ROBERT BRESSON

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Profession:
Réalisateur, scénariste et producteur français.

Date et lieu de naissance:
25-09-1901, à Bromont-Lamothe, Puy-de-Dôme, France.

Date et lieu du décès:
18-12-1999, à Droué-sur-Drouette, Eure-et-Loire, France.

Cause du décès:
De mort naturelle à l'âge de 98 ans.

Nom de naissance:
Robert Fernand Bresson.

État civil:
Marié en 1926 avec : LEIDIA VAN DER ZEE.

Marié jusqu'à son décès en 1999 avec : MARIE-MADELEINE VAN DER MERSCH.

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Anecdotes

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Biographie

Je vous annonce que mon époux Robert Bresson, auteur de films, est décédé le 18 décembre 1999 et sera inhumé dans l'intimité, écrit madame Bresson dans un communiqué on ne peut plus bressonien transmis sans autre précision à l'AFP hier. Né le 25 septembre 1901 dans le Puy-de-Dôme, l'auteur de films, fils d'officier, mobilisé en 1939, avait été prisonnier pendant un an durant la guerre. D'abord peintre, il réalise son premier court-métrage, Affaires publiques, en 1934. Son premier long-métrage, les Anges du péché, a été réalisé en 1943 sur des dialogues de Jean Giraudoux. C'est Jean Cocteau qui écrit en 1944 ceux des Dames du bois de Boulogne, inspiré de Jacques le Fataliste, de Diderot. Bernanos, Dostoïevski, Tolstoï inspireront Robert Bresson. Il a voulu assigner à ce qu'il appelait "le cinématographe" et non le cinéma une place à part, non polluée par la peinture ou la littérature.

Une austérité intense, fervente, passionnée est sans doute ce qui caractérise le mieux le travail de l'auteur de Un condamné à mort s'est échappé, Journal d'un curé de campagne, Pickpocket, Mouchette, Lancelot du Lac, Au hasard Balthazar et l'Argent, mort à 98 ans. Il y avait chez ce catholique qu'on a appelé un "janséniste de la mise en scène" quelque chose de racinien. Dans ses Notes sur le cinématographe, il cite d'ailleurs la préface de Bérénice: "Ils pensent que cette simplicité est une marque de peu d'invention." Jean-Luc Godard a écrit de lui: "Il était le cinéma français comme Dostoïevski le roman russe, comme Mozart la musique allemande." Et Marguerite Duras: "Bresson est un très grand metteur en scène, l'un des plus grands qui aient jamais existé. Pickpocket, Au hasard Balthazar pourraient être à eux seuls le cinéma en entier." L'auteur de l'Amant comparait ensuite Bresson et Tati, qu'elle adorait aussi: "Cependant, avec Tati, je me sens moins dans mon lieu que dans les films de Bresson. Bresson, ça va pour moi jusqu'à la douleur. Tati, jusqu'à la joie. Mais sans doute que Tati draine moins de choses en moi que Bresson, il arrache."

De l'intérieur. La caractéristique de Bresson aura donc été de faire du "cinématographe" là où les autres n'ont fait que du cinéma. "Deux sortes de films: ceux qui emploient les moyens du théâtre (acteurs, mise en scène, etc.) et se servent de la caméra afin de reproduire; ceux qui emploient les moyens du cinématographe et se servent de la caméra pour créer", écrit-il dans ses Notes. C'est aussi pour cela qu'il ne voulait pas des acteurs, mais des "modèles". "Un acteur est dans le cinématographe comme dans un pays étranger. Il n'en parle pas la langue." Tandis que le modèle est celui qui sait "respecter la nature de l'homme sans la vouloir plus palpable qu'elle n'est." "Modèle. Enfermé dans sa mystérieuse apparence. Il a ramené à lui tout ce qui, de lui, était dehors. Il est là, derrière ce front, ces joues." "Modèle. Sa manière d'être intérieure. Unique, inimitable."

Austérité. Ce parti pris éclatant apparaît au spectateur dès Journal d'un curé de campagne, son troisième long-métrage, en 1950. Rétrospectivement, il était pourtant déjà apparent dans les Anges du péché et les Dames du bois de Boulogne, dont la déclamation avait aussi un phrasé très particulier qui annonçait celui, encore plus inhabituel, des films à venir. Ce qu'on appelle la simplicité de Bresson est en fait un aboutissement, le résultat d'un immense travail de précision. Il voulait que ses modèles ne pensent pas, parce que les gestes de la vie ne sont pas pensés. Il voulait pour son cinématographe la "justesse" inaccessible au cinéma pour cause de paradoxe: "X imite Napoléon, dont la nature n'était pas d'imiter." La quête de Bresson fut celle du réel. "Il ne serait pas ridicule de dire à tes modèles: "Je vous invente comme vous êtes.""

Pour certains, il fut réputé ennuyeux, manquant de spectaculaire. Dans un entretien filmé avec François Weyergans, il racontait au moment de la sortie du film combien il avait apprécié Goldfinger, comment la caméra voyait le méchant apparaître dans la prunelle d'un œil. Car son image hiératique ne lui convenait pas. Il avait évidemment conscience de réaliser des œuvres d'art. Amoureux fervent et savant austère du cinématographe, tel fut Robert Bresson.

On a appelé pantomime, ballet, la scène de Pickpocket qui voit les mains du modèle se démener pour happer un portefeuille comme il tente d'arracher son salut. Sans effets spéciaux, sinon ceux du talent pur, il réalise ainsi des images si spectaculaires que Steven Spielberg ou George Lucas ont tout à lui envier. L'âne qui donne son titre à Au hasard Balthazar est aussi l'humanité même, malgré sa condition animale. Chez lui, chaque visage, chaque meuble est employé au maximum pour qu'ils offrent tout d'eux-mêmes, pour qu'il n'y ait pas à les multiplier. C'est son minimalisme propre. "Quand un violon suffit, ne pas en employer deux", écrit-il après Vivaldi.

L'orgueil. Vieillissant, Robert Bresson s'est tourné vers la jeunesse. Il a 76 ans quand le Diable probablement sort en 1977, 81 quand l'Argent est achevé. Adapté de Tolstoï, ce sera son dernier film, dont la production ne put être monté que grâce au ministre de la Culture, Jack Lang, dont la fille Caroline joue dans le film, et ne tournera plus jamais après. Ce fut le sort de la plupart des modèles de Bresson. Dominique Sanda est le contre-exemple, qui fit une carrière au cinéma après Une femme douce. Anne Wiazemski, aussi, tourna la Chinoise de Godard après Au hasard Balthazar. Mais c'est la littérature qui donna sa célébrité à Florence Delay après le Procès de Jeanne d'Arc. Les visages extraordinaires découverts dans Journal d'un curé de campagne, Mouchette, Pickpocket ne réapparurent plus sur des écrans.

"Les idées tirées de lecture seront toujours des idées de livres. Aller aux personnes et aux objets directement." C'est sa manière directe de filmer qui a pu désarçonner les spectateurs et aucun de ses films ne connut un succès public même s'il fut récompensé par un Grand Prix du cinéma français, mais aucune Palme d'or à Cannes, où l'Argent fut sifflé. Cocteau avait écrit bien avant: "Bresson est "à part" dans ce métier terrible. Il s'exprime cinématographiquement comme un poète par la plume. Vaste est l'obstacle entre sa noblesse, son silence, son sérieux, ses rêves et tout un monde où ils passent pour de l'hésitation et de la manie." Robert Bresson eut pourtant l'orgueil de poursuivre la tâche qu'il s'était assigné. "Le public ne sait pas ce qu'il veut. Impose-lui tes volontés, tes voluptés."

 

Source : Mathieu Lindon de La Libération. - Fait le 01 juin 2011 par Philippe de CinéMémorial.

 

 

SES RÉCOMPENSES :

 

1994 - Prix pour l'ensemble de son œuvre par l'European Film Academy.

1983 - Pour : L'ARGENT : Meilleur réalisateur : National Society of Film Critcs Award, États-Unis.

1983 - Pour : L'ARGENT : Grand Prix au Festival International du Film de Cannes, France.

1983 - Pour : L'ARGENT : Meilleur Réalisateur au Festival International du Film de Cannes, France.

1977 - Pour : LE DIABLE PROBABLEMENT : L'Ours d'argent, Berlin, Allemagne.

1971 - Pour : QUATRE NUITS D'UN RÊVEUR : Festival de Berlin, Allemagne.

1969 - Pour : UNE FEMME DOUCE : Coquille d'argent, San Sébastian, Espagne.

1967 - Pour : MOUCHETTE : Prix Pasinetti, Venise, Italie.

1962 - Pour : LE PROCÈS DE JEANNE D'ARC : Prix spécial du jury, Cannes, France.

1959 - Pour : PICKPOCKET : Meilleur Film Français par l'Académie du Film Français, France.

1956 - Pour : UN CONDAMNÉ À MORT S'EST ÉCHAPPÉ : Prix de la mise en scène, Cannes, France.

1950 - pour : LE JOURNAL D'UN CURÉ DE CAMPAGNE : Prix Louis Delluc, France 1950.

 

Filmographie

 

16 LONGS MÉTRAGES DÉTAILLÉS
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1983 - ARGENT .L'

 

1977 - DIABLE PROBABLEMENT .LE

 

1974 - LANCELOT DU LAC

 

1972 - QUATRE NUITS D'UN RÊVEUR

 

1969 - FEMME DOUCE .UNE

 

1967 - MOUCHETTE

 

1966 - AU HASARD BALTHAZAR

 

1961 - PROCÈS DE JEANNE D'ARC

 

1959 - PICKPOCKET

 

1956 - CONDAMNÉ À MORT S'EST ÉCHAPPÉ .UN

 

1950 - JOURNAL D'UN CURÉ DE CAMPAGNE

 

1945 - DAMES DU BOIS DE BOULOGNE .LES

 

1943 - ANGES DU PÉCHÉ .LES

 

1936 - COURRIER SUD

 

1936 - JUMEAUX DE BRIGHTON .LES

 

1933 - C'ÉTAIT UN MUSICIEN

 

 

1 COURT MÉTRAGE ET 2 DOCUMENTAIRES

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1934 - AFFAIRES PUBLIQUES .LES

 

1984 - DE WEG NAAR BRESSON
(Documentaire de 54 Mn. De Leo De Boer et Jurriën Rood

 

1965 - CINÉMA DE NOTRE TEMPS : ROBERT BRESSON
NI VU, NI CONNU
(Documentaire pour la télévision - De François Weyergans

 

commentaires (1)

freeroll

23-07-2009 07:17:34

Un metteur en scène qui faisait appel aux plus compétents, aux plus conscients de leurs responsabilités, aux plus artistes. Un artiste lui-même, dans son genre. Patrick, de http://www.mrpari.com/lexique-poker/freeroll.htm