ELIO PETRI

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Profession:
Réalisateur et scénariste italien.

Date et lieu de naissance:
29-01-1929, à Rome, Italie.

Date et lieu du décès:
10-11-1982, à Rome, Italie.

Cause du décès:
D'une longue lutte contre un cancer à l'âge de 73 ans.

Nom de naissance:
Eraclio Petri.

État civil:
Marié le 24 mars 1962 avec : PAOLA PEGORARO.
Jusqu'au décès d'Elio Petri en 1982.

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Anecdotes


Photo du film : ENQUÊTE SUR UN CITOYEN AU-DESSUS DE TOUT SOUPÇON

photos

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Biographie

Né à Rome en 1929, Petri est l'un des rares cinéastes italiens issus de la classe ouvrière. Son père travaillait dans le cuivre. Journaliste et critique dans des publications communistes (l'Unità, Città aperta), Petri quitte le parti en 1956 lors du soulèvement en Hongrie, mais reste préoccupé par les questions sociales et politiques. En cela profondément modelé par le réalisateur de Riz amer, «Beppo» De Santis, dont il fut l'assistant et le coscénariste entre 1953 et 1960.

Très tôt, Petri explore une approche différente du film politique, proche des problèmes humains causés par la modernisation de plus en plus aliénante des moyens de production, son sujet d'élection restant la solitude des êtres. Dans l'Assassino, Mastroianni est accusé à tort du meurtre de sa maîtresse, Micheline Presle, mais il est néanmoins «montré coupable» par Petri ­ coupable d'être une merde humaine (la scène crève-coeur avec sa mère est mémorable). Petri et son scénariste, Tonino Guerra, ont déjà adopté la structure heurtée, en flash-backs kafkaïens, qui fera le succès de leurs futurs thrillers. On y voit aussi pour la première fois le grand Salvo Randone, qui joue le policier faussement bonasse et figurera dans pratiquement tous les films de Petri.

L'année suivante, Randone tient la vedette dans les Jours comptés, peut-être le chef-d'oeuvre de Petri : il joue un plombier qui, après avoir vu un passager d'autobus mourir d'une crise cardiaque, décide de ne plus travailler afin de se payer du bon temps. Avec une cruauté non dénuée de tendresse, Petri suit ce veuf qui cherche à tromper sa solitude, soit en jouant les papas gâteaux pour une maussade Lolita, soit avec une prostituée, al fresco sur une colline d'éboulis, y trouvant encore moins de satisfaction. Au cours de scènes aussi désopilantes que dévastatrices, il s'enivre de faits divers, s'égare dans les musées, et quand il croit avoir trouvé un artiste pour de stimulantes conversations, c'est pour se retrouver à déboucher les chiottes chez lui. Car tout le monde exploite son besoin de parler aux gens, les pieds dans la merde des autres.


Photo du film : À CHACUN SON DÛ

Tragi-comique. A partir de 1967, Petri a trouvé ses collaborateurs d'élection, outre Randone : Morricone composera pour lui ses musiques les plus stridentes, et Luigi Kuveiller une image volontairement moche ou criarde (même si ce chef op' est aussi capable de rendre intéressant un film d'horreur cérébral comme Un coin tranquille à la campagne ­ un giallo chic avec Vanessa Redgrave et Georges Géret !, que l'imbuvable Franco Nero parvient à couler). Pietri a aussi trouvé en la personne d'Ugo Pirro un partenaire idéal pour écrire sa trilogie politico-sociale.

Plus reichien que marxiste, Petri y offre des portraits d'hommes aliénés par les nouvelles données sociales : l'ouvrier de La classe ouvrière va au paradis (palme d'or à Cannes en 1972), qui défie son syndicat par ses prouesses de cadences, ce qui équivaut, dans son esprit, à de l'athlétisme sexuel (avec la même lamentable équation à la maison). Ou l'homme de pouvoir joué par le même Gian Maria Volonté dans Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon, qui pète les plombs quand l'exutoire sadomaso trouvé dans les jeux de boudoir avec une courtisane ne lui suffit plus et qu'il aiguise ses pulsions fascistes sur le service qu'il a lui-même façonné à la police judiciaire, le mettant au défi de le confondre. Dans un registre plus déjanté, proche de Ferreri, voici La propriété, c'est plus le vol : un employé de banque allergique aux billets (!) trouve plaisir à déposséder un ignoble et riche boucher (le grand Ugo Tognazzi) de ses plus chers objets de désir.

Les derniers films, fin des années 70, sont plus désespérés que drôles : Todo modo finit par un carnage vengeur ­ chrétiens-démocrates zigouillés à la pelle. Le Buone Notizie (les Bonnes Nouvelles), en 1980, est un cri de dégoût contre une société que Petri voit déjà phagocytée par la télé berlusconienne. Et son titre indique clairement qu'il savait qu'il exagérait à peine.


Photo du film : LES MONSTRES

SES RÉCOMPENSES :

1972 - Pour le Film : LA CLASSE OUVRIÈRE VA AU PARADIS : Palme d'Or - Festival du cinéma de Cannes, France.

1971 - Pour le Film : ENQUÊTE SUR UN CITOYEN AU-DESSUS DE TOUT SOUPÇON : Grand Prix du jury - Festival du cinéma de Cannes, France.

1971 - Pour le Film : ENQUÊTE SUR UN CITOYEN AU-DESSUS DE TOUT SOUPÇON : Prix FIPRESCI - Festival du cinéma de Cannes, France.

1971 - Pour le Film : ENQUÊTE SUR UN CITOYEN AU-DESSUS DE TOUT SOUPÇON : Edgar du meilleur film aux Edgar Allan Poe Awards, États-Unis.

1971 - Pour le Film : ENQUÊTE SUR UN CITOYEN AU-DESSUS DE TOUT SOUPÇON : Ruban d'Argent - Meilleur réalisateur par le syndicat national italien des journalistes de cinéma, Italie.

1971 - Pour le Film : ENQUÊTE SUR UN CITOYEN AU-DESSUS DE TOUT SOUPÇON : Ruban d'Argent - Meilleur scénario original par le syndicat national italien des journalistes de cinéma, Italie.

1968 - Pour le Film : À CHACUN SON DÛ : Prix du meilleur scénario - Festival du cinéma de Cannes, France.

1968 - Pour le Film : À CHACUN SON DÛ : Ruban d'Argent - Meilleur réalisateur par le syndicat national italien des journalistes de cinéma, Italie.

1968 - Pour le Film : À CHACUN SON DÛ : Ruban d'Argent - Meilleur scénario par le syndicat national italien des journalistes de cinéma, Italie.

1963 - Pour le Film : LES MONSTRES : Ruban d'Argent - Meilleur scénario original par le syndicat national italien des journalistes de cinéma, Italie.

1963 - Pour le Film : LES MONSTRES : Grand Prix du jury - Festival du cinéma de Mar del Plata, Argentine.

Source : Philippe Garnier de la Libération/ - Fait le 27 septembre 2017 par Philippe de CinéMémorial.


Filmographie


Photo du film : LA CLASSE OUVRIÈRE VA AU PARADIS

 

27 LONGS MÉTRAGES
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1978 - BUONE NOTIZIE .LE
Réal : ELIO PETRI

 

1976 - TODO MODO

 

1973 - PROPRIÉTÉ C'EST DU VOL .LA
Réal : ELIO PETRI

 

1971 - CLASSE OUVRIÈRE VA AU PARADIS .LA

 

1970 - ENQUÊTE SUR UN CITOYEN AU-DESSUS DE TOUT SOUPÇON

 

1968 - COIN TRANQUILLE À LA CAMPAGNE .UN
Réal : ELIO PETRI

 

1967 - À CHACUN SON DÛ

 

1965 - DIXIÈME VICTIME .LA

 

1964 - NUDI PER VIVERE
Réal : ELIO PETRI

 

1964 - HAUTE INFIDÉLITÉ

 

1963 - IL MAESTRO DI VIGEVANO
Réal : ELIO PETRI

 

1962 - MONSTRES .LES
Réal : DINO RISI

 

1962 - JOURS COMPTÉS .LES
Réal : ELIO PETRI

 

1960 - FLAGRANT DÉLIT...

 

1960 - BOSSU DE ROME .LE

 

1960 - ASSASSIN .L'

 

1959 - VENT DU SUD

 

1959 - TANK DU HUIT SEPTEMBRE .LE
Réal : GIANNI PUCCINI

 

1959 - IMPIEGATO .L'
Réal : GIANNI PUCCINI

 

1958 - VLAK BEZ VOZNOG REDA
Réal : VELJKO BULAJIC

 

1958 - ETTARO DI CIELO .UN
Réal : AGLAUCO CASADIO

 

1957 - STRADA LUNGA UN ANNO .LA
Réal : GIUSEPPE DE SANTIS

 

1956 - HOMMES ET LOUPS

 

1954 - JOURS D'AMOUR

 

1953 - FILLE SANS HOMME .UNE
Réal : GIUSEPPE DE SANTIS

 

1953 - FEMMES DAMNÉES

 

1951 - ONZE HEURES SONNAIENT

 

_______________________FIN_____________________

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