CLAUDE AUTANT-LARA

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Profession:
Réalisateur et scénariste français.

Date et lieu de naissance:
05-05-1901, à Luzarches, Seine-et-Oise, France.

Date et lieu du décès:
05-02-2000, à Antibes, Alpes Maritimes, France.

Cause du décès:
De mort naturelle à l'âge de 98 ans.
Inhumé au cimetière de Montmartre, dans la 26è Division.

Nom de naissance:
Claude Autant.

État civil:
Marié avec l'assistante réalisatrice et scénariste : GHISLAINE AUBOIN.

Taille:
?

Commentaires: 8

Anecdotes

Il disait : Un film qui n'est pas méchant est ennuyeux. Si un film n'a pas de venin, il ne vaut rien.

Il travailla toujours avec les mêmes personnes tels que les scénaristes Jean Aurenche et Pierre Bost, le compositeur René Cloërec, le décorateur Max Bouy ainsi que sa femme Ghislaine Auboin qui était assistante, scénariste et collaboratrice de tous les instants ou encore le directeur de la photographie Philippe Agostini.

Il écrit en 1984 des Mémoires "La rage dans le cœur".

Il était également intéressé par le projet de la réalisation de (La vache et le prisonnier) et comptait confier le rôle principal à Bourvil.

 

photos

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Biographie

C'est la mort d'un homme aux positions idéologiques inqualifiables et on ne va pas verser ici des larmes de crocodile sur Claude Autant-Lara, qui s'est éteint dans la nuit de samedi à dimanche, dans une clinique d'Antibes après quatre-vingt-dix-huit ans passés peu ou prou à éructer. Contre les bourgeois, les curés, les cons, les militaires, les beaufs, les Américains, les yéyés et la Nouvelle Vague qui torpilla sa belle carrière en plein ciel de gloire, puis sur le tard, déjà sénile, perdant ses légumes en direct, contre la "juiverie internationale, le cosmopolitisme et l'internationalisme". Faux martyr. En 1989, tout le monde s'en souvient, l'affaire déclencha un tollé politique et médiatique. Dans le magazine Globe, Autant-Lara déclarait: "Quand on parle du génocide, je dis, en tout cas, ils ont raté la mère Veil." A l'époque, l'ex-cinéaste pointe au Front national et vient de décrocher un mandat de député européen au parlement de Strasbourg. Interrogé sur son dérapage antisémite, il s'entête dans ses ignobles déclarations de mule paranoïaque, ruinant encore ce qui lui reste de réputation, affirmant dire tout haut "l'opinion que des millions de français n'osent pas exprimer". Simone Veil répliquera par le mépris ("Il faut le laisser dans son délire qui avec l'âge ne s'est pas arrangé") et c'est Pierre Arpaillange, alors ministre de la Justice, qui engage des poursuites pour injures raciales, diffamation raciale et incitation à la haine raciale. Le scandale est tel qu'Autant-Lara est bientôt contraint de démissionner de la députation. Ses pairs de l'Académie des beaux-arts, dont il est vice-président à vie, lui interdisent de siéger. Dans ses volumes d'autobiographie, singeant Céline à Meudon, Autant-Lara se vit en figure maudite, sec comme un coup de trique et seul contre tous. Truffaut, visionnaire, l'avait traité dès les années 50 de faux martyr dissimulant sa lâcheté derrière des scandales de façade et des audaces téléphonées.

Difficile donc aujourd'hui de considérer calmement la filmo d'un cinéaste à ce point dégringolé aux derniers échelons de l'indignité, même si on ne peut réduire son importance historique. Tout le monde connaît, au vu et revu à longueur de redif' télé mornes avec papa-maman le dimanche soir, la Traversée de Paris, l'Auberge rouge, le Diable au corps ou la Jument verte. Le goût du glauque, la rage torve, l'outrance sinistre et glapissante qui habitent ses plus célèbres films en ont fait un champion du brûlot désormais désuet, capable dans un même mouvement de scandaliser le bourgeois en enfonçant des portes déjà à moitié ouvertes et d'être immédiatement récupéré par l'establishment (critique, festival, succès public).

39-45, son âge d'or. Autant-Lara, qui commence à travailler au cinéma sous la houlette de Marcel L'Herbier, se met véritablement à prospérer en tant qu'auteur reconnu et admiré sous l'occupation avec deux films, le Mariage de chiffon et Douce, quand d'autres, tels Renoir, Duvivier ou Chenal, ont préféré l'exil. Même s'il est en butte à la censure vichyste, la fortune artistique d'Autant-Lara - dont le producteur rescapé de Drancy, Pierre Braunberger, écrivit plus tard que "son antisémitisme" s'était "calmé quinze jours avant la fin de la guerre" - est intimement liée à la période 39-45, période royale pour le cinéma français comme il le déclarait encore, sans scrupule excessif, en 1979: "Qu'on puisse justifier ce cinéma en y voyant le seul qu'on pouvait faire à l'époque, ou qu'on voit dans l'occupation des studios (et le décoratisme du style) une métaphore de l'Occupation du pays est une chose, mais qu'on décide que le cinéma français n'a jamais été aussi grand que quand le pays était petit, il y a là un malaise", écrivait Serge Daney en 1989 dans un article justement intitulé "Autant-Lara n'est (vraiment) pas une merveille".

Né en 1901 à Luzarches (Val-d'Oise) d'un père architecte ami de Rodin, Edouard Autant, et d'une sociétaire de la Comédie-Française, Louise Lara, Claude Autant-Lara étudie aux Beaux-Arts la peinture et la décoration. En 1919, il intègre le groupe d'artistes (Fernand Léger, Alberto Calvacanti...) dont L'Herbier s'est entouré pour travailler. Il part pour Hollywood où il passe deux ans, réalisant notamment les versions françaises des films de Buster Keaton, mais il ne perce pas et rentre en France. En 1933, il signe son premier long métrage, Ciboulette, d'après une opérette populaire. Mais l'auteur du livret renie le film qui est mutilé. Autant-Lara est alors tricard auprès des studios et connaît un passage à vide, dirigeant les films de Maurice Lehmann (le Ruisseau, Fric-Frac) sans apparaître au générique.

Subversif? La France pétainiste fait un triomphe à trois films qu'Autant-Lara parvient enfin à réaliser sous son nom avec l'actrice Odette Joyeux. Son succès ne se démentira plus. Avec le duo de scénaristes-dialoguistes Jean Aurenche et Pierre Bost, il se spécialise dans l'adaptation littéraire grand genre et passe à la ciné moulinette Radiguet (le Diable au corps), Colette (le Blé en herbe), Dostoïevski (le Joueur), Simenon (En cas de malheur), Dumas (Vive Henry IV, vive l'amour), Marcel Aimé (la Traversée de Paris, la Jument verte). Le choix de ses sujets, à caractère presque systématiquement sulfureux ou polémiques, l'expose continuellement aux ligues catholiques, à la censure et aux remous sociétaux de toutes sortes. Le Diable au corps est amputé de deux scènes, le Rouge et le Noir tronqué de trente minutes, des députés s'excitent contre le Blé en herbe, Tu ne tueras point, sur l'objection de conscience en pleine guerre d'Algérie, est interdit pendant deux ans et sort censuré... Chaque film entend ainsi porter le fer de la subversion dans une société française qui continue de vivre sur un mode soft l'antienne du maréchal Travail-Famille-Patrie. Autant-Lara en est le héros et le martyr, grande gueule malcommode macérant dans la haine de soi et vouant son académisme stylistique à un projet de destruction idéologique qu'il ne pouvait réellement assumer. La violence était ailleurs.

Mais la pertinence et la sincérité de ses combats furibards laissent de plus en plus dubitative la nouvelle frange cinéphile qui se développe au sein des Cahiers du cinéma qui n'admire en France que la raideur altière d'un Bresson et se méfie des effets de manche à message d'un cinéma intégralement fondé sur ce que Truffaut nommera avec une moue de dédain le "réalisme psychologique". En 1954, Truffaut dégaine son fameux article, "Une certaine tendance du cinéma français", dans lequel il dénonce un cinéma de scénaristes, c'est-à-dire de "littérateurs", à qui il reproche avec virulence de "mépriser le cinéma en le sous-estimant". Occupant la place au fond confortable de l'anticonformiste de service, Autant-Lara accuse le coup, rétorque avec sa verve propre, mais le rapport de force s'inversera inexorablement, les cinéastes dit de la "qualité française" (Autant-Lara, Jean Delanoy, Yves Allégret, René Clément...) ont mangé leur pain blanc.

En 1956, avec la Traversée de Paris, portrait incendiaire de la France des petits profiteurs du marché noir porté par un casting en béton (Gabin, Bourvil et de Funès), puis En cas de malheur (1958) avec Gabin-Bardot, Autant-Lara brûle ses dernières cartouches. Le déclin, de Joueur mort-né en Patates pourries (avec Pierre Perret!), s'amorce, le venin vire vinaigre, le scrogneugneu "rad-soc" prépare sa tirade finale. En surdose de négatif et d'incrédulité cynique, il sort de sa réserve avec un franc-parler renouvelé, négationniste: "Auschwitz... Le génocide, on n'en sait trop rien." Rideau.

 

SES RÉCOMPENSES :

 

1958 - Pour : LA TRAVERSÉE DE PARIS - Prix du meilleur film du syndicat français de la critique du cinéma, France.

1955 - Pour : LE ROUGE ET LE NOIR - Prix du meilleur film du syndicat français de la critique du cinéma, France.

1949 - Pour : LE DIABLE AU CORPS - Ruban d'Argent du meilleur film étranger du syndicat national italien des journalistes de cinéma, Italie.

 

Source : Didier Péron pour la Libération - Fait le 21 février 2011 par Philippe de CinéMémorial.

 

Filmographie

 

50 LONGS MÉTRAGES DÉTAILLÉS
_________________________________

 

1976 - GLORIA

 

1969 - PATATES .LES

 

1968 - FRANCISCAIN DE BOURGES .LE

 

1966 - PLUS VIEUX MÉTIER DU MONDE .LE

 

1966 - FEMME EN BLANC SE RÉVOLTE .UNE

 

1965 - JOURNAL D'UNE FEMME EN BLANC .LE

 

1963 - HUMOUR NOIR

 

1963 - MAGOT DE JOSEFA .LE

 

1962 - MEURTRIER .LE

 

1960 - VIVE HENRI IV, VIVE L'AMOUR

 

1960 - TU NE TUERAS POINT

 

1961 - COMTE DE MONTE CRISTO .LE

 

1960 - BOIS DES AMANTS .LE

 

1959 - JUMENT VERTE .LA

 

1959 - RÉGATES DE SAN FRANCISCO .LES

 

1958 - JOUEUR .LE

 

1958 - EN CAS DE MALHEUR

 

1956 - TRAVERSÉE DE PARIS .LA

 

1955 - MARGUERITE DE LA NUIT

 

1954 - BLÉ EN HERBE .LE

 

1953 - BON DIEU SANS CONFESSION .LE

 

1951 - AUBERGE ROUGE .L'

 

1951 - SEPT PÉCHÉS CAPITAUX .LES

 

1949 - OCCUPE-TOI D'AMÉLIE

 

1947 - DIABLE AU CORPS .LE

 

1945 - SYLVIE ET LE FANTÔME

 

1943 - DOUCE

 

1942 - LETTRES D'AMOUR

 

1941 - MARIAGE DE CHIFFON .LE

 

1939 - FRIC-FRAC

 

1938 - RUISSEAU .LE

 

1937 - AFFAIRE DU COURRIER DE LYON .L'

 

1933 - CIBOULETTE

 

1932 - ATHLÈTE INCOMPLET .L'

 

1932 - PLOMBIER AMOUREUX .LE

 

1931 - FILS DU RADJAH .LE

 

1931 - PENTE .LA

 

1931 - PUR SANG

 

1931 - BUSTER SE MARIE

 

1927 - PANAME... N'EST PAS PARIS

 

1926 - NANA

 

1926 - DIABLE AU COEUR .LE

 

1925 - PARIS QUI DORT

 

1925 - VOYAGE IMAGINAIRE .LE

 

1923 - INHUMAINE .L'

 

1922 - DON JUAN ET FAUST

 

1920 - HOMME DU LARGE .L'

 

1920 - CARNAVAL DES VÉRITÉS .LE

 

5 documentaires, 4 Courts métrages, 3 moyen métrages et 1 participations pour la TV.
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1987 - BUSTER KEATON : A HARD ACT TO FOLLOW
Seulement dans son propre rôle - Documentaire biographique en 3 épisodes pour la télévision.
Réal : Kevin Brownlow et David Gill

 

1979 - ANNA MAGNANI, UN FILM D'AMOUR
(Seulement dans son propre rôle - Documentaire biographique de 105 Mn.)
Réal : Chris Vermorcken

 

1973 - HISTOIRE DU CINÉMA FRANÇAIS PAR CEUX QUI L'ONT FAIT
(Seulement dans son propre rôle - Documentaire pour la télévision)
Réal : Armand Panigel

 

1973 - LUCIEN LEUWEN
Réal+Scén : Claude Autant-Lara - Série TV en 4 épisodes de 90 Mn.)
Avec Bruno Garcin, Nicole Jamet, Antonella Lualdi, Jean Martinelli, Jacques Monod, Mary Marquet

 

1968 - FLASH 29
(Documentaire - court métrage - Dans son propre rôle)
Réal : Félix Martialay

 

1936 - MY PARTNER, MR DAVIS
(Moyen métrage)

 

1932 - INVITE MONSIEUR À DÎNER
(Moyen métrage)

 

1932 - PEUR DES COUPS .LA
(Moyen métrage)

 

1932 - CLIENT SÉRIEUX .UN
(Court métrage)

 

1932 - GENDARME EST SANS PITIÉ .LE
(Moyen métrage)

 

1929 - CONSTRUIRE UN FEU
(Plus scénario - Court métrage)
Avec José Davert, Ed. Lartigaud, Jean LeClerc

 

1926 - VITTEL
(Documentaire)

 

1923 - FAITS DIVERS
(Court métrage)
Avec Madame Lara, Antonin Artaud

 

_______________________FIN_____________________

 

commentaires (8)

Maggoo

15-07-2009 00:59:53

Claude Autant-Lara est enterré au cimetière de Montmartre et non incinéré avec son chien au cimetière pour animaux à Cagnes sur mer 06800. En France on enterre pas encore les humains avec les animaux ni les inhumer dans leur cimetière....Que ne vomirait on pas pour chercher la notoriété.

RAIMUNDO JEAN

06-12-2009 10:53:19

recherche video ou dvd diable au corps 1947.

daniel gerard

25-12-2009 16:19:51

je voudrais témoigner de mon admiration pour ce grand monsieur du cinéma et sa réalisation de tant de chef-d'oeuvres. il a surtout passé outre les idées toutes faites d'une idéologie dominante et destructrice

ARNAUD

08-06-2010 20:32:29

MONSIEUR AUTANT LARA N EN DEPLAISE AUX CUISTRES EST UN REALISATEUR HORS PAIR ET DERANGEANT SES IDEES SONT CE QU ELLES SONT MAIS IL A EU AU MOINS LE COURAGE DE LES EXPRIMER CE QUI N EST PAS LE CAS DE TOUT LE M%ONDE RESPECTONS LES.

cric

29-06-2010 17:44:23

j'ai vu sa tombe à Cagnes sur Mer... ses proches l'ont peut être retiré de Montmartre pour l'emmener sur la Côte d'Azur qu'il aimait Et il est possible de se faire enterrer avec son animal favorit - d'autres personnes l'ont fait à Cagnes sur Mer - sous la seule condition d'être incinéré - Quand même, que de bons films il a réalisé ! ...

André

04-10-2010 19:47:45

andréJ'ai lu avec regret l'article qui accompagne la notice sur Claude Autant-Lara, article repris du journal Libération lors du décès d'Autant-Lara. On peut trouver à redire sur les positions politiques du cinéaste en fin de carrière, mais cet article de Libé pue la haine brut et ne mérite pas de figurer sur votre site. A moins de le mettre à distance par un commentaire approprié ou de le faire suivre d'un article différent.

hector

05-07-2011 11:45:34

ah, l'insupportable politiquement correct français, la bien-pensance arrogante… incroyable de voir un tel article. bien que d'un autre côté j'aurais tendance à l'indulgence envers un-e journaliste qui n'a sans doute rien fait de sa vie et essaye ainsi de se faire remarquer…

Alphonse

05-08-2011 19:34:49

Je ne connaissais pas la vie de Claude Autant-Lara et apprécie ses films. Le ton du commentaire vaudrait des poursuites s'il ne s'agissait du vomi habituel des flics de la ca$hosphère contre toute opinion différente, attitude pathétique qui est en pleine contradiction avec la culture européenne de la liberté d'expression.