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Hommage à JOHNNY WEISSMULLER dans un extrait de "Tarzan trouve un fils"
Mise à jour le 17 octobre 2008 par Philippe de CinéMémorial.
La carrière cinématographique de Johnny Weismuller, fils d'un brasseur de Chicago d'origine viennoise.
Ce qui attira sur lui l'attention des producteurs cinéma. Qui l'engagèrent à prix d'or et firent de lui Tarzan, meilleur, le plus spectaculaire de tous puisqu'il y en eut plusieurs, certains le précédant, d'autres lui succédant. Son règne dans ce rôle dura de 1932 à 1948 : le plus long de tous ceux exercés par les divers héros d'Edgar Rice Burroughs lequel bâtit toute sa réputation d'écrivain sur l'homme-singe. Johnny avait un sensationnel physique que le cinéma utilisa généreusement dans des histoires évidemment fort naïves mais qui apportèrent un parfum d'aventure et d'évasion à des millions de spectateurs. Si cette populaire vedette avait su faire preuve de prévoyance au temps de sa toute grande vogue, placer judicieusement ses gains, vivre à l'abri des tempêtes du cœur... Mais ce ne fut pas tout à fait le cas.
Son dernier film date de 1969 : "LE SPHINX", où il ne faisait d'ailleurs qu'une fugitive apparition au même titre que de nombreuses autres célébrités d'hier, dont Maureen O'Sullivan, la plus célèbre de ses partenaires puisqu'elle fut la Jane de Tarzan, cette placide compagne qui meubla les loisirs de l'homme-singe et partagea sa couche dans une demi-douzaine d'aventures. Une association, soit dit en passant, qui fit sourciller les dames patronnesses des pudibondes ligues féministes américaines, ceci pour une raison bien définie Jane ne portait pas d'alliance, considérée de ce fait comme vivant "en état de péché permanent". Or, en page 353 d'un roman d'Edgar Rice Burroughs, l'auteur de Tarzan, figure un paragraphe mentionnant que Jane et Tarzan furent bel et bien unis pour le meilleur et pour le pire par le père de la rougissante fiancée, lequel, ô divine providence!, était précisément pasteur.
Donc Maureen et Johnny se retrouvèrent dans "LE SPHINX" et, pour les besoins du film, se regardèrent langoureusement. En réalité, ils ne s'étaient pas tellement aimés en dehors du champ des prises de vues de leurs prouesses en commun. Ils furent encore moins amoureux l'un de l'autre, encore que l'imagination populaire les crut mariés. Une fois le tournage terminé, ils se boudaient ostensiblement, bien que Johnny, au début, essaya de faire succomber Maureen à son charme qu'il imaginait volontiers irrésistible. Mais la très catholique, très croyante Irlandaise - Maureen naquit dans la verte Erin - était sage, fuyant toute tentation de la chair, se gardant pour celui qui lui passerait la bague au doigt. Et ce fut le metteur en scène John Farrow, qui la rendrait mère sept fois et, notamment de Mia, laquelle deviendrait plus tard une très remarquable comédienne. Mortifié, Johnny se vengea de "l'affront" en faisant courir le bruit que sa partenaire "avait une haleine pire que celle de Cheetah". Impossible d'être plus mufle ! Maureen eut très rapidement vent de la calomnie et, de ce fait, durant toute son association professionnelle avec l'homme-singe, leurs rapports furent frigorifiquement chastes. Il y avait alors déjà huit ans qu'il n'était plus Tarzan : son tour de taille ne lui permettait du reste plus de faire illusion dans ce rôle précis. Par contre, il signa avec Columbia un contrat pour incarner un succédané de son légendaire héros, Jungle Jim, et, de ce rôle là, il resterait prisonnier pendant de longues années. Des histoires bien plus infantiles que celles où brillait Tarzan. Mais Johnny à l'époque, ne pouvait se permettre de jouer au rentier.
Absent des écrans, il n'en était pas moins demeuré un personnage familier, visiteur quasi permanent des grands et petits écrans. La T.V. ne cesse de programmer ses films. En somme, comme pour les prouesses du team Laurel et Hardy, il y a toujours un Tarzan se balançant au bout d'une liane sur quelque écran, quelque part dans le monde. Plusieurs autres ont succédé à Johnny Weissmuller dans l'emploi de l'homme singe mais, répétons-le, c'est lui que les générations de spectateurs connaissent le mieux. Il sut être et rester le plus parfait de tous les Tarzans, n'ayant pourtant jamais fréquenté que des jungles de pure confection dans les environs de Hollywood, luttant avec des fauves dressés, pas une seule fois blessé, même par un coup de griffe accidentel de l'un d'eux, affrontant des sauriens en carton-pâte au fond des lacs artificiels. "Toute ma carrière durant, a-t-il raconté, ne fut en somme qu'une suite de fraudes. Avec cette nuance cependant que, physiquement, je n'ai cessé de payer généreusement de ma personne, sautant, me balançant entre deux arbres grâce à de solides lianes plastifiées. Comparés à moi, ceux qui me précédèrent et qui vinrent après moi dans le même emploi, ne furent que des femmelettes. Il est vrai que je fus le plus grand nageur du monde du premier demi-siècle...".
"Acteur, moi ! a-t-il reconnu. Dans ce domaine précis, je n'ai jamais eu la moindre prétention. Très peu pour moi, les cours d'art dramatique, et les producteurs de mes films ne se sont jamais fait la plus infime illusion, tout au moins concernant mes limites dans le domaine dramatique. Je n'ai jamais eu à me préoccuper d'apprendre un texte. Mes répliques, surtout au début, se bornaient à des généralités du genre.
Tarzan, toi, Jane" ou "Viens avec moi dans la jungle" ou quelque chose d'approchant. Il arrivait même que le metteur en scène me dise: "Allons, donne-moi ton expression la plus bornée, celle qui convient le mieux à Tarzan". Comment j'en suis venu à exercer ce métier? Un jour, je suis allé chez M.G.M. rendre visite à mon vieux copain Clark Gable. Je venais à peine de franchir la porte des studios que je m'entendis interpeller: "Si c'est pour le rôle de Tarzan, c'est dans ce coin, là-bas, qu'on tourne les bouts d'essai..."
Il s'est marié cinq fois ; successivement avec Bobbey Arnst, Lupe Velez, surnommée "l'ouragan mexicain" et leur cinq années de vie commune furent tissées de batailles spectaculaires, Beryl Scott, qui lui donna trois enfants dont Johnny Junior, qui a prêté sa voix au personnage de "La honte de la jungle", Allene Gates, morte dans un accident de voiture. Enfin Maria Brock Mandell, dont il a dit: "Avec elle, j'ai enfin tiré le bon numéro en même temps que la perspective d'une vieillesse paisible et heureuse..." Et c'est un fait que ce mariage tenait solidement jusqu'à la mort de Johnny, le 20 janvier 1984. Auparavant, à cause de sa nature notoirement volage et inconstante, il a connu pas mal de déboires dans sa vie privée. Des démêlés devant les tribunaux, notamment à cause de retards dans les versements de pensions alimentaires, contribuèrent à faire fondre les millions de dollars amassés, lesquels lui glissèrent comme du sable entre les doigts. A sa mort, il n'avait plus sa somptueuse résidence de Beverly Hills, ni son yacht, ni sa Rolls. Il fut, pendant un temps, public relation au Swimming Pool Hall of Fame de Fort Lauderdale, en Floride, mais cette vie trop paisible à son goût, finit par lui peser. Alors, grâce à son beau-fils, promoteur à Las Vegas, il était devenu là-bas une sorte d'ambassadeur de charme au Caesar's Palace. II accueillait les hôtes de marque venus tenter leur chance autour du tapis vert et aux machines à sous. II se remettait des suites d'une fêlure du bassin encourue lors d'une chute. "Un comble, dit-il, quand on lui demanda comment c'était arrivé. Mo qui n'ai jamais eu une égratignure pendant toutes mes année hollywoodiennes en accomplissant mes prouesses acrobatiques, je suis tout bêtement tombé d'une chaise !".
Avec sa femme, il occupait un appartement confortable mais modeste, du moins comparé à ses gîtes précédents On pouvait y voir tous ses trophées et il en était particulièrement fier : il y en avait suffisamment pour faire office de musée miniature. Avant de tomber malade, il ne paraissais pas son âge, pour lui une autre raison d'être fier. "La natation disait-il, est le meilleur moyen de rester jeune. On peu vivre jusqu'à cent ans en la pratiquant assidûment".
Était-ce son ambition ?
"La vie est merveilleuse, se contentait-t-il de répondre. Il importe d'en tirer un maximum de joies et de plaisirs".
N'est-ce pas exactement ce qu'il a fait ?
Source : J. V. Cottom. de C.T.R.
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