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DIRK BOGARDE
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INFORMATIONS :

 

Profession :

 

Acteur anglais.

Date et lieu de naissance :

28-03-1921, à Hampstead, Londres, Royaume-Uni.

Date et lieu du décès :

08-05-1999, à Londres, Royaume-Uni.

Cause du décès :

D'une crise cardiaque à l'âge de 78 ans.

Nom de naissance :

Derek Jules Gaspard Ulric Niven van den Bogaerde - Sir Dirk Bogarde .

État civil :

?

Taille :

(178 cm)

 

ANECDOTES :

 

Orientation sexuel : Homosexuel.

1982 - Chevalier de l Ordre des Arts et des Lettres

                              

 

 

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SA BIOGRAPHIE

 

Bel homme, très anglais, trop anglais, insituable, sublimement décevant, royal, Dirk Bogarde était surtout un prince du cinéma britannique, un empereur de l'émotion stylée, un James Dean qui roulait lentement et qui, du coup, aura fini par vivre près de quatre fois vingt ans. Déjà une décennie qu'on n'avait plus aperçu ce «Daddy» dégingandé, aux manières de colonel de l'armée des Indes, fixé une dernière fois sur pellicule par le cinéaste français de l'emphase et de la niaiserie provinciale, Bertrand Tavernier (Daddy Nostalgie, 1989). En remontant, avant guerre, à ses débuts d'accessoiriste et de souffleur dans un petit théâtre londonien, on se fait une image fluette mais irrésistible de Derek Van den Bogaerde, son vrai nom, né en 1921 d'un père dessinateur et journaliste au Times (d'origine hollandaise) et d'une mère comédienne (de lignée hispano-écossaise). Aide de camp dès 1941, le jeune Derek finit major.

La découverte du camp de concentration de Bergen-Belsen le marque à vie: sa composition outrée dans Portier de nuit, le film heureusement vite oublié de Liliana Cavani, puise sans doute dans ses souvenirs du sadisme nazi et de l'horreur absolue - un teenager face aux cadavres, un jeune homme confronté trop jeune à la barbarie absolue, qui en gardera une sorte de distance ironique toute sa vie.

«The Servant». Le teenager, le jeune premier idéal, c'est vite son rôle de prédilection dans une bonne trentaine de comédies populaires anglaises (1950-1965), des films tellement britanniques qu'on les a rarement vus en France, où il campe un personnage de jeune premier trop fin, trop beau, déjà ambigu, entre Alain Delon et Jean Marais. «Je n'avais pas envie de devenir une Loretta Young anglaise», dira-t-il plus tard avec son humour camp, pour expliquer les rôles ambigus et provocants qu'il choisit alors d'incarner: le Cavalier noir, Victim, et surtout The Servant, première collaboration avec Joseph Losey, expérience sado-maso pour petits-bourgeois vite choqués, parfum de scandale, script du jeune Harold Pinter. The Servant aurait été le rôle de sa vie si, sept ans plus tard, Dirk Bogarde n'avait pas tourné pour Visconti Mort à Venise, son film le plus étrange, à la fois sublime et niais, pompeux et précis, extraordinaire traversée homosexuelle d'une ville d'eau sous la pluie.

Visconti, Resnais, Fassbinder. Homosexuel, Bogarde l'est, le sera, le restera, l'incarnera. Rencontré à Paris en 1983 pour la promotion de son second livre, Des voix dans le jardin (Acropole), il nous étonnera par un mélange ahurissant de dignité et de vulgarité, passant en une fraction de seconde de ses allures d'aristo (ou de majordome) à des provocations vulgaires, blagues agressives ou scato, à la manière d'un Oscar Wilde prétechno. Avant d'en arriver à cette retraite littéraire aux environs de Grasse, villégiature idéale pour Anglais richissimes, Dirk Bogarde aura, en une petite quinzaine d'années, su utiliser au mieux son physique charmant de vieux jeune homme équivoque. Quatre Losey de qualité, The Servant, Pour l'exemple, Modesty Blaise et surtout Accident (1967), brûlot pré-68, sans doute son chef-d'œuvre, insensé mélodrame amoureux universitaire, plus anglais que le plus anglais des films, servi par une distribution idéale: Stanley Baker, Michael York, Delphine Seyrig et la radieuse et inoubliable Jacqueline Sassard.

Visconti, Resnais, Fassbinder: trois grandes signatures pour une fin de carrière judicieusement prématurée (on oublie Justine, médiocre adaptation de Lawrence Durrell par Cukor). De dos, étonnant, irrémédiable, dans les Damnés (Visconti, 1969), littéraire dans Providence (Resnais, 1976), nabokovien dans Despair (Fassbinder, 1977), trois films un tantinet surjoués, volontiers grandiloquents, dans lesquels Dirk Bogarde se promène dans des vêtements amidonnés, bien décidé à laisser au cinéphile deux ou trois souvenirs grandioses. Rien n'y fera. C'est bien Mort à Venise (1971), formidable mélo d'amour aux allures de tarte tatin, qui surnage comme un dessert inévitable dans une carrière trop dispersée pour être totalement honnête.

Le «Mort à Venise». Le rimmel coule. Lentement, il coule. Inexorablement, il ruisselle. Le fond de teint se défait, l'homme panique peu à peu de se sentir vieillir, de se sentir mortel, de se sentir mourant. Les intellectuels savent que cet homme, c'est une copie de Gustav Mahler, un sosie fragile, une ombre de cinéma, un doux vampire. Les autres, le petit peuple, n'en pleurent pas moins de ne même pas savoir qui était Mahler. Ils sanglotent au spectacle pathétique de ce grand-bourgeois guindé, découvrant l'amour trop tard, de ce vieux jeune homme qui bande trop fort pour un adolescent italo-suédois qui lui montre ses fesses et ses yeux dans ses rêves, à chaque coin de rue. Que fait-on de ce désir-là? Que fait-on de ces yeux-là, de ces fesses-là ?

Seul le génie de Dirk Bogarde, surmené, fragile, tremblant, donna un temps du liant à la sauce Visconti, au génie chromo d'un prince trop brechtien, trop dégoûté, trop réaliste, le trop sentimental Luchino Visconti. Si son Mort à Venise, leur Mort à Venise plutôt, ne nous écœure pas aujourd'hui, des années-lumière après notre détestation première, des années après notre écœurement inaugural, nos haut-le-cœur sincères, comme devant toute pâtisserie trop crémeuse, même la plus belle, même la plus appétissante, la plus viennoise, si nos haut-le-cœur se dissipent, si l'émotion nous gagne, nous regagne in extremis, nous submerge, c'est à cet homme-là, un petit Anglais trop frêle, trop sentimental, trop coincé, un pédé ordinaire, un serviteur brechtien, un Servant sublime, qu'on le doit.

Tu n'es pas mort Dirk, tu nous pètes encore au visage, tu rigoles de tes yeux chinois, ton parfum est lourd, entêtant, capiteux. Tu es la plus belle femme du monde, un bel adolescent, un Anglais trop stylé. On suit le thé sur tes lèvres, ton thé si anglais, ton thé trop sucré. Quelques gouttes de lait tombent lentement, inexorablement, sur tes lèvres trop rouges. La mort t'embrasse sur la bouche. Tu es beau. C'est comme ça qu'on t'aime.

Source : Louis Skorecki de la Libération.

 

SES RÉCOMPENSES :

 

1990 - Pour : DADDY NOSTALGIE - Prix du meilleur acteur - Valladolid International Film Festival, Espagne.

1965 - Pour : DARLING - BAFTA - Meilleur acteur anglais - British Academy Awards, Royaume-Uni.

1963 - Pour : LE SERVITEUR - BAFTA - Meilleur acteur anglais - British Academy Awards, Royaume-Uni.

 


 
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65 LONGS MÉTRAGES

************************************

 

1989 - DADDY NOSTALGIE
De Bertrand Tavernier

 

1986 - VISION .THE
De Norman Stone

 

1977 - DESPAIR
De Rainer Werner Fassbinder

 

1977 - PONT TROP LOIN .UN

 

1976 - PROVIDENCE
D'Alain Resnais

 

1975 - TRAHISON .LA

 

1973 - SERPENT .LE

 

1972 - PORTIER DE NUIT
De Liliana Cavani

 

1970 - MORT À VENISE
De Luchino Visconti

 

1969 - JUSTINE

 

1969 - DAMNÉS .LES

 

1968 - AH ! DIEU QUE LA GUERRE EST JOLIE

 

1968 - HOMME DE KIEV .L'

 

1967 - FILLES DU CODE SECRET .LES

 

1967 - ACCIDENT

 

1966 - CHAQUE SOIR À NEUF HEURES
De Jack Clayton

 

1966 - EL REY EN LONDRES
D'Aníbal Uset

 

1966 - MODESTY BLAISE

 

1965 - DARLING
De John Schlesinger

 

1964 - DERNIÈRE MISSION À NICOSIE
De Ralph Thomas

 

1964 - POUR L'EXEMPLE
De Joseph Losey

 

1964 - X.13 AGENT SPÉCIAL
De Ralph Thomas

 

1963 - SERVITEUR .LE
De Joseph Losey

 

1963 - DOCTOR IN DISTRESS
De Ralph Thomas

 

1963 - OMBRE DU PASSÉ .L'
De Ronald Neame

 

1962 - MIND BENDERS .THE
De Basil Dearden

 

1962 - MOT DE PASSE : COURAGE
D'Andrew L. Stone

 

1962 - MUTINÉS DU TÉMÉRAIRE .LES

 

1961 - WE JOINED THE NAVY
De Wondy Toye

 

1961 - VICTIME .LA
De Basil Dearden

 

1960 - CAVALIER NOIR .LE
De Roy Ward Baker

 

1960 - ANGE POURPRE .L'

 

1960 - BAL DES ADIEUX .LE

 

1959 - NUIT EST MON ENNEMI .LA

 

1959 - DILEMME DU DOCTEUR .LE

 

1958 - VENT NE SAIT PAS LIRE .LE
De Ralph Thomas

 

1957 - SOUS LA TERREUR
De Ralph Thomas

 

1957 - VALLÉE DE L'OR NOIR .LA
De Ralph Thomas

 

1957 - TOUBIB EN LIBERTÉ
De Ralph Thomas

 

1956 - INTELLIGENCE SERVICE

 

1956 - SPANISH GARDENER .THE
De Philip Leacock

 

1956 - ASSASSIN S'EST TROMPÉ .L'
De Lewis Gilbert

 

1955 - RENDEZ-VOUS À RIO
De Ralph Thomas

 

1955 - SIMBA
De Brian Desmond Hurst

 

1954 - POUR LE MEILLEUR, ET POUR LE PIRE
De Jack Lee Thompson

 

1954 - BÊTE S'ÉVEILLE .LA

 

1954 - TOUBIB OR NOT TOUBIB

 

1954 - SEA SHALL NOT HAVE THEM .THE
De Lewis Gilbert

 

1953 - COMMANDO SUR RHODES

 

1953 - AVENTURES À BERLIN
De Compton Bennett

 

1952 - APPOINTMENT IN LONDON
De Philip Leacock

 

1952 - SI NOBLE TUEUR .UN
De Basil Dearden

 

1951 - FROMAGE À GOGO
De Val Guest

 

1951 - RAPT
De Charles Crichton

 

1950 - BLACKMAILED

 

1950 - FEMME EN QUESTION .LA

 

1949 - SI PARIS L'AVAIT SU
De Terence Fisher et Anthony Darnborough

 

1949 - LAMPE BLEUE .LA
De Basil Dearden

 

1949 - BOYS IN BROWN
De Montgomery Tully

 

1949 - DEAR MR. PROHACK
De Thornton Freeland

 

1948 - ONCE A JOLLY SWAGMAN
MANIACS ON WHEELS
De Jack Lee

 

1949 - QUARTET

 

1947 - ESTHER WATERS
D'Ian Dabrymple et Peter Pround

 

1947 - DANCING WITH CRIME
De John Paddy Carstairs

 

1939 - COME ON GEORGE
(Non crédité)
D'Anthony Kimmins

 

 

7 PARTICIPATIONS POUR LA TÉLÉVISION.

************************************

 

1993 - DES VOIX DANS LE JARDIN
Téléfilm de Pierre Boutron

 

1986 - MAY WE BORROW YOUR HUSBAND ?
Téléfilm de Bob Mahoney

 

1982 - SCHINDLER : THE DOCUMENTARY
Téléfilm de Jon Blair - (Documentaire - Uniquement narrateur)

 

1981 - PATRICIA NEAL STORY .THE
Téléfilm d'Anthony Harvey et Anthony Page

 

1970 - UPON THIS ROCK
Téléfilm D'Harry Rusky - (Documentaire de 90 Mn.)

 

1966 - BLITHE SPIRIT
Téléfilm de Noel Coward

 

1965 - EPIC THAT NEVER WAS .THE
Téléfilm - Documentaire de 74 Mn.)
Scénariste : Bill Duncalf

 


 

3 DOCUMENTAIRES

************************************

 

1977 - RAINER WERNER FASSBINDER
Documentaire - court métrage de 28 Mn. - De Florian Hopf et Maximiliane Mainka

 

1977 - TO SEE SUCH FUN
Documentaire de 90 Mn. - De Jon Scoffield

 

1970 - QUESTION MARK
Court métrage de Joost Van Essen

 


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