ARTHUR MILLER

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Profession:
Scénariste et acteur américain.

Date et lieu de naissance:
17-10-1915, à Brooklyn, New York, États-Unis.

Date et lieu du décès:
10-02-2005, à Roxbury, Connecticut. États-Unis.

Cause du décès:
Cancer, et de problèmes cardiaques à l'âge de 89 ans.

Nom de naissance:
Arthur Asher Miller.

État civil:
Marié en 1940 avec : MARY GRACE SLATTERY - Divorcé le 11 juin 1956.
Ils eurent deux enfants : Jane Ellen Miller et Robert A. Miller.

Marié le 29 janvier 1956 avec l'actrice : MARILYN MONROE - divorcé le 20 janvier 1961.

Marié le 17 février 1962 avec : INGE MORATH - jusqu'au décès de Inge le 30 janvier 2002, décédée d'un cancer.
Ils eurent deux enfants, dont l'actrice Rebecca Miller (1962).

Il fut le conjoint en 2002 avec l'artiste peintre : AGNÈS BARLEY - jusqu'au décès d'Arthur en 2005.

Taille:
(190 cm)

Commentaires: 1

Anecdotes

Arthur Miller naît dans une famille d'immigrants polonais juifs de la classe moyenne, à Brooklyn, New York, États-Unis. Son père, Isadore Miller, illettré, a du succès dans son métier de tailleur d'habits féminins. Sa mère, Augusta, est institutrice. Arthur est le dernier de trois enfants.

Frère de l'actrice : Joan Copeland (01 juin 1922)

Miller est politiquement actif tout au long de sa vie. A la convention démocrate de 1968 il sera même délégué pour Eugene McCarthy.

Miller est l'un des fondateurs du International PEN's Writers in Prison Comittee. En 1965 il en est élu président, une fonction qu'il occupera 4 ans.

En 1985, il visite la Turquie et y est honoré à l'ambassade américaine. Mais il quitte le pays plus tôt que prévu, en protestation après que son compagnon de voyage Harold Pinter est expulsé pour avoir parlé de la torture.

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Biographie

ARTHUR MILLER, MORT D'UN GÉANT

" Je ne suis pas une orange qu'on peut presser avant d'en jeter l'écorce. "

Quand il écrit Mort d'un commis voyageur, en 1949, il a alors trente-quatre ans, Arthur Miller se souvient de son père. Isidore Miller est un juif polonais, arrivé aux États-Unis à la rencontre du grand rêve à l'âge de sept ans. Le rêve va vivre. Il fait fortune dans la confection et roule en grosse voiture, avec chauffeur s'il vous plaît. La grande crise de 1929, avec l'effondrement en quelques heures des Bourses et des valeurs va le ruiner.

Un écrivain ancré dans le réel

Le cri du héros de la pièce Willy Loman n'en finit pas de retentir, toujours aussi actuel, alors que onze millions d'exemplaires du livre ont été vendus dans le monde. Une pièce, qui, avec les Sorcières de Salem, ce brûlot contre le maccarthysme et la chasse aux sorcières communistes dans les États-Unis des années cinquante, sera placée par des centaines de critiques écrivains et metteurs en scène " parmi les oeuvres les plus importantes de ce siècle " et qui " ont reflété les préoccupations sociales, politiques et morales du XXe siècle ".

Mort vendredi à quatre-vingt-neuf ans des suites d'un cancer, Arthur Miller, géant d'un mètre quatre-vingt-dix et qui, ces dernières années, continuait à se baigner tous les jours, été comme hiver, dans l'étang proche de sa maison du Connecticut, n'écrivait pas seulement pour passer le temps. Il y a deux ans, à Paris, lors de la présentation de l'une de ses dernières œuvres, les Désarrois de M. Peter, il répondait au critique François Busnel qui lui demandait s'il croyait toujours que la littérature pouvait changer le monde : " Contrairement à une idée répandue, oui. Ce ne sont pas des paroles en l'air, vous savez. Rappelez-vous que le Congrès américain a adopté une loi destinée à améliorer les conditions de vie dans les camps des travailleurs migrants de l'Ouest, après les Raisins de la colère, de John Steinbeck. Quelle plus belle preuve que la littérature n'est pas déconnectée du réel et peut influer sur le cours

des choses. " C'est, de fait,

aux États-Unis aussi qu'au XIXe siècle, The White Jackett, de Melville, récit de son engagement volontaire sur un navire de la marine de guerre américain, aura un tel retentissement que la marine devra modifier ses méthodes.

Mais Arthur Miller, intellectuel engagé, soupçonné de sympathies avec le communisme comme nombre d'intellectuels américains de la période noire, aura acquis pendant ces années cinquante une double célébrité. En 1956, il épouse contre toute attente l'icône américaine même, Marilyn Monroe. Tous deux vont former jusqu'à leur divorce, quatre années plus tard, douloureusement vécu, cette étonnante rencontre de la beauté la plus éclatante, de l'apparente frivolité - que l'on sait aujourd'hui trompeuse -, et du talent littéraire allié de la conviction et du courage. Il en faut alors à Arthur Miller pour résister à la commission des activités antiaméricaines et refuser de dénoncer ses proches et ses collègues suspects de sympathies rouges, comme lui-même du reste. Cela lui vaudra une condamnation pour " outrage au Congrès des États-Unis ", simplement pour son refus de parler. D'autres craqueront. Tel Elia Kazan, le grand Kazan, son ami qui a mis en scène Mort d'un com- mis voyageur et à qui, semble-t-il, il ne le reprochera jamais, du moins publiquement. Il déclarera même bien plus tard que n'avaient pas à le juger ceux qui, ayant soutenu un régime stalinien qui s'était révélé criminel n'avaient jamais fait de véritable autocritique.

Marilyn veut alors être reconnue comme une véritable actrice. C'est pour elle qu'Arthur Miller écrit The Misfits, les Désaxés. John Huston est à la caméra. Clark Gable, Montgomery Clift qui font équipe pour capturer des chevaux sauvages dans le désert, sont aux côtés de la star platinée, en jeans moulants, filmés avec un art consommé par Huston. Mais le tournage de cette histoire violente, à fleur de peau, est extrêmement tendu en dépit de scènes extraordinaires dans lesquelles la beauté et l'humour de Marilyn éclatent comme jamais, et dans d'autres son hypersensibilité et ses fractures intimes. À la fin, les personnages se séparent, comme le couple dans la vie. Arthur Miller épousera en 1962 la photographe autrichienne Inge Morath, rencontrée pendant le tournage et disparue en janvier 2002. Leur fille Rebecca a épousé l'acteur Daniel Day Lewis. En 1964, sa pièce Après la chute reviendra sur son mariage avec Marilyn. Période emblématique tant elle sem- ble alors un précipité des États-Unis. La parano d'État et le rêve mêlés. Les fêlures des Misfits. Mais l'œuvre d'Arthur Miller ira bien au-delà.

Un humaniste

Venu à Paris en 2002 pour la création des Désarrois de M. Peter, considéré comme une conscience de la gauche américaine, il portait un regard aigu sur la politique de Bush : " Il faut prier pour que Bush n'envahisse par l'Irak, car dès que l'US Air Force est impliquée quelque part, tous les droits élémentaires ont beau être bafoués, le pays se rassemble derrière son président et cesse de penser [...]. Oui, la démocratie est menacée par l'administration Bush "... Mais il aura aussi écrit sur le régime de Vichy en 1964, à partir des mémoires d'un rescapé d'Auschwitz, en 1980 ; il fut même acteur, à quatre-vingt-six ans, dans le film Eden, d'Amos Gitaï. L'an passé, en avril, il avait défendu devant le Congrès américain une proposition de loi visant à défendre les droits des dramaturges et des compositeurs face aux producteurs. Alors qu'il n'est pas un jour dans le monde sans qu'une de ses vingt pièces soit jouée quelque part, Arthur Miller laisse en plus de son œuvre l'image d'un homme debout, humaniste en actes, esprit libre et caustique : "Allons-y, écrivait-il dans l'une de ses dernières œuvres, Fenêtres sur le siècle : privatisons les exécutions capitales.
"Je crois, a-t-il dit encore, que l'homme vaut quelque chose. "

 

Source : Maurice Ulrich de l'Humanité. - Fait le 01 juin 2011 par Philippe de CinéMémorial.

 

 

SES RÉCOMPENSES :

 

1981 - Pour : SURSIS POUR L'ORCHESTRE - Playing for Time - Emmy - Écriture exceptionnelle d'un téléfilm - Emmy Awards, États-Unis.
1967 - Pour : DEATH OF A SALESMAN (Téléfilm) - Emmy - Emmy Awards, États-Unis.

commentaires (1)

hugongerard

22-02-2012 13:53:40

Un ennemi du peuple n ' a pas été écrit par Arthur Miller , mais par Henrik Ibsen en 1882 , rappelons que Rod Steiger avait joué dans cette pièce au théâtre a ses débûts.