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Hommage à DEBORAH KERR
Mise à jour le 10 OCTOBRE 2008 par Philippe de Cinémémorial.
BYE, BYE DEBORAH KERR : BONJOUR TRISTESSE !
La "Rose anglaise d'Hollywood" s'est éteinte. Six fois nominée à l'oscar de la meilleure actrice, elle avait joué pour et avec les grands.
Ingrates foules sentimentales ! Parce qu'elle s'était faite discrète, suite à la maladie de Parkinson, on avait oublié que Deborah Kerr était encore parmi nous. Elle s'est éteinte, dans le Suffolk anglais, à l'âge de 86 ans.
Qui, dans la jeune génération, connaît encore celle qu'on avait surnommé la "Rose anglaise d'Hollywood" ? Elle a pourtant le privilège rare d'être de ses actrices au coeur d'une scène mythique de l'Histoire du cinéma : à Michèle Morgan le "T'as de beaux yeux, tu sais" de Gabin dans "Quai des Brumes", à Anita Ekberg la fontaine de Trévise dans "La dolce vita", à Marylin Monroe la jupe soulevée dans "Sept ans de réflexion", à Janet Leigh la douche plus que froide dans "Psycho"... Deborah Kerr, elle, marqua l'imaginaire pour un baiser torride avec Burt Lancaster, enlacés en maillot de bain, dans "Tant qu'il y aura des hommes" de Fred Zinnemann (1953 - sa deuxième nomination à l'oscar).
Née le 30 septembre 1921 à Helensburgh, en Écosse, Deborah Jane Kerr-Trimmer, voulut d'abord être danseuse classique avant d'opter pour une carrière théâtrale. Avant-guerre, elle fait ses débuts à Londres et part même brièvement en tournée en Hollande et en Belgique. Elle se tourne vers le cinéma en Angleterre pendant la Seconde Guerre mondiale. En 1943 Michael Powell et son comparse Emeric Pressburger la font jouer trois femmes différentes dans "Colonel Blimp". Révélation. Elle retrouve les plus fameux réalisateurs britanniques de l'époque - avec Michael Powell et Emeric Pressburger en 1947 pour "Le Narcisse noir" où elle interprète une nonne œuvrant dans l'Himalaya. Ce rôle lui vaut d'être repérée par la MGM qui la prend sous contrat, faisant de l'actrice britannique l'une des plus grandes stars d'Hollywood dans les années cinquante.
D'abord cantonnée dans les rôles de parfaite lady à l'anglaise, généralement soumise, elle parvient à casser son image en persuadant la Columbia de lui confier le rôle de l'épouse adultère de "Tant qu'il y aura des hommes". Le parfum de scandale du film, défiant à la fois le puritanisme et la vision patriotique de l'armée, contribue à son succès.
Beauté froide et intelligence
L'actrice poursuit sur sa lancée, croisant le chemin des plus grands réalisateurs de l'époque : elle est successivement religieuse dans "Dieu seul le sait" de John Huston (1957), femme du monde dans "Bonjour tristesse" d'Otto Preminger (1958) ou épouse déchirée dans "L'arrangement" d'Elia Kazan (1969). Elle retrouvera aussi John Huston dans le mythique "La Nuit de l'iguane" (1964). Elle partage l'affiche avec Robert Mitchum, Marlon Brando, Kirk Douglas, James Mason, David Niven,...
Tous ses réalisateurs mettront en avant son élégance naturelle et son intelligence. De sa beauté froide, de sa diction parfaite, elle avait su faire des atouts glamours, sachant évoluer vers des personnages parfois tourmentés et complexes, Elle va notamment incarner des femmes en proie à des adultères tourmentés, des passions compliquées et tout en nuances, des conflits psychologiques sans issue. En dépit de ce genre de rôles, elle gardera une immuable douceur maternelle. Elle ne négligera pas non plus le cinéma grand public et populaire - elle fut aussi la partenaire de Yul Brynner dans "Anna et le roi" de Walter Lang (1956), ou sacrifia à la mode des péplums comme "Quo Vadis" ou "Jules César".
Détentrice du record de nominations à l'oscar de la meilleure actrice - six - elle ne reçut la très convoitée statuette qu'in extremis, en 1994, en hommage à l'ensemble de sa carrière, à laquelle elle avait mis fin au milieu des années 80. Deborah Kerr avait, depuis, partagé sa vie entre l'Espagne et la Suisse, avant de revenir en Angleterre auprès de sa famille. C'est entourée de celle-ci que la "Rose" a tiré sa dernière révérence. On l'imagine aisément élégante.
SES RÉCOMPENSES :
1994 - Oscar d’Honneur aux Academy Awards, États-Unis.
1960 - Pour : HORIZONS SANS FRONTIÈRES - Prix NYFCC - Meilleure actrice - Cercle des critiques de cinéma de New York, États-Unis.
1959 - Golden Globe - La Star féminine favorite dans le monde, États-Unis.
1957 - Pour : DIEU SEUL LE SAIT - Prix NYFCC - Meilleure actrice - Cercle des critiques de cinéma de New York, États-Unis.
1957 - Prix de la Star féminine la plus populaire par les Photoplay Awards, États-Unis.
1957 - Pour : LE ROI ET MOI - Golden Globe - Meilleure actrice de cinéma catégorie musical ou comédie, États-Unis.
1956 - Prix Pomme d’Or - Actrice la plus coopérative - Golden Apple Awards, États-Unis.
1947 - Pour : L’ÉTRANGE AVENTURIÈRE - Prix NYFCC - Meilleure actrice - Cercle des critiques de cinéma de New York, États-Unis.
1947 - Pour : LE NARCISSE NOIR - Prix NYFCC - Meilleure actrice - Cercle des critiques de cinéma de New York, États-Unis.
Son étoile se touve au Walk of Fame au numéro 1701 sur Vine Street.
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