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L'acteur américain Jack Palance, qui avait prêté sa gueule à des dizaines de rôles de tueurs, psychopathes et autres méchants à Hollywood, est décédé vendredi en Californie à l'âge de 87 ans.
Jack Palance est mort vendredi le 10 novembre 2006 de mort naturelle à son domicile de Montecito, Californie, entouré de sa famille, a précisé un porte-parole, Dick Guttman, dans un communiqué.
De son vrai nom Walter Palahnuik, Palance, né le 18 février 1919 à Lattimer (Pennsylvanie) dans une famille de modestes émigrants ukrainiens, avait joué dans plus de 80 films, principalement des rôles de tueurs et de psychopathes, admirablement servis par sa "gueule" taillée à la serpe.
Visage anguleux, menton en galoche surmonté d'un nez cassé aux ailes écrasées, Palance avait déjà un air inquiétant mais il pouvait devenir effrayant avec ses tempes creuses et ses yeux d'asiate enfouis dans les orbites.
Il avait obtenu en 1991 l'Oscar du meilleur second rôle pour le western comique City Slickers, dont il partageait l'affiche avec Billy Crystal. Il avait pourtant connu dans les années 1970 une traversée du désert ponctuée de films alimentaires, pour avoir rejeté Hollywood auquel il ne pardonnait pas de l'avoir cantonné à des rôles antipathiques.
Fils de mineur de fond, il entame dès ses 13 ans une carrière de boxeur professionnel au palmarès honorable : 18 victoires pour 20 combats.
À l'aube de la Seconde Guerre mondiale, il s'essaie aux planches lors de ses études universitaires, avant de s'engager sous les drapeaux pour devenir pilote de bombardier.
Démobilisé, il vivote, devenant successivement vendeur de glaces, maître-nageur, garde du corps et journaliste, avant de brûler les planches de Broadway et d'être remarqué et lancé par Elia Kazan pour son visage que seule une mère pourrait aimer.
Le metteur en scène lui confie le rôle principal dans la pièce Un tramway nommé désir, où Palance remplace Anthony Quinn et Marlon Brando, malades tour à tour. C'est encore Kazan qui le révèle au cinéma, trois ans après, dans Panique dans la rue.
Puis il se forge une image de "salaud" en étant Attila dans Le signe du païen de Douglas Sirk (1954), Jack l'éventreur dans L'assassin de Londres d'Hugo Fregonese (1955) et l'homme qui tente de tuer la belle Joan Crawford dans Le masque arraché de David Miller (1952) pour lequel il sera nommé aux Oscars.
En 1955, Robert Aldrich lui offre son premier rôle psychologique dans Le grand couteau où il révèle une autre facette de son talent.
Malgré d'autres tentatives, comme dans La peur au ventre de Stuart Heisler (1955) ou Le mépris de Jean-Luc Godard (1964), il retourne à ses rôles habituels.
Écœuré par Hollywood, il accepte les rôles de troisième couteau et devient plus célèbre pour ses frasques - il se bat avec des spectateurs, se brouille avec les metteurs en scène et les imprésarios - que pour ses films en dépit de quelques réussites dans Barabbas (1962) et Les professionnels (1966).
Après s'être perdu dans des productions italiennes, il avait fait un retour remarqué notamment dans Bagdad Café de Percy Adlon (1987) et Batman de Tim Burton (1988).
Misanthrope comme son ami Lee Marvin, Jack Palance vivait isolé dans son ranch de Californie et consacrait son temps à la peinture et à sa famille. Il était apparu à l'écran pour la dernière fois en 2004 dans un téléfilm.
Mise à jour le 07 novembre 2011 par Philippe de CinéMémorial.
SES RÉCOMPENSES :
1998 - Prix pour l'ensemble de sa carrière - Festival international - Worldfest Flagstaff d'Arizona, États-Unis.
1992 - Pour : LA VIE, L'AMOUR… LES VACHES - City slickers - Oscar - Meilleur second rôle masculin, États-Unis.
1992 - Pour : LA VIE, L'AMOUR… LES VACHES - City slickers - Golden Globe - Meilleur second rôle masculin, États-Unis.
1992 - Pour : LA VIE, L'AMOUR… LES VACHES - City slickers - Prix de la Comédie Américaine - Meilleur second rôle masculin - American Comedy Awards, États-Unis. |