CYRIL COLLARD

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Profession:
Acteur, réalisateur, écrivain et musicien, français.

Date et lieu de naissance:
19-12-1957, à 16è arrondissement à Paris, France.

Date et lieu du décès:
05-03-1993, à Versailles, Yvelines, France.
Inhumé au Père-Lachaise, le 10 mars.

Cause du décès:
Du sida à l'âge de 35 ans.

Nom de naissance:
Cyril Claude Robert Collard.

État civil:
?

Taille:
?

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Anecdotes

Cyril Collard étudie les mathématiques et la physique quand il décide de mener une vie anticonformiste, faite de petits boulots et de voyages. Tenté par le cinéma, il devient l'assistant de René Allio et de Maurice Pialat.

 

Bibliographie :

 

1994 - L'animal - Flammarion - 112 pages - Publication posthume.

1993 - L'ange sauvage - Carnets, Flammarion - 252 pages - Publication posthume.

1989 - Les nuits fauves - Flammarion - 253 pages - 1991 - Rééd. Collection : J'ai Lu.

1987 - Condamné amour - Flammarion - 257 pages - 1993 - Rééd. Collection : J'ai Lu.

photos

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Biographie

Hommage à CYRIL COLLARD, bande Annonce : "LES NUITS FAUVES"

 

 

Ajout de la vidéo le 02 avril 2010 par Philippe de CinéMémorial

 

Il est mort à 8 heures du matin, prenant de surprise tous ceux qui avaient voulu le croire invulnérable. Il est mort au début du jour, lorsque s'évanouissent les astres, lui, le cinéaste ensoleillé des «Nuits fauves», amateur de nuits troubles, pour qui l'ombre était un grand voyage, et dont la double nature se révélait à l'heure dite entre chien et loup. Cyril Collard, 35 ans, écrivain, acteur, poète, réalisateur, est devenu un mythe.

Il y aura plus de 1 000 jeunes anonymes à son enterrement, au crématorium du Père-Lachaise, tristes comme s'ils avaient perdu un ami. Ils seront 10 000 dans la rue, le 6 mars, à manifester «contre le sida». Près de 3 millions de Français ont vu son film et tous les ados ont reconnu, dans ce beau gosse charmeur et passionné, une partie d'eux-mêmes. La sortie des «Nuits fauves» avait été un événement dans le cinéma français, une décharge électrique dans une époque si pâle, si lisse. Que le sida ait fini par vaincre ce trompe-la-mort plein d'énergie fut un choc et une douleur. Collard nous a donc laissés entre les larmes et l'espoir, partagés. Comment saisir le phénomène Collard, l'impact de son oeuvre si jeune, si brève, inachevée (un film, trois livres, quelques courts-métrages, un téléfilm, un disque)? Comment comprendre le cercle tissé autour du poète disparu? Le jeune homme n'est pas la première victime célèbre du sida. Mais il a inauguré une rupture de ton, dans cette décennie de maladie. A l'opposé d'Hervé Guibert, auquel il reprochait une complaisance morbide, un plaisir à «écrire tragique», Collard a pris le sida de front, sans lourdeur et sans drame. Et il a payé de son corps, beau, radieux, narcissique, pour parler de cette saloperie de virus.

S'il fallait rendre compte sommairement de l'avant et de l'après-Collard, on verrait qu'on lui doit beaucoup dans l'appréhension collective de la maladie. On lui doit d'avoir osé en parler sans pudeur, sans tabous, sans excès non plus. D'avoir rendu le sida plus familier, d'avoir montré que le séropositif n'est pas un «Alien», mais vous, moi, lui. Donc d'avoir dissipé la frontière de la discrimination envers les communautés à risque, les ghettos et les malades «honteux». En racontant une histoire très autobiographique, en s'engageant, en se faisant témoin du mal du siècle plus que modèle ou victime, Collard a balayé l'exclusion et mis le sida à sa vraie place à la fin des années 80: une ignominie qui menace tout le monde et pas un fléau arrivé par la faute de quelques-uns. Et parce qu'il a choisi la vie, la fureur, l'urgence, l'amour malgré tout, la dignité et l'humour plutôt que le bilan clinique et grave, il a cristallisé autour du personnage de Jean l'image d'un héros positif dans un monde possible. Ça n'est pas rien. Un coup de fouet, un élan neuf pour la génération sacrifiée des années sida, dont il est devenu le porte-parole involontaire.

Ainsi, d'après les médecins et les responsables d'Aides, le film a plus touché les jeunes que toutes les campagnes anti-sida réalisées jusqu'alors. Paradoxe, puisque le propos de Collard n'est pas essentiellement centré sur la maladie, la déchéance physique, les symptômes du mal, mais sur la présence du sida dans l'amour, dans les rapports aux autres, dans le sens de l'existence. Présence qu'il va jusqu'à nier, justement, au point de continuer tout comme avant. Et de faire l'amour avec Laura sans lui dire qu'il est séropositif. Le personnage de Jean, comme Collard, ne se présente pas comme un modèle de vertu. Il balance à la face de l'opinion ses désirs fous, sa bisexualité, ses amours glauques de parkings sombres, sa résistance aux normes, aux hypocrisies, au péché. Collard n'a jamais triché et c'est lui-même qu'il a mis à nu, qu'il a livré à l'état brut, au risque de choquer. Il a choqué, d'ailleurs. Son comportement fut jugé parfois irresponsable, voire meurtrier. Mais c'est sans doute cette authenticité, cette fusion au plus près de l'art et du réel qui ont fait tilt dans l'esprit des jeunes. Côté prévention, le film eut pour conséquence immédiate de faire prendre conscience du risque, évacuant d'un coup un paquet de croyances obscures: ça n'arrive pas qu'aux autres, aux homos, aux camés, aux hémophiles; même quand on s'aime, il y a danger de mort, par oubli, déni, égoïsme, désir, lâcheté ou autre, je suis, tu es, nous sommes... faillibles. De quoi ébranler toute la spontanéité de la jeunesse, si bien incarnée par Laura, l'amoureuse du film.

Car, si l'approche de la maladie décrite par Collard a fait écho chez tous les ados, celle-ci n'est pas au centre de son oeuvre. Le fond, l'essentiel dans lequel les jeunes se sont reconnus, tient à l'expression, par la personnalité même de l'individu, des malaises qui leur sont propres, de leur mal-être. Il met à plat des questions énormes, angoissantes, qui semblaient trop grosses pour le cinéma actuel: faut-il croire en la fidélité, comment aimer, qui aimer, y a-t-il des limites au besoin d'absolu? Entremêle, dans un désordre qui lui ressemble, qui leur ressemble, les thèmes de la frustration et de la révolte: le mouvement, la passion, la peur, la violence, la survie, la liberté, l'insatisfaction, la provoc', les bagnoles rouges qui foncent dans la nuit. Comme James Dean.

A travers la mise en images de ses nuits fauves et sauvages, sa dérive entre le sublime et le pervers, entre l'ange et le démon, entre le vice et la pureté, Collard traduit la confusion d'une époque, confusion des sentiments, de la rue, des repères, des identités. Il incarne un rôle moderne, libérateur, une sorte de troisième homme, viril et féminin, ni pédé ni macho, au confluent de tous les plaisirs. Les psys ont vu, entre le jeune homme et son public, le profil de l'immaturité, l'inachèvement de l'élaboration identitaire, l'enfermement narcissique. Peut-être. Mais, au-delà de cette possible identification, Collard a surtout réhabilité l'émotion.

Mieux que l'air du temps, rénové d'ailleurs par son style boulimique, débridé, rapide, par l'adéquation entre l'histoire qu'il raconte et les images qu'il montre, Collard inscrit l'amour contemporain par temps de sida dans un romantisme absolu, éternel, qui de tout temps allie la vie et la mort. Là aussi, confusion, tâtonnements. Dans son roman, Cyril écrit: «Puisque la mort doit venir, autant qu'elle soit portée par celui que l'on aime ou que l'on croit aimer.» Tout en voulant croire par ailleurs que sa magie chasse le danger, purifie. «Avec elle, je me sens propre», énonce Jean dans le film. Bref, l'amour rédempteur, salvateur, impossible et porteur de mort. Comment les gamins de notre époque auraient-ils pu être insensibles à cette fusion bizarre de la quête spirituelle et de la sensualité polymorphe, à cette question de rédemption que Collard laisse échapper à chaque écrit, à chaque image, et à l'idée, finalement, que «cette saleté» lui a peut-être appris à aimer, à devenir meilleur ?

Au fond, le message qu'ont reçu ses milliers de fans tient en deux mots: carpe diem. Qu'est-ce qu'ils ont compris des images de Collard, de son histoire, de ses gros plans, de ses sourires, de sa belle gueule? Qu'il faut, même dans ces froides années 90, profiter de la vie, de chaque minute, à toute vitesse. Risquer tout. Chercher pour ne pas mourir. Expérimenter, repousser les frontières. L'image même de Collard flamboyant à l'écran réaffirme un message banal, intemporel et bêtement humain: regardez-moi, tant qu'on est en vie, on est immortel.

Des lycéens, des garçons, encore plus de filles, tous anonymes. Ils étaient des centaines et des centaines à accompagner Cyril Collard au Père-Lachaise, le 10 mars. Le ciel était bleu, ce jour-là. Et le jeune acteur, en guise d'adieu, leur dédiait, sur un bristol, les dernières paroles de ses «Nuits fauves»: «Il fait beau comme jamais. Je suis vivant. Je vais probablement mourir du sida, mais ce n'est plus ma vie; je suis dans la vie.»

 

 

Biographie écrite par Dagouat Marylène "L'Express". - Fait le 02 avril 2010 par Philippe de CinéMémorial.

 

 

SES RÉCOMPENSES :

 

1993 - Pour : LES NUITS FAUVES - Oscar - Meilleur réalisateur - France.

1993 - Pour : LES NUITS FAUVES - César du meilleur film, France.

1993 - Pour : LES NUITS FAUVES - César de la meilleure première oeuvre, France.

1993 - Pour : LES NUITS FAUVES - Prix de l’Audience - Festival international du jeune cinéma de Turin, Italie.

Filmographie

 

5 LONGS MÉTRAGES

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1994 - RAI

 

1992 - NUITS FAUVES .LES

 

1987 - COEUR MUSICIEN .LE

 

1983 - À NOS AMOURS

 

1980 - LOULOU

 

 

3 PARTICIPATIONS POUR LA TÉLÉVISION.

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1990 - LYONNAIS .LE
Série TV participé dans l'épisode : Taggers
Réal+Scén+Adapt+Dial+Monteur

 

1986 - PETIT DOCTEUR .LE
Série TV - Participé à l'épisode : La piste de l'homme roux - uniquement interprète

 

1986 - MARIAGE BLANC
Téléfilm - Uniquement interprète

 

 

4 COURTS MÉTRAGES ET 1 DOCUMENTAIRE

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1988 - RABOTEURS .LES
Court métrage en collaboration avec le chorégraphe Angelin Preljocaj

 

1987 - CÔTÉ NUIT
Court métrage de 16 Min - Uniquement interprète.

 

1986 - ALGER LA BLANCHE
Court métrage de 28 Min. - Réalisateur+Scén+Prod.

 

1982 - GRAND HUIT
Court métrage de 35 Min. - Réal+Scén.

 

1981 - HEURE EXQUISE .L'
Documentaire - Réal : René Allio - Uniquement Assistant Réal.

 

 

 

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