupin le banquier , avec Lucien Baroux, Meg Lemonnier et Koval.

 

photos

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Biographie

Hommage à JEAN GABIN dans un extrait de "Le cave se rebiffe."

Mise à jour le 08 mars 2016 par Philippe de CinéMémorial.

 

ENTREVUE DE JEAN GABIN :

" Je ne m'ennuie jamais. Quand j'ai rien à faire, je " gamberge " à des trucs. " L'enfance, père et mère

" Je n'ai pas été ce qu'on appelle un enfant sage et discipliné. Et le pire, c'est qu'en outre je n'étais doué en rien. Mais alors, vraiment en rien! D'une incroyable médiocrité en toutes choses ! "

"J'étais le sale petit canard, le petit affreux de la couvée. Pour ma mère du moins. Pauvre mère! Sa sentence la plus commune et, si j'ose dire, la plus définitive à mon égard était : - Jean, vous finirez sur l'échafaud ! Il fallait tout de même que je lui en fasse voir pour qu'elle me condamne à une si triste fin. J'en ai souvent eu honte par la suite, mais quand on est gosse... J'ai gardé d'elle l'image d'une femme dont je dirais aujourd'hui qu'elle était excessivement nerveuse et irritable mais qui pour moi, à l'époque, était surtout celle d'une mère qui gueulait tout le temps après moi." (Sa mère, chanteuse, a renoncé à travailler pour s'occuper de ses sept enfants.)


Le Clan des Siciliens avec Lino Ventura et Alain Delon en 1969

"Quant à mon père, le plus lointain souvenir d'enfance que j'ai conservé de lui est celui d'un homme qui "passait" chaque jour à la maison comme une sorte de mystérieux voyageur, et à des heures où le plus souvent je dormais. Il rentrait en effet tard, par le dernier train du soir, de ses représentations à la Cigale, dormait toute la matinée et repartait en début d'après-midi alors que je faisais ma sieste. Avec les années, ce fut à peu près la même chose, à la différence que lorsqu'il repartait j'étais à l'école ou en train de courir la campagne." ( Joseph Gabin fut chanteur d'opérette et de Caf'conc'.)

Music-hall

" Mes vagabondages dans les rues, mes séjours dans les bistros de la Butte et de la Chapelle m'avaient quand même un peu ouvert les yeux sur certains trucs. J'avais compris qu'il y avait des circonstances où il fallait refréner son tempérament et mettre la pédale douce. C'est ce que je me suis dit en acceptant, sans trop gueuler, d'entrer aux Folies. Je n'avais évidemment pas changé d'opinion sur le métier de théâtreux et au premier coup de pétard j'étais décidé à filer voir ailleurs. Entre-temps, j'aurais au moins montré à mon père que je n'y mettais pas de mauvaise volonté." (Débuts aux Folies Bergères en 1922 en tant que figurant.)

"Je chantais des chansons de Chevalier ou de Dranem. Je les imitais, surtout Chevalier. Les salles étaient le plus souvent minables, la scène balayée de courants d'air à vous faire attraper la crève, le rideau poussiéreux vous donnait envie d'éternuer dès qu'on le bougeait un peu, les fauteuils grinçaient sous les fesses des spectateurs. Mais on était quand même contents qu'ils grincent, ces fauteuils, parce que çà voulait dire qu'il y avait du monde assis dessus et que l'on était précisément venus pour ça, pour se faire entendre, se faire applaudir, et ensuite passer à la caisse toucher son cacheton qui n'était pas bien gros: 50 francs par soirée et là-dessus je payais le chemin de fer, le fond de teint, la bouffe, l'hôtel et la blanchisseuse pour avoir chaque jour un col propre. Encore de la veine quand on touchait! Des fois, le type qui avait organisé la tournée s'était barré avec la recette. C'était Vacherie et Cie, tout ça!" (1925, Gabin débute une carrière de chansonnier, au Kursaal de Clichy, puis dans des salles de Province.)

Cinéma

" Moi, j'avais prévenu tout le monde. D'accord, votre cinéma, je vais vous le faire, mais j'y connais rien et je suis aussi fait pour ça que pour devenir évêque !... Ça sera pour vos pieds, si ça marche pas ! "

" Nous, on savait pas qu'on faisait des films dont on allait encore parler des décennies plus tard. On essayait seulement de bien faire notre boulot, chacun à son poste, et des films que le public attendait. "

" J'ai assez vite compris qu'avec la gueule que j'avais, il valait mieux que j'en fasse le moins possible devant la caméra qui grossissait tout démesurément comme une loupe. J'évitais donc d'exprimer les sentiments des personnages que je jouais par des expressions trop appuyées, car je savais qu'avec ma tronche " bosselée ", même bien éclairée, ça pèserait son poids sur l'écran."

" J'avoue que ça me faisait marrer parce que j'ai jamais bien compris ce que ça voulait dire , " jouer de l'intérieur ". Je jouais avec mes tripes, oui ! J'en bavais et je suais sang et eau pour essayer de donner à mes personnages une vérité et un naturel que j'espérais être justes."

" C'est Duvivier qui m'a appris ce que j'ignorais encore de la technique du cinéma. Il m'a expliqué les objectifs et selon le choix qu'on en faisait pour un plan ce qu'on pouvait en attendre. J'ai bien retenu la leçon et ensuite j'ai su adapter mon jeu ou une certaine façon de me déplacer devant la caméra, en fonction de l'objectif choisi. "

Guerre et politique

" Je pensais : les Allemands vont finir par prendre la pâtée, la France sera libérée. Alors, je ne me voyais pas débarquer sans avoir personnellement rien fait pour ça. Je ne me voyais surtout pas retrouver des copains à Paris qui, eux, y seraient allés à la riflette et me contenter de leur dire : " Me r'voilà, les potes ! " Et vous, comment ça va ? " J'aurais jamais osé les regarder, leur serrer la main, et je voulais pouvoir le faire sans honte. C'est pour tout ça que je suis parti la faire, cette putain de guerre, et la trouille au ventre, en plus. "

" Je suis un vieil anarchiste... de droite, forcément ! Avec le pognon que je gagne, personne ne me croirait si je disais... de gauche ! "

" Je n'oublierai jamais que j'ai été prolo. Je reste un solitaire, sans parti ni syndicat, un libertaire à la mode d'autrefois. En somme, je suis un " anar ". Et aussi un bourgeois. "

 

BIOGRAPHIE :

Précédé par six frères et soeurs, Jean Gabin est le fils de Joseph Gabin et d'Hélène Petit, chanteurs de café-concert. Il est élevé par sa soeur Madeleine, à Meriel (Seine-et-Oise). A l'âge de14 ans, Jean, dont le rêve était de devenir conducteur de locomotive, exerce divers métiers, cimentier à la gare de la Chapelle, magasinier ou vendeur de journaux.


Les vieux de la vieille, avec : Noël-Noël et Pierre Fresnay de Gilles Grangier, 1960.

Gabin fut certainement le plus français d'entre tous les acteurs. Non pas qu'il incarnât spécialement le " French lover " ou le "Français de service". Mais parce que chez Gabin, l'homme et l'acteur se mêlaient étroitement au service de valeurs "hexagonales", ces mêmes valeurs qui permirent au public de s'identifier si fortement à lui. De Prévert à Audiard, la France de Gabin est faite de langue verte, de faubourgs familiers ou de bocages, de bonne chère, de sport et d'amitié. Elle se veut à la fois poétique et gouailleuse, braillarde et généreuse, noble et populaire. Gabin était un personnage exceptionnellement riche, dont le parcours épouse étroitement une histoire nationale : une enfance dans une banlieue des bords de l'Oise faite de vagabondages et d'école buissonnière, à rêver de devenir mécanicien de locomotive, puis la découverte du pavé parisien des années 20, avec ses truands et le monde du cabaret, des Folies-Bergère au Moulin Rouge (son idole restait Maurice Chevalier, et il fut même le partenaire de Mistinguett et de Joséphine Baker), enfin le milieu ouvrier des années 30, avec ses dures conditions de travail, ses guinguettes, et les grands rêves du Front populaire. Et si, par la suite, l'évolution de sa condition sociale révéla un Gabin "bourgeois", ayant fait siennes de nouvelles valeurs acquises par la République, il demeura toute sa vie, selon ses propres termes, un "anar"...


La Bandera, avec Annabella de Julien Duvivier, 1935.

La France, il ne sut jamais s'en éloigner trop longtemps, incapable de s'adapter à tout autre univers culturel. Et lorsqu'il émigra à Hollywood pendant la guerre (où il vécut une célèbre liaison avec Marlene Dietrich), il n'eut de cesse de revenir, et s'engagea dans les Forces françaises libres. Sa carrière ayant d'ailleurs du mal à redémarrer à son retour du conflit, il entendit prévoir l'éventualité que le cinéma puisse s'arrêter pour lui et entama en parallèle une seconde vie d'agriculteur-éleveur ! Le Gabin de l'après-guerre rêvait alors de cultures, de cheptel, de chevaux de course.

A la poursuite d'un rêve de gosse, il rassembla les siens (il s'était marié en 1949 et eut par la suite trois enfants) en un lieu idéal, qu'il n'aura désormais de cesse de retrouver, une fois chaque tournage terminé, et ceci alors même que la gloire était revenue. Car elle revint effectivement, et ne le quittera plus, faisant de lui un véritable phénomène, un acteur "surdimensionné". Tout en faisant évoluer son personnage, Gabin saura lui conserver sa cohérence, et verra sa carrière connaître une incroyable longévité.


En cas de malheur, avec Brigitte Bardot, de Claude Autant-Lara, 1958.

Gabin au cinéma, c'est une filmographie sans équivalent : près d'un demi-siècle de cinéma français, c'est-à-dire l'essentiel de l'histoire du grand cinéma français populaire. Une formidable rencontre avec le public, qui, encore aujourd'hui, vingt-cinq ans après sa disparition, témoigne de son profond attachement à cet homme excessif, bourru, mais incontestablement honnête, à qui il avait donné sa confiance. Mais si, à ses débuts, Gabin avait su se battre pour permettre à certains scénaristes ou metteurs en scène de faire leurs films comme ils l'entendaient (la Belle Equipe, la Grande Illusion, le Jour se lève, entre autres, furent pour lui autant de combats obstinés pour parvenir à les faire admettre aux producteurs, et ensuite les mener jusqu'au bout), il succomba malheureusement souvent par la suite à la facilité. Avec l'âge, Gabin prit moins de risques, et il lui arriva même de "Gabiniser" un peu trop...


L'affaire Dominici, de Claude Bernard-Aubert, 1973

De plus, pris au piège d'un cinéma trop volontiers "commercial", il ne suscitait plus autant le désir des jeunes réalisateurs. Avec lucidité (et amertume), il lui arrivait fréquemment de dire "Encore un ou deux films, des bons si possible, et je tire l'échelle sur le cinéma..." Pourtant, quoi qu'il s'en défend"t, sa passion pour son métier restait indéfectible, et il n'aurait jamais pu se résoudre à arrêter de lui-même. Heureusement, des réalisateurs parmi les nouveaux venus lui offrirent quelques derniers grands rôles à sa mesure, dans lesquels le poids de la vie de l'homme comme de celui de la carrière du comédien se firent sentir à chaque plan: la Horse et le Chat de Pierre Granier-Deferre, ou l'Affaire Dominici, de Claude-Bernard Aubert. Dans ces dernières apparitions bouleversantes, le patriarche retrouvait son regard d'enfant et affirmait son talent. Jean Gabin décéda à Neuilly le 15 novembre 1976.

Il sera incinéré et l'urne contenant ses cendres sera jetée, en pleine mer, au large de Brest. Prolo et voyou, paysan et soldat, anar et bourgeois : les vies et les rôles de Jean Gabin ressemblent à la France.

 

SES RÉCOMPENSES :

1987 - César d'honneur, France.

1971 - Pour : Le chat - L'Ours d'argent - Meilleur acteur - Festival de Berlin, Allemagne.

1959 - Pour : Archimède, le clochard - L'Ours d'argent - Meilleur acteur - Festival de Berlin, Allemagne.

1954 - Pour : Touchez pas au grisbi - Coupe Volpi - Meilleur acteur - Festival de Venise, Italie.

1954 - Pour : L'air de Paris - Coupe Volpi pour - Meilleur acteur - Festival de Venise, Italie.

1951 - Pour : La nuit est mon royaume - Coupe Volpi - Meilleur acteur - Festival de Venise, Italie.

 

Source : ARTE - Fait le 16 octobre 2008 par Philippe de CinéMémorial.

 

Filmographie

 

97 FILMS COMPLETS
_________________________________

1979 - MON ONCLE D'AMÉRIQUE

 

1976 - ANNÉE SAINTE .L'

 

1974 - VERDICT

 

1973 - DEUX HOMMES DANS LA VILLE

 

1972 - AFFAIRE DOMINICI .L'

 

1971 - TUEUR .LE

 

1971 - DRAPEAU NOIR FLOTTE SUR LA MARMITE .LE

 

1971 - CHAT .LE

 

1970 - HORSE .LA

 

1969 - CLAN DES SICILIENS .LE

 

1968 - SOUS LE SIGNE DU TAUREAU

 

1967 - PACHA .LE

 

1968 - TATOUÉ .LE

 

1967 - SOLEIL DES VOYOUS .LE

 

1966 - JARDINIER D'ARGENTEUIL .LE

 

1965 - TONNERRE DE DIEU .LE

 

1966 - DU RIFIFI À PANAME

 

1964 - MONSIEUR

 

1964 - ÂGE INGRAT .L'

 

1963 - MAIGRET VOIT ROUGE

 

1963 - MÉLODIE EN SOUS-SOL

 

1962 - SINGE EN HIVER .UN

 

1962 - GENTLEMAN D'EPSOM .LE

 

1961 - CAVE SE REBIFFE .LE

 

1960 - VIEUX DE LA VIEILLE .LES

 

1960 - PRÉSIDENT .LE

 

1959 - RUE DES PRAIRIES

 

1959 - MAIGRET ET L'AFFAIRE SAINT-FIACRE

 

1959 - BARON DE L'ÉCLUSE .LE

 

1958 - GRANDES FAMILLES .LES

 

1958 - ARCHIMÈDE LE CLOCHARD

 

1957 - DÉSORDRE ET LA NUIT .LE

 

1957 - ROUGE EST MIS .LE

 

1958 - MISÉRABLES .LES

 

1958 - MAIGRET TEND UN PIÈGE

 

1958 - EN CAS DE MALHEUR

 

1956 - TRAVERSÉE DE PARIS .LA

 

1956 - SANG À LA TÊTE .LE

 

1956 - CRIME ET CHÂTIMENT

 

1956 - CAS DU DOCTEUR LAURENT .LE

 

1955 - VOICI LE TEMPS DES ASSASSINS

 

1955 - GAS-OIL

 

1955 - DES GENS SANS IMPORTANCE

 

1955 - CHIENS PERDUS SANS COLLIER

 

1955 - RAZZIA SUR LA CHNOUF

 

1955 - FRENCH CANCAN

 

1954 - AIR DE PARIS .L'

 

1954 - PORT DU DÉSIR .LE

 

1954 - NAPOLÉON

 

1953 - VIERGE DU RHIN .LA

 

1954 - TOUCHEZ PAS AU GRISBI

 

1953 - LEUR DERNIÈRE NUIT

 

1952 - FILLE DANGEREUSE

 

1952 - MINUTE DE VÉRITÉ .LA

 

1951 - VICTOR

 

1951 - VÉRITÉ SUR BÉBÉ DONGE .LA

 

1951 - PLAISIR .LE

 

1951 - NUIT EST MON ROYAUME .LA

 

1950 - POUR L'AMOUR DU CIEL

 

1949 - MARIE DU PORT .LA

 

1949 - AU-DELÀ DES GRILLES

 

1946 - MIROIR

 

1946 - MARTIN ROUMAGNAC

 

1943 - IMPOSTEUR .L'

 

1942 - PÉNICHE DE L'AMOUR .LA

 

1940 - REMORQUES

 

1939 - JOUR SE LÈVE .LE

 

1938 - RÉCIF DE CORAIL .LE

 

1938 - QUAI DES BRUMES .LE

 

1938 - BÊTE HUMAINE .LA

 

1937 - MESSAGER .LE

 

1937 - GUEULE D'AMOUR

 

1937 - GRANDE ILLUSION .LA

 

1936 - PÉPÉ LE MOKO

 

1936 - BELLE ÉQUIPE .LA

 

1936 - BAS-FONDS .LES

 

1935 - VARIÉTÉS

 

1935 - BANDERA .LA

 

1935 - GOLGOTHA

 

1934 - ZOUZOU

 

1934 - MARIA CHAPDELAINE

 

1933 - TUNNEL .LE

 

1933 - ÉTOILE DE VALENCIA .L'

 

1933 - DU HAUT EN BAS

 

1933 - ADIEU LES BEAUX JOURS

 

1932 - FOULE HURLE .LA

 

1932 - GAIETÉS DE L'ESCADRON .LES

 

1932 - BELLE MARINIÈRE .LA

 

1931 - POUR UN SOIR

 

1931 - TOUT ÇA NE VAUT PAS L'AMOUR

 

1931 - PARIS-BÉGUIN

 

1931 - GLORIA

 

1931 - COEURS JOYEUX

 

1931 - COEUR DE LILAS

 

1930 - MÉPHISTO

 

1930 - CHACUN SA CHANCE

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commentaires (17)

Marco

06-01-2010 16:12:52

Fan et collectionneur des Films de Jean Gabin , il me manque 5 Films , si une personne lit ce message , qu`elle me contact Cordialement

marc.ravand@orange.fr

patrick

27-10-2010 09:30:16

le plus grand de tous en tant qu homme que comedien un exemple pour tous jamais inegaler une droiture un honneur une fierté il nous manque encore aujourdhui plus que jamais

Lacoste amardeil M

27-10-2010 15:50:05

nulle part on ne parle de sa fille Valérie née en 1952. Qu'est'elle devenue; Merci pour l'information

Djemaa

02-11-2010 08:34:35

Bonne semaine, mon livre consacré à Jean Gabin sort ce mois-ci aux Éditions Autres Temps. Pascal Djemaa. pascaldjemaa.over-blog.fr

albert catherine

15-03-2011 15:00:58

je cherche pour un collectionneur de gabin, le film méphisto et d\'autres anciens dont l\'émission variétés 7 enregistrement de gabin, pourriez-vous m\'aider, je vous en remercie par avance cordialement mlle Albert catherine

chateigner

30-07-2011 18:52:42

jean gabin est une presonne qui nous touche vraiment il faut que ces films soit plus en plus revue merci!

Marco

06-08-2011 09:24:29

Albert Catherine bonjour, donnez moi la liste des films qui vous manque peut-être que je peux vous aidez. Cordialement

jz

20-08-2011 15:22:17

Je viens de voir l excelent reportage de L Delahousse, on suit passionément cet homme et sa famille, mais on se pose des questions sur la fille Valérie née en 1952....

ISEPPI Nick

20-08-2011 16:05:01

L'un d'entre vous à parlé de sa fille Valérie, hors l'on retrouve sur le site qu'elle est cinéaste... pas très connue. Par contre impossible de savoir ce que sont ces trois autres enfants: Marie, Cleia, Alexis... quand sont-ils nés??? qui est leur mère ??? que sont-ils devenus? Imposible d'aller sur le site qui en parle... en cache.... c'est vraiment pas sympa

fab

21-08-2011 09:01:52

que sont devenus ses 3 enfants ,marie,cleia,alexis?

pons eric

22-08-2011 13:51:05

jean gabin etait un grand un des plus grand du cinéma francais, j'aurai temps aimé lui sérré la main un jour, quand t'il l'est décédè j'avais 6ans, je ne manque jamais un de ses films, gabin était un grand avec lino ventura, raimu, fernandel, bourvil, louis defunes, sa c'était des acteurs des vrai acteurs comme ont n'en fait plus. delon et belmondo sont toujours là eux lont bien connu a jean gabin. jean gabin nous manque encore il nous manquera encore longtemps

MARCO

15-11-2011 09:43:46

Une pensée pour ce grand ACTEUR qui nous manque toujours ENORMEMENT aujourdhui. 35 ans déja!!!!!!!!!!!!!!

Caron

31-12-2011 00:03:51

Bizarre la bio de J Gabin sans parler de marlène?

malthery

31-12-2011 11:14:05

il est un des plus grands avec delon belmondo ventura de funes fernandel brialy c'est un noble un grand homme cœur digne bon ses enfants peuvent être fiers

misskeno_13

25-08-2012 23:04:43

un acteur magnifique ! avec un charisme immence !.

aulitbrius 27

21-12-2012 11:22:08

j'ais en ma possession un film de jean gabin qui apres contact avec le musée jean n'existe pas ???? alors si quelqu'un a des infos j'aimerais en savoir plus !!! je vous met un lien ou il y a la photo de la bobine merci !! http://www.lefouilleur.com/forum/viewtopic.php?p=1328004#1328004 aux plaisirs

MARCO

30-07-2013 09:28:21

Bonjour Aulibritbrius 27 Je n'arrive pas a voir les photos concernant les photos du film de jean GABIN Cordialemnt