JACQUES TOURNEUR

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Profession:
Réalisateur et monteur américain d'origine française.

Date et lieu de naissance:
12-11-1904, à Paris, France.

Date et lieu du décès:
19-12-1977, à Bergerac en Dordogne, France.

Cause du décès:
D'une crise cardiaque à l'âge de 73 ans.

Nom de naissance:
Jacques Thomas - Aux États-Unis : Jack Tourneur

État civil:
Marié en 1930 avec la comédienne : MARGUERITE CHRISTIANE VIRIDEAU.

Taille:
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Anecdotes

Fils de Maurice Tourneur (1876-1961) et Fernande Petit (plus connue sous son nom de scène Van Doren). Éducation primaire aux lycées Montaigne et Lakanal.

C'est en 1919 qu'Il obtient la nationalité américaine.

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Biographie

Né à Paris le 12 novembre 1904, il est le fils de Maurice Tourneur (1876-1961) et Fernande Petit (plus connue sous son nom de scène Van Doren). Education primaire aux lycées Montaigne et Lakanal.

De son vrai nom Maurice Thomas, le père de Jacques a tâté des arts plastiques (comme décorateur, illustrateur, affichiste, peintre), il s’est consacré au théâtre, tour à tour acteur, régisseur, metteur en scène. Maurice Tourneur se tourne vers le cinéma en 1911 ou 1912, à l’invitation de son ami Emile Chautard, qu’il a dirigé au théâtre et qui est devenu réalisateur chez Éclair. Maurice joue dans plusieurs films de Chautard, devient son assistant, puis passe à la mise en scène. Chautard, qui ne parle pas l’anglais, fait engager son ami comme responsable de production à l’époque où Éclair construit un nouveau studio sous verrière à Fort Lee (New Jersey). Maurice Tourneur part aux États-Unis avec sa femme et son fils en mai 1914. Jacques poursuit ses études dans une école publique de New York. Objecteur de conscience, Maurice reste aux États-Unis après le déclenchement des hostilités. Installés en Californie depuis la fin 1918, Maurice et Jacques deviennent citoyens américains en 1919. Ils vivent dans une grande maison sur une des collines de Hollywood. Jacques fait ses études secondaires dans une école privée de Santa Barbara, puis à la Hollywood High School.

À la fin de ses études secondaires, en juin 1924, Jacques assiste son père comme script-clerk. En 1927, Maurice Tourneur se sépare de sa femme, donne un billet de cent dollars à son fils («Et maintenant, débrouille-toi») et rentre en France. Jacques, qui a fait de la figuration dans Scaramouche (Rex Ingram, 1922), est engagé par la MGM comme stock-actor, à cinquante dollars la semaine. Il apparaît dans The Fair Co-Ed (Sam Wood, 1927), Love (Anna Karénine, Edmund Goulding, 1928) et The Trail of ‘98 (La Piste de 98, Clarence Brown, 1928). Il est aussi placeur au Hollywood Bowl et se produit sur scène, notamment dans Pilgrimage Play, un spectacle sur la vie du Christ.

En 1929, Jacques rejoint son père à Berlin et l’assiste sur le tournage de Das Schiff der Verlorenen Menschen (Le Navire des hommes perdus). Interprètes: Marlene Dietrich, Fritz Kortner, Gaston Modot. Il acquiert une formation de monteur. En 1930, Jacques épouse Marguerite Christiane Virideau, comédienne, qu’il a rencontré à Berlin.

De retour à Paris, Jacques va travailler comme assistant ou monteur, parfois les deux, le plus souvent sans être crédité au générique, sur les films de son père produits par Pathé-Natan entre 1930 et 1933.

 

En 1966, Tourneur et sa femme retournent en France. Ils s’installent à «Pécharmant», une maison isolée aux environs de Bergerac. Ils habiteront dans la ville même à partir de décembre 1976.

Il ne réussit pas à trouver du travail. Parmi les projets qui resteront inaboutis, citons Whispering in Distant Chambers (Murmures dans des chambres lointaines), conçu avant son départ de Hollywood. On en lira le traitement dans Caméra / stylo (no. 6, mai 1986), ainsi que celui de Lazare (écrit en français à Bergerac). Ces deux textes seraient de 1966. De la même époque datent les synopsis de Satanique, The Horror Story (non daté) et Fat Witch on a Bent Broom - (La Grosse sorcière sur un balai tordu), (non daté, probablement de 1967).

Ajoutons qu’en 1965, avant de quitter Hollywood, Tourneur avait jeté sur le papier quelques réflexions regroupées sous le titre Words, Words, Words (Des mots, des mots, des mots). «Depuis 1966, personne ne m’a appelé pour faire un film. Alors nous habitons en pleine campagne, près de Bergerac. Ce n’est pas une fuite, mais la recherche d’une vie plus pastorale, et normale, que celle de Beverly Hills» (lettre à l’auteur, datée 31-12-72).

Le 31 janvier 1976, en recevant le catalogue de la rétrospective Columbia à la Maison de la Culture de Créteil, où figuraient Nightfall et Night of the Demon, Tourneur écrivait ceci à l’ami Olivier Barrot : «Voilà dix ans que je suis à la retraite. Il est amusant de constater la force aimantée avec laquelle le pays natal nous attire dans nos vieux jours... En tout cas, ma femme, mon chien et moi habitons une maison louée en pleine brousse, entourée de champs de maïs, de tabac et de blé. Les voisins fermiers sont loin et le silence est total. Tant mieux. Le silence et la paix sont des bijoux rares aujourd’hui. Alors, nous sommes heureux.»

Quelques mois plus tard, il écrit à ses amis Robin et Maurice Vaccarino: «Je suis saisi, dans cette verte prison, d’une terrible envie de voyager. J’aime tant voyager. Dans mon testament, je vais demander qu’ils prennent ma peau et en fassent une grande valise» (lettre du 12-3-76).

Jacques Tourneur meurt d’une crise cardiaque le 19 décembre 1977. Selon Pierre Rissient, vingt-quatre ou quarante-huit heures plus tôt, deux sociétés françaises importantes avaient exhumé Murmures dans des chambres lointaines et s’apprêtaient à contacter le cinéaste en vue d’une éventuelle coproduction...

 

Fait le 28 août 2010 par Philippe de CinéMémorial.