|
Né le 13 mai 1936 à Paris, Henri Attal débute au cinéma avec l'éclosion de la « Nouvelle vague » - il interprète un ami de Bernadette Lafont et Clotilde Joano dans « Les bonnes femmes » (1959) de Claude Chabrol, à noter que l'on retrouve également au générique de ce film Dominique Zardi en chef d'orchestre. C'est d'ailleurs en se croisant régulièrement sur les plateaux que Henri Attal et Dominique Zardi deviennent malgrè eux un tandem.
Dès lors, Henri Attal va devenir l'une des figures incontournables du cinéma français - un visage familier qui s'impose en « troisième couteau », seul ou en duo avec son comparse Dominique Zardi. Marqué par leur physique, ils interprètent essentiellement des garçons de mauvaise vie (tueur, ganster, truand, détenu ou homme de main). Parallèlement, ils traînent une réputation de bagarreurs qui contraint certains réalisateurs à les engager sous peine de représailles. Leur carrière sera associée à deux metteurs en scène Claude Chabrol et Jean-Pierre Mocky qui les emploient dans des rôles incongrus pratiquement dans toutes leurs productions. En 1963, il joue un policier qui arrête un voyeur dans « Les vierges » de Jean-Pierre Mocky qui le dirigera une vingtaine de fois. Jean-Luc Godard, un autre réalisateur de la « Nouvelle Vague » fait appel à eux dans « Une femme est une femme » (1960), « Vivre sa vie » (1962), « Pierrot le fou » (1965) et « Masculin féminin » (1965). Toujours à la même période, ils apparaissent en garde du corps dans « Fantômas » (1964 à 1966), la trilogie de André Hunebelle avec Jean Marais, Louis de Funès et Mylène Demongeot. Ils seront également dirigés par Alfred Hitchcock dans « L'étau » (1969) mais la scène sera coupée au montage.
Dans cette excessive filmographie, Henri AttaI apparaît dans cent cinquante films parfois mal orthographié (Atal, H. Atal, Henri Atal ou Henry Attal) ou pire n'étant même pas crédité au générique. Seul, il mène une carrière plus discrète que son complice. Il est dirigé à plusieurs reprises par réalisateurs comme Jean Girault, Georges Lautner, Gérard Oury, Michel Audiard ou Claude Zidi dans des comédies populaires. Ainsi que par des metteurs en scène comme Roger Vadim, Robert Hossein, Pierre-Granier Deferre ou Jacques Deray dans la tradition de films français de qualité à succès. Mais malheureusement aussi dans des comédies insignifiantes de Philippe Clair aux titres prémonitoires comme « La grande maffia ... » (1971) avec Francis Blanche ou « Par où t'es rentré, on t'a pas vu sortir » (1983) avec Jerry Lewis.
Dès les années 90, les apparitions de Henri Attal se limitent quasi-exclusivement aux films de Jean-Pierre Mocky, sa dernière prestation est dans la comédie « Le furet » (2003) avec Jacques Villeret et Michel Serrault qui sort après son décès. Néanmoins, Claude Chabrol lui offre un rôle conséquent dans « La fleur du mal » (2002) avec Nathalie Baye. Retiré à la fin de sa vie à Berck-sur-Mer où il vivait dans une situation précaire, Henri Attal décède discrètement à l'âge de 67 ans d'une suite d'une crise d'asthme le 24 juillet 2003 à Cucq (Pas-de-Calais), ses funérailles sont célébrées à Berck-sur-Mer où ne sont présents que ses fidèles amis Dominique Zardi (décédé en 2009) et Jean-Pierre Mocky.
Source - Filmographie.skyrock.com - Fait le 10 août 2011 par Philippe de CinéMémorial.
|