ANEMONE

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Profession:
Actrice et scénariste française.

Date et lieu de naissance:
09-08-1950, à Paris, France.

Date et lieu du décès:
30-04-2019, à Poitiers, Vienne, France.

Cause du décès:
D'un cancer du poumon à l'âge de 68 ans.

Nom de naissance:
Anne Madeleine Louise Bourguignon.

État civil:
Mariée avec le réalisateur : PHILIPPE GALLAND.
Mère de deux enfants : Jacob, né en 1979 et Lily, née 1983.

Taille:
(1m70)

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Anecdotes

Née dans la grande bourgeoisie parisienne, fille d'André Bourguignon, psychiatre, et de Claire Justin-Besançon, Anémone est mariée et mère de deux enfants : Jacob, né en 1979 d'une première relation et Lily, née en 1983, fille de son mari.

Elle passe son enfance au château Mauras, propriété familiale à Bommes, en Gironde. Son frère cadet est l'agronome Claude Bourguignon.

Elle est la petite-fille du professeur de médecine Louis Justin-Besançon.

Elle entre à l'école Sainte-Marie des Invalides, au collège Sévigné, étudie au lycée Victor-Duruy, aux cours Gaudéchaux, aux cours Jaillard, au couvent Notre-Dame-des-Oiseaux à Megève, à l'institut Saint-Pierre à Brunoy et à l'institut Notre-Dame à Epernay

photos

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Biographie

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«Appuyez sur le bouton…» Pour la plupart elle restera Thérèse et pourquoi pas, sublime vieille fille consolatrice des cœurs en détresse qu’elle poussait au suicide par maladresse, et qui ne jetait pas la pierre à Pierre mais était quand même à deux doigts de s’énerver. Si Le père Noël est une ordure est le plus réussi des films du Splendid c’est à coup sûr parce que c’est le seul dont elle était. Alors oui elle ne semblait jamais loin de s’énerver, de s’agacer, de se mettre en colère, Anémone, fébrile, pétulante et pressée. Face à Thierry Lhermitte donc, dans le tube de Jean-Marie Poiré, conçu par toute la troupe des Balasko, Clavier, Jugnot, Chazel… à la scène puis à l’écran (1982). Ou lors de sa prestation à la cérémonie des césars, recevant le premier prix d’interprétation pour un rôle qu’elle n’aimait guère, dans le Grand Chemin (1987), signé d’un réalisateur qu’elle accusait de l’avoir traitée mal et pas payée. Le personnage Anémone se pose là, femme impérieuse, d’exubérance joyeuse et maussade. Son excentricité était d’une timidité conquise.

Anémone, à qui les Maïwenn, Noémie Lvovsky ou même Rossy de Palma doivent beaucoup, était un peu notre Patti Smith à nous, à la française?; avec Philippe Garrel à la place de Mapplethorpe, qui fit d’elle un portrait (elle avait 17 ans et lui 19) dont le titre devint son nom (Anémone, 1968)?: «On a tourné ça en cinq jours pour la télé?: l’histoire d’une jeune fille bourgeoise qui se barrait, c’était un peu godardien. Après, la télé n’a pas voulu le diffuser, alors, un dimanche, on a fait un casse pour voler les bobines. On était des galopins quoi ?!» se souviendra-t-elle dans Gala en 2014. Avec pour poésie en prose, punkette électrique, le Quart d’heure américain (1982, la meilleure des bonnes comédies qu’elle tourna à la grande époque) et Le petit prince a dit comme grand écart négocié entre l’hilarité populo et les larmes ravalées. Vulgaire toujours, et grossière si on avait la bêtise de s’en offusquer.

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Elle en imposait tout de suite, c’est ainsi avec les filles qui ont du bagout. Elle jouait d’un charme inquiet issu de sa naturelle drôlerie, que son rôle fût de premier plan ou apparition secondaire. Dans I Love You de Marco Ferreri (1986), à un Christophe Lambert en playboy archimyope, amoureux d’un porte-clés, elle jette à la tête un poupon baigneur de plastique, puis balance avant d’aller prendre son train?: «Tu m’accompagnes pas hein, j’ai pas envie de te voir pleurer sur un quai de gare?!» Et elle part, comme elle est partie des suites de cette «longue maladie», le cancer de la fumeuse invétérée qu’elle était, ce 30 avril 2019 à l’aube, à Poitiers –?sans envie de nous voir pleurer sur le quai.

Or dans la repartie ferrerienne, tout est dans le «hein». Anémone a haussé l’art du «hein?!» à un niveau insoupçonné, ponctué d’une manière qu’elle a transplantée des années 30 (?le «hein?!» de Gabin) aux années 80 (?le sien) avec une fougue cocasse et cocardière. Il en va de même de ce nom de scène choisi, subsistance d’un temps où les actrices avaient des noms de fleurs et les comédiens juste un patronyme. De Florelle à Carette, de Capucine à Bourvil, à Raimu?; ou comme la Garance des Enfants du paradis interprétée par Arletty qui la fascinait à juste titre, et qui ne s’appelait pas plus Arletty que Mistinguett ne s’appelait Mistinguett –?de cette tradition en fleurs, il y a aussi et toujours Rosette, la rohmérienne magnifique. Et ce «hein», elle le disait avec cette voix, reconnaissable entre toutes, cet éraillement gouailleur qui partait dans les aigus et restait dans les graves, de fumeuse aérienne et de pragmatique fantasque, voix de poitrine et voix de tête mêlées, voix sibilante comme une roue de bicyclette légèrement dégonflée, qui restera unique.

Désobéir
Née en 1950 à Paris (les villes en général, elle détestait), Anne Bourguignon s’est trouvé une voix et une renommée par une absence têtue de suite dans les idées, salutaire. Mélange de modernité et de désuétude, de libération cancre et d’insolence, de naïveté aussi, confiance effrayée qui lui aura joué des tours. Père psychiatre, enfance germanopratine, écoles et instituts catholiques dont elle se faisait renvoyer avec constance –?cette ténacité (à se barrer) dont elle était si fière?–, Anne Bourguignon a eu le parcours sans faute de l’enfant de la bourgeoisie libre-penseuse que sa famille incite à larguer les amarres. Obéissante à désobéir en quelque sorte.

Anémone ne gardait de bons souvenirs d’à peu près rien sauf de la révolution, à laquelle elle crut fermement. Les années 60 furent pour elle une révélation, une folie, une liberté absolue, avec la bande des Marc’O, Jean-Pierre Kalfon, Philippe Garrel donc, ou Pierre Clémenti. Ça s’est terminé «quand on a compris qu’il n’y aurait pas la révolution, et que le couvercle pompidolien est retombé sur la marmite». Elle se barre encore, New York et une autre bande, Warhol, les lofts new-yorkais, LSD et rigolade («on se déguisait en Indiens»). Quand l’héroïne s’invite à la fête elle refuse de sombrer dans la défonce et s’échappe pour en réchapper une fois de plus. Elle revient en France, suit des cours de théâtre chez Hossein, jusqu’à ce que Coluche la remarque et l’embarque dans son équipée, puis celle du Splendid. La célébrité lui tombe dessus?: Viens chez moi, j’habite chez une copine, Ma femme s’appelle reviens, Le père Noël?: en un an tout change. «A partir du moment où j’ai été connue, j’ai surtout fréquenté des crétins qui roulent en Mercedes et des banquiers dont la femme choisissait les scénarios.» Et puis ses potes pseudo-splendides l’ont arnaquée en se constituant en société anonyme sans l’en avertir?: jamais elle ne touchera de droits pour Le père Noël. Elle se casse. Au Cachemire. «Reviens», elle s’appelle. Arrive la mode du «contre-emploi». Deux ans après Coluche et Tchao Pantin, Anémone est castée par Michel Deville pour un rôle plus mémorable que le film lui-même, Péril en la demeure (1985), son premier «dramatique» comme on dit, de boiteuse voyeuse, grand second rôle opaque, dont il était difficile de discerner la part de jeu pervers et d’amour infirme. Nommée alors, pour le césar du second rôle. De populaire elle devient «sérieuse». Après quoi, son caractère et sa réputation acariâtre alliés à sa misanthropie grandissante à mesure de ses désillusions artistiques et politiques –?elle l’écologiste de la première heure, et l’économiste autodidacte atterrée (elle fut tôt membre d’Attac)?–, l’ont bon gré mal gré rendue plus rare sur les plateaux et les planches (mais il y eut sa fidélité à Roger Planchon). Elle continua à faire ce qu’elle faisait le mieux, à revenir à répétition. Pourvu que ça lui parût en valoir la peine, le coup, le déplacement.

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Sans réconcilier C’est alors qu’elle tint des rôles uniques, plus secrets, à son image anxieuse et joyeuse, nos préférés d’elle. Celui de Pas très catholique en détective fofolle chez Tonie Marshall bien sûr, des Baisers de secours en beau retour à Garrel. Mais aussi et surtout, deux rôles indélébiles?: celui de la créatrice de mode stanwyckienne à tomber pour laquelle Simon de La Brosse se meurt d’amour dans le sublime Après après demain de Gérard Frot-Coutaz (1990), puis de la mère comédienne qui apprend dans les coulisses d’un théâtre en Italie que sa fille est atteinte d’une tumeur au cerveau, condamnée, et qui s’affaisse par un effondrement de toute l’âme dans un des plans les plus poignants jamais vus?: Le petit prince a dit, le si beau film de Christine Pascal (1992). La France d’Anémone, durant près de soixante ans et sans réconcilier personne, trace un lien précaire entre des mondes et des cinémas qui se font éternellement la gueule. Lien en pointillé, de chicanes et de zigzags, entre un cinéma populaire de droite cynique et rigolarde, et un cinéma d’auteur tendance anar, poseur ou plus léger. De Coluche à Garrel, des Leconte, Poiré, Galland, Leterrier, et la comédie giscardienne (président dont elle avait le prénom homophone de l’épouse, Anne-Aymone, ça devait la faire rire, elle l’ex-bourgeoise indomptée), à des choses plus éparses, aigres-douces, films où elle tire toujours son épingle du jeu. Chez Deville et Hubert donc, Claude Lelouch, et plus récemment pour le meilleur chez Riad Sattouf (en générale dans Jacky au royaume des filles) ou le trop méconnu Malik Chibane. De la troupe du Splendid à l’aventure de la société de production Diagonale où œuvrèrent Jacques Davila, Gérard Frot-Coutaz et Tonie Marshall, Anémone peut revendiquer appartenir à tous les mondes possibles, c’est-à-dire à aucun. Nomade, éternelle pièce rapportée rétive qui traversait chaque salon et ses mondanités sans s’attarder trop. Moche et belle, antilope au regard de velours dont elle accentuait la fausse naïveté, les yeux grands ouverts, comme font les concierges sur le seuil de leur loge étonnés qu’on les sonne. A la fin d’Anémone, le premier film, elle psalmodiait «j’ai peur j’ai peur» répété cent fois… Il y avait de l’extravagance apeurée chez elle. De la flemme et des chocottes. Un trac immense avec trop de gaîté pour se pourrir la vie avec ça, d’où l’inquiétude maussade et cette façon de regarder son partenaire à deux fois avant de décider s’il en valait la peine, de lui adresser la parole, ou pas.

Source : Camille Nevers pour La Libération - Fait le 01 mai 2019 par Philippe de CinéMémorial.

 

SES RÉCOMPENSES :

1986 - Pour le film : LE GRAND CHEMIN - César - Meilleure actrice, France.

 

Filmographie

 

78 LONGS MÉTRAGES
_________________________________

 

2018 - MONNAIE DE LEUR PIÈCE .LA

 

2015 - ROSALIE BLUM
Réal : Julien Rappeneau

 

2014 - JE SUIS À VOUS TOUT DE SUITE
Réal : Baya Kasmi

 

2014 - JACKY AU ROYAUME DES FILLES

 

2014 - GRIMOIRE D'ARKANDIAS .LE

 

2014 - GRAND PARTAGE .LE

 

2013 - COMO QUIEN NO QUIERE LA COSA
Réal : Alvaro Velarde

 

2012 - OUF
Réal : Yann Coridian

 

2010 - PAULINE ET FRANÇOIS

 

2009 - AMOURS SECRÈTES .LES

 

2008 - PETIT NICOLAS .LE

 

2006 - JUNGLE .LA

 

2005 - RAVISSEUSE .LA

 

2004 - VOISINS, VOISINES
Réal : Malik Chibane

 

2003 - C’EST PAS MOI, C’EST L’AUTRE
Réal : Alain Zaloum

 

2002 - MA FEMME... S'APPELLE MAURICE

 

2001 - VOYANCE ET MANIGANCE

 

2000 - STEP BY STEP
Réal : Laurent Merlin

 

1999 - PASSEURS DE RÊVES
Réal : Hiner Saleem

 

1998 - HOMME DE MA VIE .L'

 

1997 - LAUTREC

 

1996 - POUSSETTE INFERNALE .LA
Réal : Anémone

 

1996 - MARQUISE

 

1996 - CIBLE .LA

 

1996 - BIDOCHON .LES

 

1995 - ÉCHAPPÉE BELLE .L'

 

1995 - ENFANTS DE SALAUD

 

1995 - CRI DE LA SOIE .LE

 

1994 - FILS DE GASCOGNE .LE

 

1993 - PAS TRÈS CATHOLIQUE

 

1993 - AUX PETITS BONHEURS

 

1993 - POISSON-LUNE

 

1992 - PETIT PRINCE A DIT .LE

 

1992 - MA SOEUR, MON AMOUR

 

1992 - COUP DE JEUNE

 

1991 - LOULOU GRAFFITI

 

1991 - BELLE HISTOIRE .LA

 

1990 - RÊVE DU SINGE FOU .LE

 

1990 - ENFANTS VOLANTS .LES

 

1989 - MAMAN

 

1989 - BAISERS DE SECOURS .LES

 

1989 - APRÈS APRÈS-DEMAIN

 

1988 - ZANZIBAR

 

1988 - SANS PEUR ET SANS REPROCHE

 

1987 - ENVOYEZ LES VIOLONS

 

1986 - POULE ET FRITES

 

1986 - I LOVE YOU

 

1986 - GRAND CHEMIN .LE

 

1985 - MARIAGE DU SIÈCLE .LE

 

1984 - TRANCHES DE VIE

 

1984 - PÉRIL EN LA DEMEURE

 

1984 - NANAS .LES

 

1983 - HOMME À MA TAILLE .UN

 

1982 - QUART D'HEURE AMÉRICAIN .LE

 

1982 - PÈRE NOËL EST UNE ORDURE .LE

 

1982 - POUR CENT BRIQUES T'AS PLUS RIEN...

 

1981 - QUAND TU SERAS DÉBLOQUÉ, FAIS-MOI SIGNE !

 

1981 - MA FEMME S'APPELLE REVIENS

 

1980 - VIENS CHEZ MOI, J'HABITE CHEZ UNE COPINE

 

1980 - MERVEILLEUSE JOURNÉE .UNE

 

1980 - GUEULE DU LOUP .LA

 

1979 - RIEN NE VA PLUS

 

1979 - JE VAIS CRAQUER

 

1979 - FRENCH POSTCARDS

 

1979 - CERTAINES NOUVELLES

 

1978 - VAS-Y MAMAN

 

1978 - O MADIANA
Réal : Constant Gros-Dubois

 

1977 - VOUS N'AUREZ PAS L'ALSACE ET LA LORRAINE

 

1977 - SALE RÊVEUR

 

1976 - ÉLÉPHANT, ÇA TROMPE ÉNORMÉMENT .UN

 

1976 - COURS APRÈS MOI QUE JE T'ATTRAPE

 

1976 - COUPLE TÉMOIN .LE

 

1975 - ORDINATEUR DES POMPES FUNÈBRES .L'

 

1975 - INCORRIGIBLE .L'

 

1975 - ATTENTION LES YEUX !

 

1970 - MAISON .LA

 

1969 - JE, TU, ELLES

 

1967 - ANÉMONE

 

SA PARTICIPATION POUR LA TÉLÉVISION
____________________________________________

 

2014 - SI JOLI MENSONGE .UN
Téléfilm d'Alain Schwartzstein

 

2013 - MINUTE VIEILLE .LA
Série Télé

 

2013 - MORTEL ÉTÉ

 

2011 - GRAND RESTAURANT II .LE
Téléfilm de Gérard Pullicino

 

2010 - MADEMOISELLE DROT
De Christian Carter & Christian Faure

 

2010 - BOUGON .LES
Série Télé

 

2010 - SABLE NOIR
Série Télé

 

2009 - MALEVIL
Téléflm De Denis Malleval

 

2009 - FAIS PAS CI, FAIS PAS ÇA
Série Télé

 

2009 - CHOIX DE MYRIAM .LE
Téléflm De Malik Chibane

 

2006 - BATAILLE NATALE
Téléflm D'Anne Deluz

 

2005 - VÉNUS & APOLLON
Série Télé

 

1994 - 3000 SCÉNARIOS CONTRE UN VIRUS
Série Télé

 

1985 - EMMENEZ-MOI AU THÉÂTRE
Série Télé

 

1985 - PÈRE NOËL EST UNE ORDURE .LE
Téléflm De Philippe Galland

 

1982 - MERCI BERNARD

 

1981 - GUERRE DES INSECTES .LA
Téléflm De Peter Kassovitz

 

1980 - MÉDECINS DE NUIT
Série Télé

 

1980 - 400 COUPS DE VIRGINIE .LES
Série Télé

 

1979 - CAFÉ FOLLIES : AVEC MARCEL AMONT
Téléflm De Karen Blanguernon & Dirk Sanders

 

1979 - CINÉMA 16
Série Télé

 

1978 - THOMAS GUÉRIN... RETRAITÉ
Téléflm De Patrick Jamain

 

1978 - TEMPS D'UNE RÉPUBLIQUE .LE
Série Télé

 

1977 - HÉRITIERS .LES
Série Télé

 

1975 - CINQ DERNIÈRES MINUTES .LES
Série Télé

 

_______________________FIN_____________________

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