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L’acteur américain est mort jeudi à son domicile de Los Angeles, à l’âge de quatre-vingt-sept ans. Il était le charme et l’élégance.
Né Eldred Peck, le 16 avril 1916, à La Jolla (Californie) d’un père pharmacien d’origine irlandaise, le comédien fait ses études à la Saint-John’s Military Academy puis à l’université de Berkeley, se destinant à la médecine. C’est là qu’il monte pour la première fois sur scène, dans Moby Dick. La légende veut que le directeur du théâtre lui ait dit : " J’ai une pièce pour laquelle j’ai besoin d’un acteur qui soit grand, voulez-vous venir ? " L’autre, du haut de ses 189 centimètres, lui aurait répondu oui. Grand acteur il était, grand acteur il est resté. Il brûle les planches à New York, dès 1942, dans Morning Star mais le cinéma l’attire et il repart pour Hollywood. La RKO l’embauche en 1944 et le met dans les mains de Jack Tourneur qui lui confie le rôle d’un résistant russe au nazisme dans Jour de gloire. Le titre vaut blason. Peck est aussitôt remarqué.
Ainsi commence une carrière qui ne s’arrêtera que soixante titres plus tard et qui - c’est incroyable si on compare à tous ses pairs - ne comporte aucun film complètement raté. Non qu’il les sauve à lui seul car il n’est pas de ces cabots qui tirent la couverture à eux, donnant de ces " films d’acteurs " qu’on regarde pour l’interprétation en oubliant le reste mais, tout simplement, parce qu’il sait choisir ses scénarios, ses rôles et ses metteurs en scène. Dès 1950, il a l’intelligence rare de refuser tout contrat, discutant film par film son acceptation. Au bilan, il aura travaillé avec Stahl (les Clés du royaume), Hitchcock (la Maison du Dr Edwards, le Procès Paradine), Vidor (Duel au soleil), Kazan (le Mur invisible), Wellman (la Ville abandonnée), Walsh (le Monde lui appartient), Wyler (Vacances romaines, les Grands Espaces), Huston (Moby Dick), Minnelli (la Femme modèle), Mulligan (Du silence et des ombres, l’Homme sauvage), Frankenheimer (le Pays de la violence), Hathaway (Quand siffle la dernière balle, la Conquête de l’Ouest), Donen (Arabesque). Ce faisant, il a eu pour partenaires Ingrid Bergman, Jennifer Jones, Audrey Hepburn, Ava Gardner et Sophia Loren, mais aussi Robert Mitchum, David Niven et James Stewart.
Son physique viril et sa taille le prédisposait aux rôles d’action. Il est le plus souvent l’homme juste, le chêne qui ne rompt pas, le roc qui sait résister à l’épreuve sans jamais s’emporter. En ce sens, il est toujours convenable, jamais un mot de trop ou un geste déplacé, le gendre idéal comme le chantre des valeurs américaines fondamentales dont on pourrait naturellement croire qu’il était le suppôt. Ce serait ignorer qu’il fut un militant démocrate convaincu, au point d’avoir été à deux doigts de briguer le poste de gouverneur de Californie, qu’on le compte parmi les fondateurs de l’Institut américain du film, qu’il accepta la présidence de l’académie des arts et des sciences du cinéma et qu’il continuait d’animer le théâtre de sa ville natale. Sa deuxième épouse était française et il aimait notre pays, où il venait souvent, pour tout ce qu’il représente. Nous aimions Peck pour ce qu’il nous a apporté.
En l'an 2002, le festival de Cannes lui a rendu, en présence de sa fille Cecilia, un hommage mérité, projetant à cette occasion un documentaire réalisé par Barbara Copple, "Conversations avec Gregory Peck". Et le 12 juin 2003 il décède paisiblement à l'âge de 87 ans.
Source : Jean Roy de l'Humanité.
SES RÉCOMPENSES :
2003 - Prix spécial, David di Donatello Awards, Italie.
2002 - Hommage spécial pour l'ensemble de sa carrière - Festival de Cannes, France.
1998 - Prix pour l'ensemble de sa carrière - Prix du cinéma germanique, Allemagne.
1996 - Prix Spécial pour l'ensemble de sa carrière - Festival international du cinéma de Karlovy Vary, République Tchèque.
1995 - César d'honneur, France.
1993 - Ours d'Or d'honneur - Festival international du cinéma de Berlin, Allemagne.
1992 - Gala Tribute par le Film Society of Lincoln Center, États-Unis.
1990 - Prix Board of the Governors par la société américaine des directeurs de la photographie, États-Unis.
1989 - Prix Spécial - Festival de Cannes, France.
1989 - Prix pour l'ensemble de sa carrière par l'American Film Institut, États-Unis.
1986 - Prix Donostia pour l'ensemble de sa carrière - Festival international du film de San Sebastián, Espagne.
1983 - Prix d'Excellence - Festival de télévision de Banff, Canada.
1983 - Prix pour l'ensemble de sa carrière - National Board of Review, États-Unis.
1971 - Prix pour l'ensemble de sa carrière - Guilde des acteurs de cinéma, États-Unis.
1969 - Prix Cecil B. DeMille, Golden Globes, États-Unis.
1969 - Prix Pomme d'Or de la star masculine de l'année, Golden Apple Awards, États-Unis.
1968 - Prix Humanitaire Jean Hersholt, Academy Awards, États-Unis.
1967 - Laurel d'Or Spécial, États-Unis.
1963 - Pour : DU SILENCE ET DES OMBRES - Golden Globe - Meilleur acteur de cinéma catégorie drame, États-Unis.
1963 - Pour : DU SILENCE ET DES OMBRES - Oscar- Meilleur acteur, États-Unis.
1955 - Golden Globe - Acteur favori dans le monde, États-Unis.
1951 - Golden Globe - Acteur favori dans le monde, États-Unis.
1949 - Pour : UN HOMME DE FER - Prix NYFCC - Meilleur acteur par le cercle des critiques de cinéma de New York, États-Unis.
1947 - Prix Pomme d'Or de l'acteur le plus coopératif, Golden Apple Awards, États-Unis.
1946 - Pour : JODY ET LE FAON - Golden Globe - Meilleur acteur de cinéma, États-Unis.
1945 - Prix Pomme d'Or - Acteur le plus coopératif, Golden Apple Awards, États-Unis.
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